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dimanche 24 octobre 2021
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Sans Tabou: entretien routier, quand l’État s’embourbe

En cette période hivernale, les usagers de la route vivent un véritable calvaire, dans l’indifférence presque totale d’un Gouvernement qui investit pourtant des milliards chaque année pour l’entretien des infrastructures. Les eaux de pluie rendent en effet plusieurs routes impraticables pour plusieurs raisons. Si l’on note très souvent l’obstruction des caniveaux par les ordures de toutes natures comme la cause des inondations de plusieurs voies, le mauvais entretien des routes est également l’une des causes.

Entre les nids de poule, les gravats et les eaux stagnantes dues à l’érosion du bitume, tous les habitants de la capitale reconnaissent que les routes sont impraticables en cette période hivernale.
De nos jours, c’est le parcours du combattant pour les usagers sur la plupart des axes de nos réseaux routiers à travers le pays.
Dans la capitale, ce ne sont pas les usagers du rond-point de la Place de la liberté qui diront le contraire. Car, chaque année (devant la mairie du district) c’est souvent le déluge après chaque pluie.
Il en est de même sur l’axe Bamako-Koulikoro, notamment au niveau de l’Ambassade de Chine au quartier Hippodrome, aux feux tricolores près du Lycée Kodonso (Djélibougou), et toute la bretelle qui passe devant le Lycée Fily Dabo SISSOKO.
En commune II, l’état des rues 14 et 18, ainsi que la bretelle qui passe derrière le Champ hippique, en dit long sur le calvaire des usagers et des riverains.
Au quartier Hamdallaye ACI, des habitants soutiennent qu’il n’y a aucun caniveau d’écoulement des eaux au point que certaines rues deviennent inaccessibles jusqu’à la fin de l’hivernage.
Sur l’axe du troisième pont-route de Ségou, des travaux sans fin occasionnent la dégradation de ce tronçon en passant par la route de Missabougou mettant en danger la vie des riverains.
Ce qui est évident, les exemples ne manquent pas en cette période où c’est chacun pour soi, mais le calvaire pour tous sur beaucoup de routes à Bamako et à l’intérieur.
Cet état piteux de nos routes est souvent à l’origine d’accidents très graves mettant en péril la vie de beaucoup d’usagers.
Le phénomène est récurrent depuis plusieurs années déjà. Certains axes deviennent en quelque sorte ‘’un sens interdit’’ pour les usagers qui sont bloqués à cause des eaux qui coupent littéralement le passage aux engins.
L’État est souvent accusé d’être responsable en ce sens que certaines entreprises bénéficiaires des marchés ne font pas correctement les travaux des entretiens réguliers des routes.
Pourtant, chaque année, l’Etat débloque des milliards de francs CFA pour assurer l’entretien de ces voies.
De l’autre côté, les municipalités ne sont pas sans reproche, selon des Bamakois qui soutiennent qu’elles ne s’occupent pas correctement de l’entretien des caniveaux.
Les populations aussi ne sont pas exemptes de reproches quand on sait que plusieurs ménages profitent du passage des eaux qui leur servent de moyens de transport de leurs ordures vers le fleuve.
Malheureusement, ces ordures finissent par obstruer les caniveaux empêchant l’eau de suivre son cours normal jusqu’au fleuve.
Selon certains spécialistes, les routes se dégradent rapidement parce qu’elles sont construites de façon approximative, malgré leur coût très élevé.
Aussi, ils ajoutent que les routes au Mali ne font pas l’objet d’entretien régulier et le règlement relatif aux charges de transport n’est jamais appliqué.
« Normalement, l’entretien d’une voie bitumée débute cinq ans après sa construction », indique un ancien directeur des routes.
En 2018, la Direction nationale des Routes affirme avoir dépensé « seulement » 25 milliards FCFA dans l’entretien des routes pour un besoin réel estimé à 84 milliards FCFA.
Certains tronçons entretenus, en 2020, devront recevoir la visite des agents d’entretien en 2021, au même endroit.
Pis, des routes à peine construites doivent parfois être entretenues avant leur mise en service officielle.

Par Abdoulaye OUATTARA




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