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dimanche 28 février 2021
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Sans Tabou: le défi de l’unité d’action syndicale

À l’image des partis politiques, notre pays connait actuellement une floraison de centrales syndicales, en plus des syndicats libres et d’innombrables syndicats affiliés. Cette floraison semble plutôt profiter aux responsables de ces organisations qu’aux masses laborieuses qui broient le noir ou du moins aux employeurs.

« Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! ». Cet appel historique du philosophe allemand, grand défenseur de la cause de la classe ouvrière, Karl Marx dans son « Capital » doit plus que jamais être d’actualité dans nos pays où les conditions de vie et de travail des ouvriers ont connues très peu d’évolution, depuis les indépendances.
Si le pluralisme syndical est le droit le plus absolu pour les travailleurs qui prétendent à une amélioration constante de leurs conditions de vie et de travail, il n’en demeure pas moins que pour se faire entendre par les employeurs ou par les pouvoirs publics, les travailleurs doivent plus que jamais faire preuve de solidarité et d’union.
Au Mali, cette solidarité et union d’action indispensable est en passe de voler en éclat, à cause des rivalités et des rancœurs entre responsables d’organisations syndicales. Aujourd’hui, l’émiettement a atteint un niveau tel qu’aucun syndicat ou aucune centrale syndicale n’est à mesure de paralyser la capitale, comme au plu vieux temps de la centrale unique. Donc, la seule alternative qui vaille aujourd’hui est l’unité d’action syndicale. Les responsables des quatre centrales syndicales l’ont-elles compris ? En tout cas, il y va de l’intérêt des masses laborieuses de notre pays. Ces masses au nom desquelles se font et se défont les regroupements et les alliances.
Le message du secrétaire général de l’UNTM lors de la célébration de la fête du 1er mai qui appelait, pour la première fois, sa « rivale » de la CSTM, à l’unité.
De l’autre côté, un autre responsable de la Confédération malienne du travail (CMT) disait que le temps de l’unité d’action syndicale avait sonné pour les centrales afin de faire face ensemble aux défis : ceux de l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs de notre pays.
En somme, les racines du syndicalisme sont ancrées dans l’idée que seule l’union fait la force. La force et la capacité à mieux négocier sont pour les travailleurs des leviers indispensables pour promouvoir et défendre collectivement leurs droits et leurs conditions de travail. La division et la dispersion de cette force collective affaiblissent la position des travailleurs devant l’employeur à mieux représenter les intérêts des travailleurs. Il s’agit donc pour les organisations syndicales, à différents niveaux, de trouver la meilleure voie dans la situation qui leur est propre, afin de consolider l’unité et la solidarité syndicale, tout en sauvegardant là où il le faut, les principes du pluralisme et de la liberté d’association dans tous leurs aspects.
Aux problèmes syndicaux, il faut des solutions syndicales, pas de compromission, pas de faux-fuyants. Nos responsables syndicaux doivent comprendre que la mésentente est leur ennemi commun.

Par Abdoulaye OUATTARA




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