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jeudi 26 novembre 2020
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Sécurité au Sahel: l’ONU favorable à un dialogue avec des groupes djihadistes

Dans une interview accordée au Journal Le Monde, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a ramolli le ton en estimant qu’il est possible d’établir le dialogue avec certains groupes djihadistes au Sahel, mais pas avec les plus «radicaux» comme l’État islamique (EI). La démarche avait été actée par le Dialogue national inclusif dans notre pays qui s’était penché sur certaines préoccupations nationales et sous régionales.

La question sur la sécurité au Mali et dans le Sahel a été abordée le mardi dernier lors d’une interview accordée par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à nos confrères du ‘’Le Monde’’. Lors de cet entretien, le dialogue avec des groupes djihadistes, qui continuent de compromettre le processus de la paix et du retour de la sécurité dans le Sahel, a été largement abordé. Sur le sujet, le débat avait été tranché côté Malien lors du Dialogue national Inclusif tenu en décembre 2019. En effet, au cours de ces assises nationales, les participants ont recommandé le dialogue avec certains groupes comme ceux dirigés par Iyad Ag Agali et Amadou Kouffa.
Toutefois, l’avis des partenaires étrangers qui accompagnent le pays dans la lutte contre ces groupes n’était pas tranché jusque ce mardi où Antonio Guterres a été un peu plus clair. Sans ambiguïté, il laisse la porte ouverte au dialogue avec certains groupes djihadistes qui opèrent en maître dans certaines zones.
« Il y a des groupes avec lesquels on pourra parler, et qui auront intérêt à s’engager dans ce dialogue pour devenir des acteurs politiques dans le futur », a déclaré le secrétaire général de l’ONU. Pour les plus radicaux, il n’y a pas d’autres alternatives.
« Mais il reste ceux dont le radicalisme terroriste est tel qu’il n’y aura rien à faire avec eux », ajoute-t-il en citant l’exemple de l’EI, absent des discussions de paix en Afghanistan. En 2019, ils ont mené des dizaines d’attaques contre la MINUSMA, la force Barkhane, les armées régulières du Sahel, entre autres.
Auparavant, d’autres médias rapportent que le commissaire de l’Union africaine (UA) à la Paix et la Sécurité, Smaïl Chergui, a appelé le 14 octobre dernier à « explorer le dialogue avec les extrémistes dans le Sahel afin de faire taire les armes », à l’image de l’accord conclu entre les États-Unis et les talibans afghans.
Le secrétaire général de l’ONU a, par ailleurs, relevé que le dispositif sécuritaire en place n’est pas suffisant au Sahel et appelé à plus de solidarité internationale» envers cette région. Les Nations unies espèrent mobiliser 2,4 milliards de dollars (deux milliards d’euros) d’aide, notamment humanitaire, lors d’une réunion ministérielle en visioconférence mardi. La Minusma, force onusienne au Mali, a un mandat trop étroit pour permettre «un combat efficace contre la menace terroriste», a estimé Antonio Guterres.
Cette déclaration intervient alors que le Farabougou, une localité du cercle de Niono, région de Ségou, est pris en otage par des djihadistes, depuis une semaine. Elle intervient aussi quelques jours seulement après la mort d’un Casque bleu lors d’une explosion dans le nord du pays.

Par Sikou BAH




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