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dimanche 15 septembre 2019
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Sans Tabou: Grève illimitée dans les CSRéf, une violation du serment d’Hippocrate

Depuis le jeudi dernier, les Centres de santé de référence (CSRéf) des six communes du district de Bamako sont paralysés par un mot d’ordre de grève illimitée des syndicats du secteur qui réclament des collectivités, 30 % des recettes générés par ces structures. Si la grève relève d’un droit garanti pour tous les travailleurs au monde, cette nouvelle mode de grève sans service minimum utilisée par les agents de santé syndicalistes relève d’une violation du serment d’Hippocrate.

Certes, la grève est un droit constitutionnel reconnu dans notre pays. Mais dès qu’elle abuse des droits des populations d’accéder au service minimum en matière de soins médicaux, elle devient une injustice source de tension. Et pourtant tel est le cas, depuis ce 15 août 2019, date à partir de laquelle, les syndicats des six CSRéf de Bamako ont entamé une grève illimitée, sans service minimum. Cette pratique, en ces temps de modernité, donne à cette grève des blouses blanches, un caractère sauvage décrié par les usagers de ces services qui endurent, depuis des souffrances aux conséquences incalculables. Et pourtant, pour ces populations, ces grévistes avant leur prise de fonction ont promis de donner le meilleur d’eux-mêmes en vue de sauver leur vie. Sans vouloir offenser qui que ce soit, nous estimons que cette grève, qui se manifeste par une paralysie totale des services, n’est à l’honneur de personne, ni même des syndicalistes qui semblent trouver ainsi une opportunité de faire changer leurs conditions de vie et de travail.
Selon les grévistes, les 30 % de recettes revendiqués par les travailleurs est un droit acquis par une loi adoptée en 2007. Les maires, de leur côté, confirment l’information, mais reconnaissent qu’« il n’y a pas d’argent dans les comptes ». En attendant une solution, les patients et parents ruminent leur colère et interpellent les autorités.
Si certains disent comprendre l’esprit de cette grève, d’autres en revanche estiment que « les médecins ne devraient pas observer une grève illimitée sans service minimum, parce que la santé des patients devrait être prioritaire, selon leur serment ».
Au demeurant, si une solution n’est pas trouvée, grévistes et autorités risquent d’avoir beaucoup de morts sur leur conscience en cette période où les cas de paludisme aigu font généralement légion notamment chez les enfants et les femmes enceintes.
Un tour dans certaines structures de santé de notre pays prouve à suffisance l’urgence à parer à cette situation. Si les travailleurs croient comme fer à la légitimité de leurs revendications, l’État a aujourd’hui l’obligation de faire efficacement face aux besoins de santé de nos populations, peu importe la manière, dans ce contexte de débrayage sans limites de nos blouses blanches.
Malheureusement, à l’état actuel des choses, les malades devraient encore prendre leur mal en patience, pour combien de temps, l’on ignore encore.
Comme le dit l’adage, « Quand deux éléphants se battent, c’est les herbes qui payent les frais… » Dans ce contexte, nous ne pouvons que prier pour que les parties reviennent rapidement à de meilleurs sentiments.
Par Abdoulaye
OUATARA




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