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lundi 16 octobre 2017
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Situation au Mali: ce qui interpelle

La régression de la présence de l’Etat au Nord et au Centre ; le projet de révision constitutionnelle qui renforce les pouvoirs du Président de la République et fait l’impasse sur la représentation des autorités coutumières, des femmes et des jeunes au Haut-Conseil des collectivités territoriales ; l’insécurité grandissante du fait d’extrémistes violents ; l’insécurité alimentaire ; la déscolarisation ; la poursuite des déplacements localisés, sont entre autres sujets qui interpellent dans le rapport de ce mois du Secrétaire général de l’ONU sur la situation au Mali. Que dit le rapport ?

Sur la présence de l’Etat malien au Nord/Centre (page 2)
‘’L’instauration des autorités intérimaires n’a toutefois pas empêché le déclin de la présence des représentants de l’État dans le nord et le centre du Mali, imputable, essentiellement, à l’insécurité persistante. Au 26 mai, la présence des représentants de l’État dans ces régions était de 34 %, en baisse de 4 % par rapport à la précédente période considérée. Les Gouverneurs de Kidal et de Taoudénit n’avaient pas encore regagné leur lieu d’affectation. La part des magistrats de l’ordre judiciaire présents est restée la même dans les régions du nord, à environ 33 %, ainsi que dans la région de Mopti, où elle se situait à 75 %’’.

Sur le projet de révision constitutionnelle (page 4)
‘’[…] Le projet proposait de renforcer les pouvoirs du président au détriment du premier ministre et du Parlement. Il y était également suggéré que le président conserve sa mainmise sur le système judiciaire, contre l’avis du Comité d’experts, soucieux de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Conformément aux dispositions de l’Accord, le projet prévoyait la création d’un sénat comme deuxième chambre du Parlement. Cependant, il n’y était fait aucune mention de la représentation des autorités coutumières, des femmes et des jeunes au Haut-Conseil des collectivités territoriales, dont la réforme avait été envisagée par l’Accord pour garantir une plus grande ouverture. Le Gouvernement n’a pas précisé comment les modifications proposées de la Constitution devaient refléter les réformes institutionnelles correspondant aux recommandations formulées par la Conférence d’entente nationale, notamment en ce qui concerne l’attention à porter aux régions’’.

Sur la situation sécuritaire (pages 5-7)
‘’Des extrémistes violents et des éléments terroristes ont mené 105 attaques contre les Forces de défense et de sécurité maliennes, 76 contre la MINUSMA et 20 contre les forces françaises depuis juin 2016, contre 84, 66 et 15, respectivement, lors de la précédente période couverte par le mandat. En tout, 131 membres des Forces de défense et de sécurité maliennes ont été tués et 176 blessés dans des attaques, contre 49 et 33 au cours de la période précédente. Les attaques ciblant les Forces de défense et de sécurité maliennes ont augmenté de 42 % dans les régions de Mopti et de Ségou. Le principal modus operandi est resté l’utilisation d’engins explosifs improvisés et les tirs de mortier et de roquette, ainsi que les attaques complexes. […]
Dans les régions centrales, les attaques ciblant des civils ont continué, à la faveur de la faible présence de l’État. Des responsables scolaires continueraient de faire l’objet d’intimidations de la part d’individus armés exigeant d’eux l’adhésion à une idéologie religieuse stricte. […]
En avril, la commission d’enquête établie le 2 mars par le Gouvernement pour faire la lumière sur les violences commises, les 11 et 12 février, dans le cercle de Macina (région de Ségou) contre une population civile qui avait eu à déplorer au moins 20 morts et 18 blessés, a mis la main sur leurs auteurs présumés. Quinze personnes ont été arrêtées pour homicide volontaire, association de malfaiteurs et possession illégale d’armes. Le juge de Macina qui, à l’origine, avait été saisi de l’affaire, s’est dessaisi du dossier en raison d’inquiétudes pour sa propre sécurité, si bien que les autorités ont demandé la désignation d’un autre juge. […]’’.

Sur l’insécurité alimentaire (page 9)
‘’L’insécurité alimentaire touche un total de 3,8 millions de personnes au Mali, victimes, principalement, des inondations et des sécheresses localisées ainsi que de l’insécurité croissante. Au cours du premier semestre de 2017, l’ONU a fourni des rations alimentaires et effectué des transferts de fonds en espèces à 109 450 personnes vulnérables. Au Mali, l’état nutritionnel des enfants et des femmes en âge de procréer demeurent une préoccupation majeure : on recense en effet 115 000 femmes enceintes ou allaitantes nécessitant une aide alimentaire et 620 000 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë. L’ONU a continué d’aider le Gouvernement à assurer la disponibilité du traitement vital contre la malnutrition et a fourni de l’alimentation d’appoint aux enfants et aux femmes enceintes et allaitantes’’.

Sur la déscolarisation (page 9)
‘’Depuis le rapport précédent (S/2017/271), 65 autres écoles ont été fermées, portant leur nombre à 501 (contre 296 en mai 2016) sur les 4 872 écoles des régions de Gao, Ménaka, Mopti, Ségou et Tombouctou. Dès lors, 150 000 enfants sont déscolarisés en raison de l’insécurité régnante. La région de Mopti a été touchée de plein fouet, 266 établissements ayant fermé leurs portes’’.

Sur les réfugiés (page 9)
‘’Les déplacements localisés ont continué de se produire en raison de la violence qui sévit dans les régions du centre du pays, ce qui a accru le nombre de personnes déplacées, passant de quelque 45 800 à environ 59 000. Le nombre de réfugiés maliens présents au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger est passé d’environ 141 500 à près de 143 600’’.

N.B. : Le titre et le chapeau sont
de la Rédaction




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