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jeudi 25 février 2021
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Sommet du G5 Sahel contre le terrorisme: les engagements des chefs d’Etat !

Face à la montée du terrorisme et de l’extrémisme violent, les pays membres du G5 Sahel ont décidé d’agir et très vite. Le sommet extraordinaire de la conférence des chefs d’État convoqué à cet effet par le président IBK a permis aux États de la région et leurs partenaires de réfléchir et de s’entendre sur les moyens de mutualiser leurs forces en vue d’apporter une réponse appropriée aux défis et aux menaces qui assaillent la région. L’une des recommandations phares étant la mise sur pied d’une force militaire conjointe.

La rencontre intervient après la tragédie de Gao le 18 janvier 2017. Alors que les Maliens étaient encore dans l’euphorie du Sommet Afrique-France, à peine terminé sur une note de satisfaction partagée, les ennemis de la paix se sont fait distinguer par la manière la plus effroyable perpétrant un attentat suicide dans la Cité des Askia ayant couté la vie à plusieurs dizaines de personnes, en majorité des jeunes soldats et combattants de groupes armés signataires de l’accord de paix réunis au camp du MOC par la seule volonté de la restauration de la paix et de la sécurité, dans notre pays, tel que visé par l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.

Multiplication des attaques terroristes
Depuis ce jour, les attaques se sont multipliées dans notre pays contre nos forces armées et de sécurité, et aussi dans certains pays voisins suscitant l’inquiétude au sein de la population et chez les dirigeants des pays du sahel. La situation sécuritaire dans notre pays a des répercussions sur tout l’espace sahélien où la menace terroriste et les autres sources d’insécurité sévissent avec des atrocités variables.
Une préoccupation commune donc pour les pays de la région, particulièrement ceux des pays du G5 Sahel.
Voilà pourquoi ce sommet de Bamako avait pour objectif d’apporter des réponses appropriées aux défis et aux menaces qui assaillent la région du Sahel.
Troisième du genre après ceux de février et de décembre 2014 à Nouakchott et celui de N’Djamena, le 20 novembre 2015, cette Session, à laquelle ont participé une centaine de personnalités et d’institutions régionales, aux côtés des cinq chefs d’État de la Région, Marc Rock Christian Kaboré du Burkina Faso, Mohamed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie, Mahamadou Issoufou du Niger, Idriss Deby Itno du Tchad et Ibrahim Boubacar Kéïta du Mali, a été l’occasion de débattre de la situation sécuritaire au Mali et son impact dans le Sahel.
Aussi, le sommet de Bamako, qui a été précédé par la deuxième réunion ordinaire ministérielle des ministres en charge de la Défense et de la sécurité élargie aux ministres des Affaires étrangères, a-t-il fait l’état des lieux de la mise en œuvre des promesses de contributions faites par les partenaires, notamment, au plan financier et technique, de l’adéquation du plan onusien face aux réalités du terrain, d’une part, et les engagements pris par rapport à la force conjointe, les opérations militaires transfrontalières, la plateforme de coopération en matière de sécurité et la montée en puissance du Collège de défense du Sahel, d’autre part.
Enfin, les Présidents IBK et ses pairs ont-ils identifié les pistes concrètes d’actions, pour les semaines à venir, en vue de promouvoir la paix et le développement durable.

Un frein à l’extrémisme.
Auparavant, l’hôte du sommet, le Président Ibrahim Boubacar Keïta a traduit la gratitude du peuple malien à l’endroit de ses pairs du G5 Sahel et des autres organisations amies qui ont donné la preuve d’une solidarité agissante autour de notre pays.
Lancé en 2014, à Nouakchott en Mauritanie, le G5 Sahel traduit la volonté ferme des États membres d’affronter conjointement et de façon coordonnée les nombreux défis transfrontaliers dans le domaine de la sécurité et du développement. Il constitue aujourd’hui, un instrument unique pour renforcer les liens humains, culturels, politiques et économiques séculaires unissant les peuples au sein de l’espace commun.
Aujourd’hui, face à la montée de l’extrémisme religieux et du terrorisme, les cinq pays s’efforcent d’apporter une réponse appropriée en vue de bâtir un espace stable et paisible. Ceci est d’autant plus nécessaire que ces États partagent les mêmes problématiques face aux enjeux sécuritaires liés au terrorisme et aux trafics de tout genre. Aussi, la mutualisation des efforts pour répondre aux nombreux défis de la région relève-t-elle de la responsabilité des États. La prise en compte de cette responsabilité s’est traduite dans différents instruments et initiatives notamment le G5 Sahel, l’Autorité de développement intégré du Liptako-Gourma, la CEDEAO, et l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations Unies…

Vénérée Barkhane
À ce niveau, le chef de l’État a salué les efforts de la Force Barkhane et de l’armée nationale qui planifient et mènent régulièrement des actions aux résultats forts appréciables dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière.
Malgré ces actions salutaires, a rappelé le président IBK, la volatilité de la situation sécuritaire dans la région du sahel laquelle se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins où les groupes terroristes représentent de plus en plus une menace complexe et sophistiquée qui ne cesse d’évoluer dans sa forme, son envergure et ses méthodes. À titre illustratif, il cité l’attaque traitresse perpétrée à Gao le 18 janvier dernier revendiquée par Al Morabitoune, groupe affilié à AQMI contre le camp du MOC chargé de déployer les patrouilles mixtes si longtemps attendues.
Cette fragilité sécuritaire dans la région est davantage aggravée, a expliqué le Président IBK, par la dimension transnationale et le terrorisme et les défis liés à la situation en Libye, d’une part, ainsi que la radicalisation, l’extrémisme violent et les effets de changement climatique, d’autre part. S’y ajoute le fait que se développement, simultanément, d’autres comportements visant à déstabiliser les États au travers de partenariats d’opportunité entre de réseaux criminels et terroristes.
Les jeunes dans le Sahel risquent, de ce fait, de s’appauvrir davantage et de devenir plus attentifs discours extrémistes et vulnérables au terrorisme. Ce qui, a prévenu IBK, doit alerter les États membres tout en investissant dans la durée et en faveur du développement du sahel dans le cadre d’une approche à long terme.

Entraves au processus de paix
Le Président IBK a une nouvelle fois plaidé pour la nécessité du renforcement du partenariat pour la lutte contre le phénomène du terrorisme. Le plan de réponse passera également par la mise en œuvre effective de la résolution 2295 du Conseil de sécurité qui malheureusement tarde à se matérialiser sur le terrain. Une situation qui entrave ainsi la mise en œuvre effective du processus de cantonnement et de désarmement, de démobilisation, de réintégration. Aussi, a-t-il mis en exergue le constat selon lequel d’importantes insuffisances de la Minusma en matière de capacité et de soutien logistique de protection de ses forces persistent toujours. D’où, son plaidoyer afin que la mission se dote d’urgence de moyens adéquats pour accompagner le gouvernement du Mali dans le rétablissement progressif de sa souveraineté sur la totalité de son territoire national.
Dans son discours d’ouverture, le président tchadien Idriss Deby a rappelé que la tenue de ce sommet intervient dans un contexte sécuritaire fortement critique pour les pays du G5 Sahel qui assistent ces derniers mois à une recrudescence inquiétante des actes terroristes comme attestent les attaques à répétition dans le nord du Mali, au Niger et ailleurs. Cette multiplication des attaques terroristes montre si besoin en était l’ampleur de la menace. Aussi, cette situation, met-elle les pays devant leur responsabilité en les rappelant l’urgence de la lutte.
Du diagnostic fait par le Président de la conférence des chefs d’État, les terroristes se sont organisés pour conduire nos Etats dans une longue et éprouvante guerre d’usure et de nerf. Car, ces différentes attaques qui visent les camps ont pour seul but de saper le moral des troupes et de briser la psychologie de nos populations. C’est pourquoi la rencontre de Bamako doit sonner, selon le Président Idriss Deby, une alerte et donner une impulsion nouvelle à la guerre asymétrique que le G5 mène contre le terrorisme. Il s’agit aussi de se donner les moyens et les ressources nécessaires, a-t-il insisté, pour livrer une guerre sans merci contre ces obscurantistes qui veulent ramener nos pays au moyen âge.

Action et à l’engagement
À cet égard, le renforcement du dispositif de sécurité et de défense du G5 Sahel s’avère important. Voilà pourquoi il a invité le conseil des ministres de tutelle, le comité de défense et de sécurité et le secrétariat permanent du G5 Sahel a créé un cadre adéquat pour le développement et la bonne conduite de ce dispositif.
Il a saisi l’occasion pour encourager les partenaires à appuyer davantage pour permettre à ce dispositif de défense d’être à la hauteur de sa mission.
Plus engagé que jamais, le Président Deby a expliqué à ses pairs que l’heure était aujourd’hui à l’action et à l’engagement. Et que c’est en ce sens que se situe la pertinence de l’objet de la rencontre de Bamako tant la menace est non seulement réelle, mais qu’elle prend de nouvelles proportions.
« Nous avons le devoir et l’obligation de nous investir davantage pour mette hors d’état de nuire tous les groupes terroristes qui écument la bande sahélo-saharienne. Si nous n’agissons pas vite, de manière rigoureuse à la dimension de la menace, notre espace deviendra inéluctablement un sanctuaire terroriste. La vigilance, la mobilisation et l’engagement sont les seules armes à notre portée pour assurer la sécurité de nos populations et garantir la stabilité dans notre région », a-t-il conclu.
A la fin de leurs travaux, tenus à huis-clos, les chefs d’Etat du G5 Sahel ont convenu sur la mise en place immédiate d’une force militaire de G5 Sahel à court et long terme. Cette force sera dans un premier temps chargée de la protection des frontières des Etats membres, avant d’être progressivement utilisée dans la lutte contre le terrorisme, la migration irrégulière et le trafic drogue.
Aussi, après avoir fait le point sur la mise en œuvre de l’accord pour la paix issu du processus d’Alger, les chefs d’Etat du G5 Sahel ont invité les groupes armés, partie prenante à ce processus, de faire preuve de bonne foi, de sincérité et de bonne volonté dans leur engagement.
De même, ils ont appelé le conseil de Sécurité des Nations Unies de doter la MINUSMA de moyens adéquats lui permettant de lutter contre le terrorisme dans le nord de notre pays et surtout d’aider le redéploiement progressif des forces de sécurité maliennes sur la totalité de notre territoire.

Par Mohamed D. DIAWARA




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