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vendredi 30 juillet 2021
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Sans Tabou: prix de la viande, un arrangement dérangeant

Le prix du kilogramme de viande avec os sera ramené à 2.300 FCFA et celui sans os est à 2.800 FCFA à compter du lundi 12 juillet 2021, pour une durée de deux mois, à Bamako et Kati. Telle est la bonne nouvelle qui est tombée ce 6 juillet après d’âpres négociations entre la Fédération nationale des syndicats de bouchers et le Gouvernement.

Pour obtenir que les bouchers lâchent du lest en revoyant à la baisse leurs prétentions pécuniaires, le Gouvernement s’est engagé sur deux mois de subventions directes. Pour le coût de l’opération d’assistance humanitaire de populations en danger, l’on ne sait que dalle.
Empêtrées dans une situation des plus inextricables de flambée généralisée des prix des denrées de première nécessité, pour une fois, les autorités pensaient avoir eu l’idée du siècle ; ça s’est transformé en bide mémorable.
Ce lundi 12 juillet, était le jour annoncé comme celui de la délivrance des usuriers, des pressureurs et de tous les spéculateurs de la pire espèce qui infestent et infectent la filière bétail-viande.
Mais, catastrophe. Ce lundi 12 juillet, les choses ne se présentent pas sous de bons auspices. À l’évidence, les interlocuteurs du Gouvernement de la Fédération nationale des bouchers ont pris des engagements qui n’engagent qu’eux seuls. Les bouchers n’en ont rien à cirer et ils l’ont fait savoir de la pire des manières en privant les DIARRA et avatars de leur bonheur quotidien de briser des os, en de nombreux endroits de la capitale hier.
En effet, tel un défi bravache, au lieu de ramener le prix du kilogramme de viande de bœuf aux prix convenus avec la Fédération nationale des bouchers ; des bouchers ont tout simplement décrété une journée sans viande hier, pour le plus grand bonheur ceux qui sont en régime sans viande rouge ; mais pour en rajouter à l’exaspération des populations prises à la gorge par des spéculateurs rapaces sans foi ni loi prêts à marcher sur la misère et la désolation de leurs congénères pour satisfaire leur âpreté au gain.
Raison invoquée par les bouchers réfractaires : « le prix d’achat du bétail sur pied n’a pas diminué, en vertu de quoi faudrait-il réduire le prix de vente du kilogramme de viande ? Ceux qui sont allés faire des ententes sécrètes avec le Gouvernement, ce sont eux qui sont cernés par la réduction du prix du kilogramme de viande. Il ne faut pas rêver debout ». Un boucher de Nyamana fulmine avec un cynisme fantasque et dit ne rien comprendre de cet arrangement dérangeant, hautement préjudiciable à leurs affaires dans lequel il n’est prêt à s’embarquer pour le moins du monde.
Au niveau des 3260 logements sociaux, le boucher A.T. témoigne qu’il n’y a eu d’abattage nulle part en guise de protestation contre le protocole d’accord qui se présente comme celui du désaccord entre le sommet et la base syndicale des bouchers.
Voilà, remède qui est devenu pire que la maladie de la cherté du prix de la viande de bœuf dans la capitale et alentours.
Va-t-on à présent servir à la population la martingale du retour des animaux avec la période hivernale pour espérer une baisse des prix ou compter sur la bonté divine comme c’est le cas avec les prières tous azimuts organisées dans les églises, les temples et les mosquées pour la réussite de la Transition ?
Complexe, le dossier est également hautement inflammable et le gouvernement compte visiblement éviter d’attiser les tensions, sans avoir à débrider son imagination qui ne semble pas voler plus haut que les logorrhées de solutions éculées où le superficiel chasse l’essentiel. La faute à une tare congénitale : les mesures d’urgence ou le bidouillage. C’est à croire que l’on tombe de Charybde en Scylla dans ce Bled où l’horizon s’assombrit, nonobstant les promesses mirobolantes.

PAR BERTIN DAKOUO




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