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lundi 1 mars 2021
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Santé de la reproduction: un appui d’un milliard de la Banque Mondiale

L’hôtel Salam de Bamako a servi de cadre, le vendredi 17 juin dernier, au lancement du projet d’accroissement de la demande et de l’utilisation des services de Santé de la reproduction et planification familiale dans les régions de Koulikoro, Ségou, Sikasso et le District de Bamako. Il s’agit d’un projet conjoint du gouvernement du Mali et de l’UNICEF dont la mise en œuvre est financée par la Banque mondiale à hauteur de 1 724 500 dollars américains, soit environ un milliard de francs CFA.

La cérémonie de lancement officiel de ce projet conjoint était présidée par le Secrétaire général du ministère de la Santé et de l’hygiène publique, Bakary DIARRA, qui avait à ses côtés le représentant des opérations de la Banque mondiale au Mali, Bokary DAOU; le représentant adjoint de l’UNICEF au Mali, Alessandre DENTICE ; et, le Conseiller technique du ministère de l’Economie numérique, de la communication et de l’information, Assane DIAWARA.
L’on y notait aussi la présence de plusieurs responsables et acteurs de la promotion de la santé dans notre pays, dont le responsable de la santé de la reproduction au Mali, Dr DOUCOURE Arkia DIALLO, qui a eu l’honneur de présenter ce projet.
Les objectifs du projet
D’entrée de jeu, elle a expliqué que le projet d’accroissement de la demande et de l’utilisation des services de Santé de la reproduction et planification familiale dans les régions de Koulikoro, Ségou, Sikasso et le District de Bamako est un appui de la Banque mondiale à notre pays en vue de sa contribution à l’amélioration des indicateurs de la santé au Mali.
D’autre part, ce projet vise à renforcer les services de la santé de la reproduction afin d’accélérer les efforts et d’augmenter l’utilisation de la planification familiale dans ses zones d’intervention, a-t-elle ajouté.
«Au Mali, il y a 6,5% de femmes qui utilisent les services de la planification familiale. Ce qui représente un défi énorme auquel il faut impérativement faire face si le pays veut atteindre ses objectifs de développement et améliorer la santé des mères et enfants», a indiqué Dr DOUCOURE Arkia DIALLO.
Outre la faible utilisation de la planification familiale par les femmes, M. DIAWARA indexe la qualité de nos services de santé et la non-fréquentation régulière des centres sanitaires par les femmes pour expliquer le taux élevé de la mortalité dans nos pays.
Selon ses chiffres, les ¾ des décès maternels dans le monde sont survenus pendant l’accouchement et dans la période post-accouchement. Donc, il va s’en dire, pour lui, que la maternité sans risque passe forcément par la fréquentation de centres sanitaires et l’offre des soins de qualité.
Or, en prenant l’exemple sur le Mali et l’Afrique, il se rend compte que les besoins non satisfaits en matière de la santé restent encore énormes. Les pesanteurs, les tabous, les préjugés sociaux, a-t-il énuméré, sont toujours vivaces, en dépit des efforts pour l’adoption de bonnes pratiques de contraception, le respect du nombre de visites prénatales de l’assistance à l’accouchement et la fréquentation des structures de santé.
«Les résultats attendus, en dépit des contraintes signalées, sont réalisables si les acteurs s’impliquent. J’invite donc les partenaires à faire le don de soi pour réussir le changement de comportement afin d’atteindre les objectifs du projet», a martelé M. DIAWARA.
Une femme meurt toutes les 3 heures au Mali
Pour l’UNICEF, ce projet est intéressant parce qu’il participera à l’amélioration du bien-être de la population et au renforcement de la qualité des soins de santé en réduisant le taux de mortalité maternelle dans le pays.
Sa représentante, Alassandre DENTICE, ajoute à cet effet que l’initiative permettra à 15,8% des femmes entre 15 à 49 ans actuellement mariées ou en union qui souhaitent espacer leurs naissances ou limiter le nombre d’enfants d’avoir accès au service de la planification familiale. De même, pour elle, elle aidera le Mali à faire face à ses problèmes de croissance démographique et d’urbanisation.
«Le Mali connaît d’énormes problèmes de croissance démographique et d’urbanisme. Et, un programme de santé de la reproduction serait important dans ce sens parce qu’il aidera le Mali à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD)», a soutenu la représentante la mission des Nations Unies avant de faire savoir que l’appui de l’UNICEF dans la mise en œuvre de ce projet va être une assistance technique à la mobilisation sociale.
Le représentant des opérations de la Banque mondiale au Mali, pour sa part, a expliqué que les régions de Koulikoro, de Ségou, de Sikasso et le District de Bamako ont été retenues pour ce projet parce que les femmes de ces localités utilisent peu les services de la planification familiale. À ce critère, a-t-il ajouté la pauvreté des populations de ces localités et l’absence de projet stimulant l’utilisation de la planification familiale.
Dans son discours de lancement du projet, le Secrétaire général du ministère de la Santé a souligné que l’objectif ultime de cette initiative est d’amener 300 000 femmes et adolescentes âgées de 15 à 49 ans à fréquenter et à utiliser les services de planification familiale au niveau des 652 centres de santé de référence (CSREF) et des centres de santé communautaires (CSCOM), d’ici à fin février 2017.
Aussi, a-t-il noté avec ses prédécesseurs que les indicateurs de la santé du taux de la mortalité maternelle et infantile n’évoluent pas de manière satisfaisante malgré les efforts qui sont fournis çà et là. Il en veut pour preuve les résultats de l’EDSV 2012-2013, selon laquelle, chaque année au Mali 2 400 femmes meurent des suites de complications de la grossesse et de l’accouchement, soit une femme toutes les 3 heures.
Quant à la contraception, son utilisation est faible dans le pays et à priori l’indice de fécondité est élevé…

Par Sikou BAH




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