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samedi 8 mai 2021
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Sans Tabou: élections, le dialogue de sourds

A moins d’une année de l’organisation des élections, conformément à la Charte de la Transition, les différents (politiques, société civile et autorités de la Transition) sont partagés sur le mécanisme de gestion de ces scrutins. En effet, alors que le gouvernement travaille à remembrer la CENI, la société civile et une partie de la classe politique réclament la mise en place d’un Organe unique pour gérer ces consultations électorales. La preuve d’un véritable dialogue de sourds.

Le ministre de l’Administration territoriale, le Lieutenant-Colonel Abdoulaye MAIGA a présidé, hier mardi, le Cadre de concertation entre son Département et les présidents des partis politiques. Depuis quelques séances, les sujets évoqués par ce Cadre sont relatifs à l’organisation la prochaine élection présidentielle. Ce processus est attendu pour tourner la page de la Transition mise en place suite au coup d’Etat contre IBK, en août dernier. Mais, on n’est pas encore tiré d’affaire à cause des divergences.
En effet, à quelques mois de la tenue de ces scrutins, les positions des acteurs contrastent. Parce que les différentes parties ne partagent pas le même avis sur l’organisation de la présidentielle avec l’organe unique. C’est la pomme de discorde puisqu’ils sont divisés entre le pour et le contre. Conséquence, le processus s’enlise et crée une impasse sur cette consultation électorale. Et au sein du Cadre de concertation, c’est l’imprécision totale. Alors que les autorités de la Transition pensent à rendre opérationnelle la Commission électorale nationale indépendante (CENI), des partis politiques et des organisations de la société civile exigent l’organe unique dont la création a été prévue par la Charte de la Transition.
Pour sa thèse, le Premier ministre lors de la présentation du Plan d’action gouvernementale (PAG) devant le Conseil national de Transition (CNT) a relégué au second plan l’idée de la mise en place d’un organe unique. Puisque, selon lui, le délai imparti ne permettrait pas son opérationnalisation. « La transition est confrontée à des contraintes majeures et ne dispose pas de temps nécessaire pour rendre fonctionnel l’organe de gestion des élections afin de prendre en charge tout le processus électoral dans le respect strict de la durée de la transition », a déclaré Moctar OUANE devant l’organe législatif de la Transition.
Et lors du Cadre de concertation d’hier, le ministre de l’Administration territoriale a soutenu que le gouvernement est en train de travailler conformément à cette position du Premier ministre : pas d’organe unique pour la prochaine présidentielle. A cet effet, il faut, poursuit-il, trouver une formule pour rendre opérationnelle la CENI en l’absence d’une opposition et d’une majorité.
Si le gouvernement pense avoir tourné la page de l’organe unique, la majorité des partis politiques et de la société civile restent campés sur une position d’opposition. Ils réclament la création de l’organe unique pour organiser la prochaine présidentielle. De son côté, le Consortium des organisations de la société civile lors de sa conférence de presse du samedi 27 février interpellait vigoureusement les nouvelles autorités à aller vers la création de cet organe. « Il faut aller obligatoirement à la création d’un organe unique et indépendant de gestion des élections…Nous, en tant qu’organisation de la société civile, nous voulons un organe unique et indépendant de gestion des élections qui va s’occuper de toutes les phases des procédures électorales, qui va prendre en charge les missions du ministère de l’Administration territoriale, les missions de la CENI, les missions de la DGE et qui va proclamer les résultats définitifs. S’il y a des contentieux, les protagonistes iront à la cour constitutionnelle », a indiqué Ibrahima SANGHO, l’un des responsables du consortium.
Idem pour des responsables politiques qui dans la majorité plaident pour la création de cette structure. Ils soutiennent que cela minimiserait les fraudes électorales, le tripatouillage des suffrages exprimés.

Par Sikou BAH




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