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dimanche 28 février 2021
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Second tour des législatives et COVID-19: la MIinusma estime que les conditions ne sont pas idéales

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, Mahamat Saleh ANNADIF, Chef de la MINUSMA était, ce jeudi 16 avril 2020, l’invité du Point de presse hebdomadaire du Bureau de la Communication Stratégique et de l’Information Publique de la MINUSMA. Contexte oblige, M. ANNADIF qui intervenait par vidéo conférence a profité de l’occasion pour faire le point de la situation de la pandémie du Covid-19 qui, dit-il, qui ralentit les activités de mise en œuvre de l’Accord pour la paix.  De même, il a reconnu au cours de la même session que la second tour des élections législatives prévu ce 19 avril intervient dans un contexte difficile lié au risque de propagation du COVID-19.

Faisant le tour de l’actualité nationale, le Chef de la MINUSMA a déploré le fait que l’enlèvement de l’honorable Soumaila CISSE n’a, jusque-là, fait l’objet d’aucune revendication officielle de la part d’un quelconque groupe terroriste. Il a réaffirmé l’engagement de son organisation, aux côtés du Gouvernement, pour la libération de cette personnalité politique.  D’ailleurs, a-t-il fait savoir, il y a deux jours de cela, la MINUSMA a transporté l’épouse de l’otage ainsi que les ex-otages de Niafunké à Bamako. «Nous regrettons que jusque-là, il n’y a pas de revendications. Mais, nous suivons la situation en émettant l’espoir qu’on puisse le retrouver sain et sauf».

Pour la libération du Chef de file de l’Opposition, a-t-il souligné, c’est le Gouvernement qui a pris en charge la situation et que ce sont les tractations locales qui sont pour le moment privilégiées.

Dans son propos, il a confirmé les affrontements entre les groupes djihadistes ces derniers temps au centre du pays. Selon lui, cette situation remonte à l’année dernière, où des accrochages entre les éléments de l’Etat islamique et ceux d’AQMI, notamment la Katiba du Macina, se déroulent. «Il y a des querelles d’intérêt à ce niveau, il y a des positionnements également. Ils continument à se battre. On ne sait pas jusqu’où ça va s’arrêter. Mais réellement chacun veut prendre le dessus sur l’autre», a-t-il affirmé. Avant de dire que la MINUSMA suit de près cette situation.

Depuis l’apparition du COVID-19 au Mali, a-t-il reconnu, il y a eu un ralentissement des activités d’appui de la MINUSMA à la mise en œuvre de l’Accord. Malgré le contexte, a-t-il expliqué, la MINUSMA continue de mener certaines activités parmi lesquelles, il a souligné les contextes avec les parties signataires de l’Accord, notamment la Plateforme et la CMA. De même, au niveau de la Médiation également, les concertations se poursuivent. Comme en témoigne la tenue ce mercredi 15 avril 2020 d’une réunion sous l’égide de l’Algérie, laquelle rencontre a envisagé la reprise des sessions du CSA en format vidéoconférence. Toujours selon le conférencier, la Commission Technique de Sécurité (CTS) continue de se réunir.

Parlant des difficultés du moment, il a souligné la crise au sein de la Plateforme à la résolution de laquelle la MINUSMA s’attèle.

Concernant les remarques de l’Observateur indépendant qui a dénoncé dans son dernier rapport un manque de cohérence dans la mise en œuvre de certaines dispositions de l’Accord, notamment l’armée reconstituée, le Chef de la MINUSMA a reconnu certaines défaillances.

Si l’arrivée des premières unités reconstituée à Kidal a été saluée comme une avancée substantielle, le Chef de la MINUSMA a indiqué qu’il était prévu d’envoyer d’autres éléments complémentaires pour qu’on puisse avoir un bataillon complet à Kidal. Malheureusement, a-t-il déploré, il y a eu des ralentissements à ce niveau. Selon lui, pour des questions de procédure, le deuxième contingent qui devrait regagner Kidal pour renforcer ceux qui sont déjà sur place n’est jamais arrivé sur place. Et cela, pour des petits détails (règle de trois) ou d’autres petites considérations. À ce niveau, il a interpellé les parties maliennes. «On ne peut pas comprendre qu’on ait déployé les premiers éléments et qu’on se soit arrêté en milieu de chemin», a-t-il dénoncé avant dire qu’il garde espoir.

Sur la question de l’organisation du second tour des élections législatives, il a reconnu que les conditions ne sont pas idéales. Toutefois, la MINUSMA a transporté près de 2 tonnes de matériels et de documents électoraux sensibles dans les régions du Nord et du Centre pour le second tour des élections législatives.

Contrairement au premier tour, la MINUSMA ne s’engage pas dans le transport du personnel électoral pour le scrutin de ce dimanche.

Même si la MINUSMA reconnaît que la situation n’est pas facile, elle estime que l’organisation de ces élections est un acte de souveraineté de l’État du Mali. «Je m’interroge un tout petit peu par rapport au risque de propagation du COVID-19», a-t-il exprimé ses appréhensions.

Lors du premier tour des élections législatives du 29 mars 2020, la MINUSMA avait déjà apporté un soutien sécuritaire, technique et logistique. Ainsi, quelque 14 tonnes de matériel électoral (sensible et non sensible) ainsi que 200 agents de supervision du Gouvernement ont été transportés à leur demande dans les régions du Nord et du Centre par la MINUSMA. De plus, 71 Assistants logistiques ont été transportés par route, ainsi que près de 1 000 préfets et des sous-préfets dans les Cercles.

Par Abdoulaye OUATTARA




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