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mercredi 21 août 2019
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Situation de conflits armés au Mali : de milliers enfants affectés

La campagne ‘’Stop à la Guerre contre les Enfants’’ initiée par Save the Children a été officiellement lancée, hier jeudi au Mali, à l’instar de tous les pays dans lesquels l’ONG intervient. L’initiative qui durera plus d’une année sera marquée par des plaidoyers auprès des acteurs pour le respect des droits des enfants lors des conflits armés.

L’Hôtel Salem de Bamako a servi de cadre, ce jeudi 16 mai 2019, au démarrage de  cette campagne sous la coprésidence du Commissaire à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Mahamane MAIGA et du Directeur Pays de Save the Children Amavi AKPAMAGBO.  Ils avaient à leurs côtés la présidente du Parlement national des enfants, Mariam ALDIANABANGOU et Mme DEMBELE Oulématou SOW, membre de la Commission vérité justice et réconciliation (CVJR).

S’exprimant à cette occasion, la représentante du Parlement national des enfants du Mali, Mariam ALDIANABANGOU, a déploré la situation sécuritaire difficile dans notre pays depuis 7 ans. A cause de cette crise, l’épanouissement des enfants a connu un recul, et a fait de beaucoup de sa génération des orphelins, des déplacés, des enfants en situation de handicap, s’est-elle indignée. « La crise a fait de nous des enfants soldats, des apatrides, en raison du non enregistrement à la naissance de milliers d’enfants, elle nous expose aux restes d’explosifs de guerre, fait de nos sœurs des objets sexuels et par-dessus tout, elle nous ôte la vie, brisant nos rêves », enchaîne-t-elle, avant de plaider pour une meilleure protection des enfants : « s’il est vrai que les enfants constituent l’avenir d’un pays, il est plus que jamais nécessaire de mettre en place toutes les conditions pour assurer le retour de la paix et faire en sorte que les enfants soient protégés en période de conflit ».

« Nous sommes réunis ce matin, pas pour célébrer, comme d’habitude, un succès obtenu, une bataille gagnée sur l’adversité, mais bien, une fois n’est pas coutume, pour alerter, sonner le tocsin sur l’impact ou les impacts néfastes du conflit ou des conflits armés sur les enfants, sur nos enfants », a ajouté, de son côté, le Directeur Pays de Save the Children, Amavi AKPAMAGBO.  Au Mali, à l’instar des autres pays touchés par les conflits armés, le respect des droits des enfants est critique. Peu d’enfants bénéficient des services sociaux de base comme l’éducation, la santé. Spécifiquement à l’éducation, « il y a plus de 200 000 enfants maliens dans les zones affectées par le conflit armé qui ne bénéficient pas de leur droit à l’éducation parce que leurs écoles ont été attaquées ou ont subi des menaces », a affirmé M. Amavi AKPAMAGBO.

Outre cette violation, poursuit le responsable de Save the Children Mali, il y a des dizaines d’enfants, dans les mêmes zones, qui sont victimes de violences de tout genre à leur corps défendant, en lieu et place de l’affection et de la protection auxquelles ils s’attendent.  De même, a-t-il ajouté, des centaines de milliers d’enfants souffrent de malnutrition, parce qu’ils n’arrivent pas à accéder à l’assistance socio- sanitaire ou humanitaire toujours à cause de la crise sécuritaire. Dans ce désastre, constate avec amertume M. AKPAMAGBO, les enfants sont plus marqués par les symboles de la guerre comme les Kalatch, les roquettes, entre autres.

« Save the Children, tout comme tous les acteurs intervenant dans le domaine, reste et restera toujours disponible pour accompagner les différentes parties prenantes à sécuriser, sauver les enfants affectés par le conflit. Toutefois, nous recommandons vivement que les enfants victimes du conflit bénéficient de toute l’assistance juridique, psychosociale et politique, afin qu’ils puissent s’épanouir durablement et servir la nation malienne en tant que citoyens à part entière », a indiqué M. AKPAMAGBO.

Pour le Commissaire à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Mahamane MAIGA, la thématique de la campagne est d’actualité au Mali, confronté depuis 2012 à une recrudescence des conflits.

Par Sikou BAH




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