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mercredi 25 mai 2022
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Sans Tabou: sanctions de la CEDEAO, la solidarité sélective de la France

Depuis le dimanche 9 janvier notre pays croupit sous le joug des sanctions économiques et diplomatiques de la CEDEAO et de l’UEMOA. En plus des pays de la CEDEAO, la France s’est mêlée à la danse en enfonçant le clou. Une position qui provoque l’indignation des Maliens et des soutiens du Mali à travers le monde. Dans sa volonté d’asphyxier le Mali qui fait face à une crise sécuritaire depuis plus d’une décennie, la France veut être roi plus que le roi. Heureusement, sa volonté d’amener le conseil de sécurité des Nations unies d’entériner les sanctions de la CEDEAO a été bloquée grâce au soutien de la Russie et de la Chine. Qu’est ce qui explique alors cette position de la France de vouloir asphyxier le Mali ?

Les Maliens sont à la fois agacés par les sanctions irréfléchies de la CEDEAO et de l’UEMOA contre notre pays et le soutien de la France. Selon beaucoup d’observateurs avertis, la position de la France contre notre pays s’explique par le renforcement de la collaboration entre le Mali et la Russie ces derniers moments.

Dans une publication sur sa page Facebook hier jeudi, Assane SIDIBE, membre du Conseil national de transition, s’insurgeait en ces termes : « Quand la France utilise Air-France comme arme de répression contre la population et la diaspora malienne qui pourtant contribue à sa production de richesse ! Quel aveuglement ! Si la France veut sincèrement être solidaire de la CEDEAO, alors : pourquoi Paris ne rappelle pas son ambassadeur à Bamako ? Pourquoi en plus d’air France, Paris n’interdit pas aux entreprises françaises présentes au MALI d’y faire des affaires ? Ou s’agit-il d’une solidarité sélective ? Des questions à méditer ! Courage aux Patriotes d’Afrique et nous triompherons de ce néocolonialisme Inchallah ».

Dans un communiqué, le ministre des Transports et des Infrastructures a informé l’opinion nationale et internationale que la Compagnie aérienne Air France a décidé, d’après l’information notifiée aux autorités aéroportuaires du Mali par sa représentante à Bamako, de suspendre tous ses vols à la destination et au départ de Bamako, jusqu’à nouvel ordre.

Pour le département des Transports, cette décision brusque a été prise par Air France sans consultation préalable et sans qu’aucune justification ne soit donnée aux autorités aéronautiques maliennes, alors que le mardi 11 janvier 2022 la compagnie avait soumis un plan de vol réorganisé en fonction de la situation. Dans son communiqué, le ministre des Transports et des Infrastructures a regretté les désagréments causés aux usagers du transport aérien.

Le mardi 11 janvier également, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni et s’est divisé sur la situation au Mali. Certains pays de la CEDEAO et la France avaient voulu rassembler le Conseil pour qu’il adopte une position unie à l’égard des autorités de la transition. Ces pays, à leur tête la France, voulaient que la communauté internationale se range derrière la CEDEAO. Heureusement, la Russie et la Chine ont bloqué le projet de déclaration.

En voulant imposer des sanctions au Mali, la CEDEAO et la France punissent en premier lieu le peuple malien. Le plus souvent les sanctions finissent par causer beaucoup plus de souffrances à la population civile qu’aux décideurs politiques et économiques qu’elles étaient censées viser.

C’est pourquoi la France et ses alliés de la CEDEAO  et de l’UEMOA devraient penser à la souffrance des populations en faisant l’économie de ces sanctions qui ne feront que replonger le pays dans le gouffre.

PAR MODIBO KONÉ




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