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samedi 19 juin 2021
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Sans Tabou: ces dangereux conseillers du Président

Conseillers ou charlatans ? En tout, il y en a qui ne manquent pas de culot dans l’appétence et dans la captation, malgré les devoirs liés à leurs charges. Au point que la période exceptionnelle que vit le pays impose la mise entre parenthèses exceptionnelle de la légalité et de la probité morale. Il ne s’agit point des divergences d’interprétation de la loi comme celle qui a cours entre les deux augustes institutions juridictionnelles de notre pays au sujet de la prise de fonction du nouveau président de la Transition. Chacun dans ses attributions constitutionnelles a rendu son office, dans le souci du meilleur confort de la légalité dans notre pays. Mais est-ce le cas de chacun et de tous ?
Dans le contexte historique particulier que nous vivons, pour ne pas dire dramatique, avec la pluie de sanctions qui n’a pas encore fini de s’abattre sur notre pays, il est tout à fait singulier d’entendre certaines personnes censées être proches du président de la Transition le Colonel Assimi Goïta. Leurs sorties ouvrent déjà de nouveaux fronts qui pourraient davantage nous fragiliser.
En effet, au moment où toutes les organisations sous régionales et régionales ainsi que l’ensemble de la communauté internationale, à notre chevet, depuis de longues années, insistent sur le respect du délai de la Transition à savoir les 18 mois impartis lors du sommet de la CEDEAO de 15 septembre 2020, voilà le fameux Dr Youssouf Z. COULIBALY qui fanfaronne de plateau de télé en plateau de télévision pour créer le doute sur l’organisation des élections.
« Objectivement, les 9 mois (avant février 2022) qui nous restent ne sont pas suffisants pour arriver à des élections crédibles, qui ne feraient l’objet d’aucune contestation… », a déclaré le fameux conseiller juridique qui n’a été mis sous les projecteurs qu’à l’occasion du putsch du 18 août 2020. Selon lui, il ne faut pas aller trop vite pour ne pas organiser des élections qui vont créer d’autres tensions, comme à la fin du régime d’IBK. Parce qu’il estime que les élections législatives auraient amené des contestations et ayant conduit à la chute du régime d’IBK…
« J’avais dit à l’époque que 18 mois n’étaient pas tenables pour le chantier de réformes. Au terme des 18 mois, si la Transition réussit à organiser des élections, ça serait une bonne chose. A défaut, ça sera au peuple malien de dire : on ne veut pas aller aux élections bâclées, on veut que vous continuez, ou on veut que la Transition continue, mais avec des nouvelles têtes», évoque-t-il.
Au-delà du scandale que cette déclaration insensée et inopportune va provoquer au plan interne et au niveau de la Communauté internationale qui n’a pas encore abattu toutes ses cartes concernant le Mali, c’est la posture, pardon la qualité affichée par le curieux Dr Youssouf Z. COULIBALY pour faire ses shows télévisés qui font plus scandale.
Nommé pour service rendu (il serait l’auteur de la Charte de la Transition) dans l’organe législatif de la Transition, il a été porté à la tête de la Commission de l’administration territoriale, de la décentralisation, du culte et de la réconciliation nationale.
Se faisant passer comme l’auteur de la Charte de Transition et pour le Mazarin de la Transition, le stratège qui décide de toutes les questions juridiques n’a pas pu pour autant anticiper la question préjudicielle de la constitutionnalité relative au renvoi du président à sa fonction. Ignorance ou forfaiture ?
Quand on considère son statut du membre du CNT, sauf cumul de responsabilité, il ne peut plus se targuer d’être le conseiller juridique d’Assimi GOITA. Ce qui est une violation des textes du CNT par l’expert et le grand juriste qui n’a pas bonne presse auprès de ses étudiants de droit.
S’il l’est, c’est une fraude, une monstrueuse illégalité qu’il faut corriger. S’il ne l’est pas, qu’il s’est paré de ce titre ronflant juste pour faire le malin, il devrait savoir qu’il tombe sous le coup de l’article 81 du Code pénal qui régit la forfaiture. Cet article stipule : «Seront coupables de forfaiture et punis de cinq ans au moins et dix ans au plus de réclusion, les fonctionnaires publics qui, dans le dessein de s’opposer aux lois ou à l’action gouvernementale, auront, par délibération, arrêté de donner des démissions individuellement ou collectivement dont l’objet ou l’effet serait d’empêcher ou de suspendre soit l’administration de la justice, soit l’accomplissement d’un service public quelconque ».
Crime commis par un fonctionnaire public dans l’exercice de ses fonctions, la forfaiture est un manquement grave à une parole donnée, à son devoir ; trahison de la confiance d’autrui. Le COULIBALY Ke doit savoir que c’est une faute grave, car une forfaiture est un crime dont un fonctionnaire, un agent public, un magistrat ou une personne investie d’une mission de service public, peu scrupuleuse comme lui, se rend coupable dans l’exercice de ses fonctions en commettant des infractions qui violent les devoirs essentiels de sa charge.
A moins que le COULIBALY ne confesse qu’il voulait seulement se faire un peu de public. Or, là également c’est une grave infraction. En effet, Youssouf Z. COULIBALY lui-même enseigne à ses étudiants que l’escroquerie « est le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. » En se présentant comme celui qu’il n’est pas, Dr COULIBALY trempe dans l’escroquerie.

Par Sikou BAH




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