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vendredi 30 juillet 2021
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Sans Tabou: pénurie de l’huile, une mafia organisée contre les consommateurs

Depuis un mois, l’huile raffinée se fait rare sur le marché à Bamako. Les Raisons de cette pénurie s’expliquent, selon des sources, par la présence d’une mafia organisée autour de la politique d’attribution du marché de ravitaillement par le service technique du Département ministériel de l’Industrie et du commerce. Une situation dont les Maliens, notamment les habitants de la capitale souffrent depuis des années.
La licence d’importation étant attribuée à des tierces personnes qui prennent en otage le sort de 20 millions de consommateurs maliens, qui ne savent plus à quel saint se vouer ces derniers temps.
En effet, la production malienne de certains produits comme le sucre et le l’huile raffinée ne pouvant pas couvrir le besoin national, le pays fait recours à l’importation, à travers des commerçants. Même avec la quantité de graine de coton achetée hors du pays, les huileries du Mali ne pourront combler que 20% du besoin national.
Le hic : de nos jours, ces denrées de forte demande sont en rupture sur le marché. Et à cause de celle-ci, le prix d’achat de l’huile sur le marché a fortement augmenté. Ne dit-on pas que « ce qui est rare est cher ». Mais derrière, cette situation se cache une véritable mafia entretenue par des responsables de ce pays. Pour eux, la seule chose qui vaille est leur intérêt. Celui de la nation est le dernier de leur souci.
En effet, seuls quelques protégés de la république, seulement trois personnes, disposent à ce jour d’autorisation d’importation d’huile raffinée dans tout le pays. Une situation de mafia imposée par certains malgré ses conséquences au détriment des consommateurs laissés à leur triste sort.
Aujourd’hui, Barouni GAMBY (SODIMA) ; les représentants de la Société BOCOUM et Frères ; et Michel DIARRA sont cités comme étant les trois opérateurs habiletés à ravitailler le Mali en l’huile alimentaire. Et gare à un autre commerçant de faire rentrer un bidon.
«Nous nous ravitaillons tous auprès de la SODIMA de petit Barou ou chez Boucoum et Frère. S’il y a rupture de stock chez eux, nous les centaines de commerçants qui demandent de ces deux tombent en rupture aussi. On nous a dit que personnes ne peut faire rentrer l’huile Dinor à part petit Barou et deux autres commerçants. Il faut que cela cesse, pour que les maliens ne souffrent pas de cette pénurie. Il faut aussi noter que le peu qui reste est devenu intouchable. Car, de 9 000 FCFA, le bidon de 20 litre de Dinor se vend à 20 000 CFA en gros », a fait savoir un semi-grossiste au Marché de Golonina devant les agents de contrôle de la Direction régionale du commerce venus s’enquérir des raisons de cette pénurie d’huile alimentaire sur le marché.
Pire, les trois importateurs attitrés par l’Etat se ravitaillent seulement en Côte d’Ivoire. C’est la raison pour laquelle nous ne voyons que les huiles d’une seule sur le marché. Le Sénégal, la Mauritanie et même la Turquie qui sont des exportateurs d’huile alimentaire de qualité sont virés par ces trois importateurs pour des raisons que les populations ignorent.
Selon le représentant de la SODIMA, la pénurie d’huile sur le marché s’explique par le fait que les firmes ivoiriennes ne roulent pas en plein régime à cause des délestages intempestifs que vit le pays.
« Le peu de l’huile qui se produit chez eux est réservé à la consommation nationale », a-t-il expliqué aux agents de la DNCC.
Cette attitude de l’Etat est jugée révoltant par certains consommateurs, puisque selon eux, les plus Hautes autorités ne font rien pour soulager la souffrance des maliens.
«Les responsables Maliens ne pensent qu’à leur poche. Sinon pourquoi laissez le sort de 20 millions de maliens dans les mains de trois personnes qui semblent ménager des efforts pour nous ravitailler en huile. En plus de l’huile alimentaire, d’autres produits de première nécessité connaissent le même sort. Si dans une semaine le marché n’est pas ravitaillé, nous allons manifester pour monter notre désarroi aux plus Hautes autorités », a dit la présidente du Front populaire contre la vie chère.
Signalons que les Maliens déplorent l’indifférence des autres associations dites de défense des droits des consommateurs face à cette attitude du gouvernement qui fait la sourde oreille au cri de cœur des consommateurs.

PAR SIKOU BAH




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