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dimanche 28 février 2021
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Sommet France-Afrique: qui gagne quoi ?

Le Mali s’apprête à recevoir du 13 au 14 janvier 2017 le sommet Afrique – France qui regroupe traditionnellement certains Etats africains autour de la France. Qu’est-ce que le Mali et l’Afrique y gagnent exactement et qu’est-ce que la France en tire ? En prélude, s’est tenu à Ouélessébougou du 7 au 8 janvier 2017 à l’initiative de la CAD – Mali, le Forum des Peuples pendant que se prépare à Bamako à partir du 10 janvier un « contre-sommet ». A quoi répondent ces rencontres organisées par la société civile ?

Pour de nombreux pays africains, la France reste un partenaire obligé à cause de son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations – Unies, pour la garantie de la parité du franc CFA par la Banque de France, pour l’aide au développement et l’assistance militaire face au terrorisme. Tout cela a fini par créer de fait un pré-carré africain dont le soutien lui est acquis au sein de la communauté internationale et dont les pays représentent un véritable marché pour ses entreprises et produits face à la concurrence chinoise de plus en plus agressive. En vérité, les pays africains se sont trouvés embarqués dans un partenariat (Accord de Partenariat Economique) dont le volet commercial prévoit l’ouverture des marchés alors que la loi du marché ne peut jouer qu’entre partenaires d’égale valeur. Comme l’Europe a toujours une longueur d’avance, elle a tout simplement décidé que les produits devant entrer sur son sol doivent respecter des normes strictes, à la manière de l’immigration choisie. C’est pourquoi les produits maliens (mangues, oranges, oignons, confitures) ont peu de chance d’atteindre l’autre rive. Pour l’or par contre, c’est différent car il reste une valeur refuge sûre, surtout lorsqu’il est acquis dans un commerce inéquitable.

CE N’EST PAS PARCE QUE L’OR NE BRILLE PAS POUR LES MALIENS QU’IL NE DOIT BRILLER POUR PERSONNE ! QUI PORTE DES DENTS EN OR, DE L’OR QU’IL NE PRODUIT PAS, QUI S’EN SERT POUR MANGER PENDANT QUE LES PRODUCTEURS D’OR CHERCHENT A MANGER ?

L’action des associations de la société civile peut être salutaire car leurs croisades pour des solutions alternatives face aux grands de ce monde portent la voix des pauvres, victimes innocentes des ajustements structurels, des migrants dont les droits humains sont quotidiennement bafoués, des paysans dépossédés abusivement de leurs terres, des élèves et étudiants sinistrés par l’état de l’école et l’horizon que le chômage leur présente, des diplômés qui approchent de l’âge de la retraite sans trouver un emploi décent, des femmes encore victimes de violence et d’ostracisme, mais ces croisades permettent aussi de dénoncer les politiciens et fonctionnaires véreux et corrompus dont l’entreprise malfaisante agrandit le gouffre dans lequel les jeunes sont ensuite précipités. A chacun son sommet pourrait-on dire, celui des grands et celui des petits, mais « c’est petit marteau qui casse gros caillou » comme on dit sur les bords de la lagune Ebrié. Toutefois, la société civile doit trouver les voies pour mobiliser et transformer ses revendications en programme et plan d’action. Faute de quoi, elle serait tout simplement réduite à perpétuer le mythe de Sisyphe.

Mahamadou CAMARA
Email : camara.mc.camara@gmail.com




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