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mardi 2 juin 2020
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Sans Tabou: pandémie coronavirus, l’amateurisme des autorités nationales

Alors que la presque totalité des pays voisins du Mali ont déjà mis en en place de véritables plans de riposte face à la pandémie du coronavirus, les autorités du Mali s’illustrent par leur amateurisme abandonnant les populations et tous les secteurs économiques et sociaux à leur triste sort. Les autorités se livrent à un pilotage à vue.

Contrairement aux pays de la sous-région comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Niger, la Mauritanie…, depuis le début de la crise du COVID-19, le Mali s’est limité à la prise de mesures de restriction de certaines libertés, fermeture des frontières terrestres et aériennes, fermeture de bars, restaurants et clubs, restauration de couvre-feu de 20 h à 6 h du matin limitation de passagers dans les transports, fermeture des sites d’orpaillage ou interdiction des activités d’orpaillage… Depuis, une question est au bout de toutes les lèvres : comment payer les impôts, les factures d’eau et d’électricité ? Comment faire vivre la population qui n’est presque plus en activité ? Comment prendre en charge les malades, les indigents ?

Là, semble être le dernier souci du gouvernement du Mali. Ce qui semble l’intéresser plutôt, c’est comment se partager les six milliards de francs annoncés par le président de la République pour faire face à la pandémie. Comment se partager également les fonds qui seront virés par les bonnes volontés dans le compte spécial coronavirus du gouvernement. Pouvait-il en être autrement ? Nous n’en pensons pas. Dans un pays gouverné par le pilotage à vue, depuis plus de dix ans, dans un pays où le détournement des derniers publics, le népotisme et la médiocrité sont érigés en mode de gouvernance, le réveil ne peut être brutal pour les autorités.

Alors que nos ‘’fadenw’’ cherchent à se procurer d’un cheval, nous nous contentons de marchander la queue de l’animal, comme le disait le chanteur Amadou Bagayoko (dow bè so sanna, dow bè so ku tèrèmèla). C’est affligeant pour le Mali de Ibrahim Boubacar Keita. En tout cas, c’est le faussé qui sépare aujourd’hui le Mali de la plupart de ses voisins où les autorités se montrent aujourd’hui visionnaires pour leur pays.

Par exemple, en Côte d’Ivoire, le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, a annoncé un Plan de soutien économique, social et humanitaire évalué à 1 700 milliards de FCFA. À travers ce plan, l’État de Côte d’Ivoire s’engage à appuyer les entreprises et l’économie du pays. Aussi, des mesures sociales sont prises en faveur des populations. L’on peut citer entre autres : suspendre les contrôles fiscaux pour une période de trois mois ; reporter de trois mois le paiement des taxes forfaitaires pour les petits commerçants…

Au Sénégal, le président Macky Sall a validé depuis le 2 mars dernier, le plan de riposte face à l’épidémie de coronavirus estimé à 1 milliard 450 millions F CFA.

Au Niger, le président Issoufou a affirmé que l’État prendra en charge les factures d’eau et d’électricité des mois d’avril et de mai pour les tranches sociales défavorisées et que des vivres seront distribués gratuitement pour les personnes démunies. En ce qui concerne les mesures fiscales, le Niger a annoncé le report de la date du paiement de la vignette 2020 et la suspension des contrôles fiscaux pendant deux mois.

En Mauritanie, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a annoncé la création d’un fonds national de solidarité sociale «pour lutter contre le coronavirus et ses conséquences». Selon lui, ce fonds est destiné à financer des actions, dont l’acquisition de médicaments, l’appui à 30 000 familles pauvres, la prise en charge, par l’État des taxes douanières, pour le reste de l’année, de l’ensemble des impôts et taxes douanières sur les importations de blé, d’huile, de lait en poudre, de légumes et de fruits.

Au Mali, dans sa fuite en avant, l’État met en place un fonds spécial et compte sur les bonnes volontés pour le renflouer. En absence d’une vision claire des autorités nationales, des appels à la réticence se multiplient vis-à-vis de cet appel à la solidarité nationale, bien que conforme aux lois de la république.

PAR MODIBO KONE




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