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samedi 23 octobre 2021
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Sans Tabou: durée de la transition, le Mali, le grand absent

A propos de la durée de la Transition, la Charte adoptée par les Forces vives de la Nation, le 12 septembre 2020, promulguée sous le DECRET N°2020-0072/PT-RM DU 1ER OCTOBRE 2020, ne laisse aucune parcelle au doute.

En effet, elle stipule en son article 22 : ‘’La durée de la Transition est fixée à dix-huit(18) mois à compter de la date d’investiture du Président de la Transition’’. En prenant les distances avec le débat des coupeurs de cheveux en quatre, parce qu’il y a eu deux prestations de serment, l’on peut s’autoriser à croire que la date d’investiture du Président de la Transition est le 25 septembre 2020. Le décompte est à la portée de tous pour déterminer la date de la fin de la période transitoire.
Cependant, des positions clivantes à la lisière de l’antagonisme se font jour.
Il se trouve en effet que les Maliens assistent à une avalanche d’associations qui demandent à gorge déployée une prolongation de la durée de la Transition. Un soufflet retentissant à la Charte de la Transition ? Ils ont leurs raisons qui valent ce qu’elles valent. En tout cas leur détermination est telle que l’on ne peut s’empêcher de prêter l’oreille au son du tocsin.
Par contre, les hommes politiques qui ont subi un coup de pompe dans leur hégémonie, dans leur frange importante, eux, font une fixation, si ce n’est une obsession sur le ‘’délai constitutionnel’’ (celui prévu par la Charte de la Transition) qui pourrait tourner à la paranoïa. Condamnés à expier leurs défaillances, il n’en demeure pas moins qu’ils portent le syndrome de la méfiance vis-à-vis des autorités de la Transition. Pour ces politiques, c’est un enjeu collectif impérieux de tenir les délais. Ce qui est exact à plus d’un égard.
Mais, il n’y a pas que l’article 22 dans la Charte de la Transition. Il y a également, en amont, l’article 2 qui stipule: ‘’Les missions de la Transition consacrées par la présente Charte sont notamment : le rétablissement et le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national ; le redressement de l’Etat et la création des conditions de base pour sa refondation ; la promotion de la bonne gouvernance ; la refonte du système éducatif ; l’adoption d’un pacte de stabilité sociale ; le lancement du chantier des réformes’’.
Le délai restant est-il suffisant pour réaliser ces missions qui sont celles assignées aux autorités de la Transition par les Forces vives de la Nations ? Le Premier ministre, Choguel Kokalla MAIGA est constant et confiant : les 18 mois seront respectés. Alea jacta est !
Pour autant, comme le diable prend souvent ses quartiers dans les détails, il y a ceux qui invoquent l’article 21 de la Charte pour dire que rien n’est écrit dans du marbre.
‘’L’initiative de la révision de la présente Charte appartient concurremment au Président de la Transition et au tiers (1/3) des membres du Conseil national de Transition.
Le projet ou la proposition de révision est adopté à la majorité des 4/5ème des membres du Conseil national de Transition.
Le Président de la Transition procède à la promulgation de l’acte de révision’’.
Ainsi, par une révision de la Charte, il sera possible d’excéder le délai de 18 mois.
In fine, si la question de la durée de la Transition polarise considérablement le débat au plan national, une question de fond ne devrait pas être occultée : que cherche-t-on réellement ? Pour certains, point besoin de se faire des nœuds au cerveau, c’est le pouvoir dans quelques mois. Pour d’autres, sous les apparences d’une transition réussie, c’est également le pouvoir. Dans les deux cas, le plus grand absent est le Mali. Pour le choc des consciences, merci de repasser…

PAR BERTIN DAKOUO




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