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dimanche 9 mai 2021
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Sans Tabou: Kidal, vil instrumentalisation

Le monde entier est mobilisé pour notre pays en vue de nous aider dans le maintien des élèves à l’école suite à la crise de 2012. Une crise qui s’est manifestée par la fermeture de centaines d’écoles dans les zones de conflit. Ramant à contre-courant de ces efforts, des éléments proches des groupes armés à Kidal n’ont pas hésité à sortir les élèves de leur classe, les 18 et 19 avril derniers, afin qu’ils manifestent contre la MINUSMA, contrairement à toutes les Conventions et Traités relatifs aux droits des enfants et qui interdisent leur exploitation et leur utilisation à des fins de conflit ou de violence.

L’éducation dans toute la région de Kidal n’a pas survécu aux évènements dévastateurs qui se sont abattus sur le pays dans sa partie nord. Des écoles ont été fermées à Kidal, à l’instar de plusieurs localités du nord, au cours de ces dernières années à cause de l’insécurité, l’absence d’enseignants, la destruction d’infrastructures scolaires, entre autres.
Face à la situation inquiétante de violation de la Convention relative aux droits de l’enfant, les autorités du pays et les partenaires au développement se sont mobilisés pour la réouverture des classes dans les zones de conflit de notre pays, avec un intérêt particulier pour la ville de Kidal.
Ainsi, pour l’année scolaire 2015-2016, les partenaires de l’éducation au Mali, en particulier l’UNICEF, ont contribué à renforcer l’accès à l’éducation formelle à 344 115 enfants dans les régions de Gao, Tombouctou, Kidal, Mopti et Ségou, affectées par la crise sécuritaire. Depuis octobre 2015, la campagne « Chaque Enfant Compte » de l’UNICEF a pu faciliter le retour et le maintien à l’école de 29 592 enfants dans les régions affectées par la crise, dont 4 934 enfants à Kidal.
En dépit des efforts inestimables qui sont en train d’être fournis par l’État et ses partenaires pour maintenir les élèves dans les classes à Kidal; des individus pour des fins personnelles sont en train d’hypothéquer tous ces efforts et prendre en otage l’avenir de ces enfants. Ce qui s’est passé à Kidal est la parfaite illustration de la mauvaise foi de certains adultes qui profitent de la vulnérabilité des enfants en vue de parvenir à leur fin.
En effet, les 18 et 19 avril dernier, à Kidal, se sont déroulées de violentes manifestations contre la MINUSMA. Les classes des écoles ont été fermées pour mettre les élèves dans la rue malgré eux-mêmes en vue de prendre part à des manifestations visant la MINUSMA, après tant d’efforts et de sacrifice fournis pour la réouverture des classes dans cette ville. Les cours ont été interrompus et des enfants exposés au danger de cette manifestation qui a malheureusement fait deux morts et des blessés. Selon des sources vérifiées par l’UNICEF, plusieurs enfants ont, en effet, été retirés des salles de classe pendant les cours afin de participer à des rassemblements populaires. Une attitude des proches des groupes armés à Kidal qui montrent amplement l’ampleur de leur irresponsabilité qui compromet l’avenir des enfants pour servir leur intérêt personnel. Aussi, c’est une violation grave de la Convention relative aux droits de l’enfant qui exige le respect, la protection de la personne de l’enfant contre toute manipulation et violation, entre autres.
Le risque, selon l’UNICEF c’est que tous les efforts consentis pour ramener des milliers d’enfants à l’école dans le nord du Mali vont être réduits à néant si les enfants dont le retour est encore fragile sont retirés des salles de classe.

Par Sikou BAH




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