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mercredi 3 mars 2021
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Stabilisation des prix de la viande: 90% des bouchers appliquent l’accord

Il aura fallu que le ministre du Commerce et de l’industrie, Abdel Karim KONATE, hausse le ton ; mais les prix conventionnels, à savoir 2 000 FCFA/kg, pour la viande avec os, et 2 300 FCFA/kg, ont été largement rétablis. C’est le constat qu’il nous a été donné faire à l’issue d’une enquête dans certains marchés de la capitale et de Kati.

Le jeu en valait la chandelle puisqu’il s’agissait de soulager l’importante communauté musulmane du pays en ce mois béni de ramadan qui donne paradoxalement lieu à une flambée des prix de la plupart des produits de grande consommation. Aussi, le Gouvernement, à travers le ministère du Commerce et de l’industrie, n’a-t-il ménagé aucun effort pour la stabilisation des prix. Parmi les actions phares, dans ce sens, il y a le renforcement du fonds de garantie mis en place pour les coopératives de bouchers à concurrence de 150 millions de francs CFA. Ledit fonds, logé dans une banque de la place, était initialement de 120 millions de francs CFA. Il permet aux bouchers d’emprunter de l’argent pour l’achat du bétail en espèce. Ce qui est nettement plus profitable que l’achat à crédit où l’éleveur tenant compte des risques et du temps de remboursement surévalue son bétail. Toute chose qui a pour conséquence de vendre la viande plus cher, question de permettre au boucher des rembourser l’agent de l’éleveur et de se faire une marge bénéficiaire.
Grâce au fonds de garantie, ce système de spéculation est contrecarré. Ainsi, les consommateurs ont la viande à un prix moins élevé, d’autant plus que les bouchers achètent le bétail à sa vraie valeur ; mais le fonds de garantie donne au Gouvernement un droit de regard sur les prix pratiqués et qui sont définis de façon consensuelle avec les acteurs concernés. Parce que c’est de l’argent public qui est prêté aux bouchers, pour soulager la population.
C’est de ce droit de regard que le ministre du Commerce et de l’industrie, Abdel Karim KONATE, a eu recours la semaine dernière, quand, nonobstant les engagements pris, les bouchers ont décidé d’augmenter les prix de la viande. Face à cette volteface qui viole le protocole d’accord entre le ministère et la filière bétail/viande, au cours d’une réunion, avec les bouchers, mardi 14 juin dernier, le ministre KONATE leur a donné jusqu’à samedi 18 juin, à minuit, pour, s’accorder avec les éleveurs et revenir aux prix convenus. Cela, sous peine d’application des mesures prévues en la matière.
La menace n’est manifestement pas tombée dans l’oreille de sourds. Ainsi, dans des marchés tels Torokoroboubou, Sabaliboubougou, Kalaban Koro, Dibida, N’Tominkorobougou, l’on observe une stabilisation des prix qui étaient sur le point de prendre l’ascenseur, la semaine dernière. La viande avec os est vendue à 2 000 FCFA/kg et la viande sans os à 2 300 FCFA/kg, conformément à ce qui a été convenu.
L’on assiste partiellement à la même tendance à Kati. Au terme de nos enquêtes, l’on peut soutenir que 80 à 90 % des bouchers pratiquent les prix convenus.
Pour autant certains marchés n’ont pas dérogé à leur mauvaise réputation. C’est le cas de BacoDjicoroni ACI où la vie chère se conjugue au quotidien, ramadan ou pas. Dans ce quartier, le kilo de la viande avec os est vendu à 2 200 FCFA, alors que la viande sans os est vendue à 2 500 FCFA. Selon un boucher qui a requis l’anonymat, il y a des informations persistantes, selon lesquelles, les pouvoirs publics prépareraient des descentes dans les marchés pour contrôler la pratique des prix, mais également saisir la marchandise de tous les bouchers non certifiés pour la pratique du métier. Ce qui explique que ces derniers cachent une partie de leur viande, en n’exposant que l’autre partie vendue au prix non conventionnel.
Cependant, cette information est démentie par les sources officielles. Ce qui laisse croire à l’existence d’une vaste campagne d’intoxication. À quelle fin ?
À Kati-Sanafara également, la viande avec os est vendue à 2 200 FCFA/kg et la viande sans os à 2 500 FCFA/kg,
pourtant, d’autres mesures d’accompagnement du Gouvernement ont été de suspendre l’échéance de juin pour le paiement des prêts qui reprendra en septembre prochain ; aider la filière bétail-viande pour la mise en place d’une interprofession.

Par Bertin DAKOUO




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