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dimanche 24 octobre 2021
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Sans Tabou: Inondations, le désespoir de l’abandon

À défaut d’un schéma d’urbanisme opérationnel pouvant faciliter l’écoulement facile des eaux de pluie, l’opération de curage des collecteurs et caniveaux est une alternative pour minimiser les inondations dans la capitale. Comme en 2020, cette année, une très grande partie de Bamako risquerait d’être privée de cette opération, alors que l’urgence est là.
Les pluies diluviennes de ces derniers jours sont en train d’inonder plusieurs quartiers de Bamako. Des images des inondations sont effroyables. Et les témoignages de certaines victimes donnent froid dans le dos.

Face à la situation, les autorités de la transition ne semblent pas dans une posture de prévention. En effet, les opérations de curage de collecteurs et de caniveaux initiées, en prélude à la saison pluvieuse, risquent de ne pas tenir convenablement.
En tous cas, la mairie du District qui met en œuvre cette opération a affirmé n’avoir pas les moyens financiers de la réaliser cette année. Le motif avancé par le maire Adama SANGARE est d’ordre financier, la faible mobilisation des recettes, mais aussi le faible accompagnement de l’État des collectivités. Le maire a dénoncé qu’il y a eu le transfert de compétence sans les ressources.
De ce fait, depuis quelques mois, le maire du District a informé les autorités de la situation tout en les alertant sur ses conséquences.
« Pour cette année, nous avons déjà entrepris des démarches auprès de nos autorités pour la mise à disposition de fonds nécessaires à la prise en charge des frais de curage et nous avons bon espoir pour la suite », a indiqué le maire Adama SANGARE.
Mieux, la cellule technique d’appui aux collectivités, sur son instruction, a pu identifier les points sensibles en vue de faciliter le travail.
La mairie a dit être incapable d’accomplir cette mission. Du côté du gouvernement, c’est presque le même message. Mais, cette fois-ci, de façon voilée. En effet, malgré l’alerte et les actions d’anticipation effectuées par la mairie, les nouvelles autorités semblent sereines comme si tout se passe bien. Leur comportement face aux défis contraste avec le discours de rupture qu’elles ne cessent de tenir.
C’est seulement quelques endroits du district qui ont pu bénéficier de cette opération de cette année. Mais de quelle manière ? Comment elle a été faite ?
Contrairement aux années précédentes, l’initiative concerne presque tous les grands collecteurs de Bamako. Mais cette année, ce sont quelques-uns qui ont été choisis, à l’image du collecteur séparant les quartiers de Korofina et de Djélibougou en commune I du District de Bamako.
C’est une partie de cet ouvrage qui a été curée sous les projecteurs des caméras, en grande pompe. Mais à la fin des travaux, la déception était à son comble. Des riverains crient à une opération de Com plutôt qu’une mission de prévention d’inondation.
« Une partie des déchets et boues enlevés s’est ensuite retrouvée dans le collecteur. Après, nous les riverains avons décidé par la force de nos bras de faire que ce l’on peut », témoigne un habitant de la zone.
Selon un responsable de la mairie, en attendant une prompte réaction des autorités de la transition, il appartient à la population de s’organiser et de planifier des mesures de prévention contre d’éventuelles inondations.
Il conseille aux jeunes de s’unir pour des travaux de curage des caniveaux et de certains collecteurs en vue de permettre à l’eau de s’écouler normalement. Pour le moment, c’est la seule alternative. Pour lui, l’heure n’est plus à compter sur l’État.

Par Sikou BAH




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