Search
dimanche 7 mars 2021
  • :
  • :

Sans Tabou: Covid 19, le défi des cérémonies sociales

6191 cas positifs et plus de 222 morts, voilà la situation catastrophique du Covid-19, qui a fait son retour triomphal, depuis quelques jours, dans notre pays. Malgré ce chiffre alarmant, les Bamakois piétinent les mesures-barrières et même les décisions du gouvernement, qui a décrété un état d’urgence afin de réduire la vague de contagion, à travers les nouveaux cas détectés.

Contrairement aux pays de la sous-région dont les populations respectent, à la lettre, les mesures-barrière, les Maliens font tout pour ignorer l’existence de cette maladie qui a fait plus de 100 morts, ces 20 derniers jours et engorgé les hôpitaux.
Les restaurants et night-club ouverts, les cliniques privées inondées de monde ; les marchés qui suivent leurs cours normaux, sans la présence d’aucun agent de santé ou d’ONG pour rappeler les mesures-barrières contre le Covid, des centaines de personnes qui s’entassent sous les bâches pour célébrer mariages et baptêmes, voici le triste tableau de la réalité malienne en cette période de COVID. Toute chose à l’origine de la propagation galopante de la Covid-19 qui tue par dizaines, depuis quelques jours.
Dans des ‘’Sotrama’’, de plus de 20 personnes, qui s’entassent dans un climat polluant, les toux et d’autres réactions font partie du climat de long du trajet. Malgré tout, personne ne porte de masque et ne détient un gel désinfectant.
Pourtant, un Conseil des ministres s’est réuni, le vendredi 18 décembre 2020, en session extraordinaire sous la présidence, du Chef de l’État, Bah N’DIAW, pour décréter un état d’urgence sur toute l’entendue du territoire national. Il s’agit de la suspension des festivals et spectacles culturels pour deux semaines, la fermeture des rues marchandes, à partir 19 décembre 2020 à minuit, et ce, jusqu’au 4 janvier 2020 ; la fermeture des établissements scolaires, universités et grandes école, la limitation de tous les rassemblements à cinquante personnes y compris les cérémonies de mariages baptêmes et les funérailles.
Pour rassurer l’opinion nationale et internationale, les plus hautes autorités ont promis que des comités de veille et de suivi des gestes-barrières seront mis en place.
Mais ces brigades se font rares dans la ville de Bamako, comme la neige à Sikasso. En tout cas, pas plus tard que le dimanche dernier, des centaines de mariages ont été célébrés avec leur cortège de foule foulant au pied toutes les mesures-barrières contre cette pandémie.
On se demande ce que font toutes ces ONG et les services de tutelles du gouvernement où et comment se passent leurs activités de sensibilisation des populations contre le Covid-19.
Le Pr Akory AG IKNANE, coordinateur national de la lutte contre COVID-19, avait indiqué lors de sa dernière conférence de presse, la semaine dernière, que son équipe a énormément de problèmes pour faire face à cette deuxième vague.
« Nous avons des difficultés par rapport à cette augmentation du taux. Toutes nos prévisions sont en train d’être dépassées avec cette nouvelle vague. Nous avons près de 2 500 personnes qu’il faut tester par jour lorsqu’on était à 500. Il ne faut pas oublier les voyageurs. On teste aujourd’hui plus de voyageurs. Il faut augmenter le nombre de tests. Pour ça, il nous faut des ressources importantes pour avoir à disposition les kits de prélèvements, les réactifs pour qu’on ne soit pas en rupture. On ne maitrise pas l’évolution de cette deuxième vague et on en prend tous les jours des coups », a-t-il déploré.
En tout état de cause, si les plus hautes autorités ne prennent pas leur responsabilité, cette pandémie fera des ravages dans un futur proche.

PAR CHRISTELLE KONE




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *