Search
vendredi 26 février 2021
  • :
  • :

Sans Tabou: Bilal Ag Acherif à Bamako,un grand pas pour la paix

Le président du Conseil transitoire de l’État de l’Azawad (CTEA), Bilal Ag ACHERIF, non moins secrétaire général du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) est dans nos murs depuis quelques jours. Pour qui connait l’homme et son combat pour l’indépendance de l’Azawad, cela représente une avancée dans le processus pour la paix et la réconciliation au Mali.

Jusque-là, l’homme avait boudé Bamako, et rejeté toutes invitations du président de la République à Koulouba, malgré la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Son absence avait été très remarquée le 20 juin 2015, à Bamako, lors du parachèvement du processus de signature de l’Accord. A l’époque, avait-on appris, l’absence du leader de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) s’expliquait par le fait que son mouvement faisait face à une nouvelle rébellion conduite par les revenants de la Libye. «Contrairement à ce qui se dit, Bilal n’est pas venu parce qu’il gère certains détails. Il lui faut convaincre les mécontents, car ils sont nombreux dans les rangs de la CMA », a expliqué l’un des acteurs. De son côté, Mahamadou Djéry MAÏGA avait indiqué: «Il y a des gens qui ne veulent pas que la paix».
Autre évènement, autre comportement trouble, Bilal Ag ACHERIF faisait partie des personnalités invitées à Paris à l’occasion de la visite d’Etat du Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, au cours de laquelle s’est tenue la conférence sur la reconstruction du Mali organisée au siège de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Son déplacement a été agréé par tout le monde à commencer par la France, le Gouvernement et surtout la MINUSMA qui devait le transporter à bord d’avion spécial jusqu’à Bamako pour rejoindre la délégation malienne. Alors qu’il avait donné son accord de principe pour cet itinéraire, Ag ACHERIF a finalement refusé de transiter par Bamako avant d’exiger qu’un avion pour Niamey soit spécialement affrété à son intention. Une demande jugée inacceptable et rejetée par toutes les parties.
Cette volte-face du patron du MNLA, qui croyait dur comme fer au projet de création d’un Etat touareg, avait été perçue comme le signe d’une persistance de l’homme dans son projet d’indépendance de l’Azawad. D’ailleurs, il avait été désigné, à tort ou à raison, comme faisant partie de ceux qui torpillent l’Accord pour la paix, à partir de Kidal. Dans une interview accordée à un journal français en 2012, Bilal Ag ACHERIF avait répondu que «Le Mali et l’Azawad n’ont jamais fait un».
Comme un signe de bon augure, voilà qu’à la faveur des activités marquant le premier anniversaire de la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, celui qui a toujours refusé de se rendre à Bamako a été reçu à Koulouba par le président de la République.
La présence de Bilal Ag ACHERIF à Bamako, si elle ne signifie pas que la capitale fait partie de l’Azawad, elle est alors l’expression de la reconnaissance d’un Mali UN et INDIVISIBLE, d’un Mali en tant qu’entité nationale. Auquel cas, il faut admettre que la diplomatie malienne engrange des points avec l’appui du chef de la diplomatie algérienne, Ramtane LAMAMRA. Certes un petit pas pour certains, mais un grand pour le processus de paix et de réconciliation. C’est une victoire de Billal sur lui-même et une victoire du Mali qui accueille à la maison un enfant prodigue.

Par Abdoulaye OUATTARA




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *