Search
samedi 21 octobre 2017
  • :
  • :

SANS TABOU: où est passé le service d’entretien routier?

Les habitués de la route Bamako-Kayes (RN1) sont unanimes que le tronçon Kati-Diédiéni est impraticable et constitue leur bête noire. Contrairement aux nids de poule sur les routes dégradées, ici, on constate de véritables refuges d’autruches.

Emprunter ce tronçon relève du parcours du combattant pour les usagers. Long seulement de 163 km, sur les 612 de longueur totale, Bamako-Kayes, ce trajet offre aujourd’hui un spectacle désolant, obligeant l’usager à rouler au pas de caméléon. L’état de dégradation avancé de ce tronçon dépasse tout commentaire. Il présente le visage d’une piste construite avant l’indépendance, alors que ce tronçon n’a été réalisé qu’en juin 2004.

Il a coûté au Mali et à son partenaire l’Union européenne (FED) 13,5 milliards FCFA. Complètement défoncée, c’est un calvaire pour les milliers d’usagers qui l’empruntent. Kati-Diédiéni, c’est 141km de zigzags, de terribles détours. Par endroits, le goudron est entièrement absent sur la voie. Il est rare de voir des véhicules sortir indemne de ce tronçon qui est devenu le casse-tête des usagers de la route Bamako-Kayes. Car, personne ne  parvient à éviter au moins un de ces nombreux trous. C’est dire simplement combien l’axe Kati- Diédiéni est dégradé, délabré. Toutes choses qui amènent les passagers et les conducteurs à souffrir le martyr. Ces derniers doivent faire preuve d’une patience et de vigilance.

Face au vide laissé par l’autorité routière, les populations riveraines, notamment les femmes et les enfants, tentent de s’organiser pour boucher  à la sauvette, les trous avec des graviers. Malgré tout, ce tronçon demeure la seule préoccupation de la route Bamako-Kayes. En effet, il faut 4 à 5 heures pour parcourir les 163km, alors que les mêmes usagers mettent entre 1h30 et 2 heures pour le tronçon Diéma-Diédiéni, long de 180km.Quel gâchis!

L’autre mal de cet axe, est que dans les 35 villages au bord de la route, des gendarmes couchés ont été érigés sans aucun respect des normes en à la matière.

L’installation de postes de péage sur tous les axes routiers devrait faciliter la tâche au gouvernement dans le cadre de l’entretien et la réparation des routes. Cela ne semble pas le cas aujourd’hui.

D’une manière générale, la presque totalité de nos routes réalisées ces dernières années présentent les mêmes visages. De Kayes à Bamako ou de Gao à Bamako, en passant par Sikasso, nos routes sont presque impraticables.  Si pour quelques-unes, une réhabilitation s’impose, pour la majorité, c’est parce que les normes de construction n’ont pas été respectées, en complicité souvent avec des responsables en charge du contrôle.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si le Mali continuer à s’endetter auprès des bailleurs à des coups de centaines de milliards pour construire des routes dont la durée de vie dépasse guère deux à trois ans?

Qu’en est-il aujourd’hui de la place des postes de péage dans l’entretien de ces infrastructures ?

Par Hamidou TOGO

 




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *