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samedi 27 novembre 2021
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Sans Tabou: transition, le concours de muscle ?

Après la pipolisation de la politique, place à la téléréalité politique. Les diatribes à l’accent guerrier, les réquisitoires tapageurs jugés politiquement incorrects menés par Poulo, Président du Cadre d’Echanges des Partis et Regroupements des partis politiques pour une Transition réussie au Mali, dans le rôle de poil à gratter des autorités de la Transition, lui ont, semble-t-il, valu un kidnapping raté par de mystérieux ravisseurs, dont on ne devrait plus s’encombrer de vouloir démasquer les commanditaires.

L’on ignore si le Président de la Convergence pour le Développement du Mali (CODEM), Housseini Amion GUINDO doit son salut à sa vélocité, ses longues jambes étant un atout majeur dans le sprint ou à sa science occulte du camouflage ou d’évanescence.
Bref, il ne s’est pas fait chopé réussissant à se fondre dans la nature. Il faut rappeler qu’en matière de camouflage, la nature est le meilleur allié. Les bidasses le savent mieux que quiconque.
L’idée de l’ancien ministre pour tous les amateurs de sports et observateurs du marigot politique malien, où grouillent toutes sortes d’amphibiens et pas toujours des plus bienveillants, paraissait lumineuse.
Parce que l’argumentation cède le pas à l’intimidation, la délibération s’incline sous le poids de la pression, alors que les propositions de réponses sécuritaires, sociales et politiques ajustées au plus près des aspirations des populations ne sont que rarement au rendez-vous. Des dérives aussi organisées qu’inquiétantes en ces moments d’apnée démocratique où les fora sont devenus des aires de paresse intellectuelle, des déserts de réflexion, une « rectification de la trajectoire » relèverait de l’urgence la plus absolue.
À rebours des manipulations idéologiques, démagogiques et populistes, il faut se battre pied à pied pour sauver l’essentiel, le Mali qui ne coïncide malheureusement pas avec les agendas de la plupart des nouveaux oracles qui battent les estrades avec un vrai talent oratoire propre à endormir les oreilles non averties.
Dans le cas de Poulo, avec un optimisme raisonné, l’on peut dire que tout est bien qui finit bien. Un épisode de la téléréalité politique consacré à des garanties de sécurité est annoncé.
La bonne nouvelle est de Poulo lui-même : « Je tiens personnellement à remercier toutes celles et ceux qui ont manifesté de la solidarité dans l’épreuve que nous venons de vivre ma famille et moi-même.
Je salue particulièrement le ministère de la sécurité avec lequel j’ai pu entrer en contact et qui s’est porté garant de ma sécurité ainsi que de celle des miens. De ce fait, j’ai pu regagner mon domicile l’esprit rassuré ». C’est la fin de la clandestinité et un retour plus ou moins serein en famille.
Mais est-ce la fin du verrouillage de la critique à coup d’exhibition des biceps?
L’exercice de refondation devrait interpeller quant au respect de certains fondamentaux en lien avec la démocratie, tel le droit « à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion, d’expression et de création dans le respect de la loi » (article 4 de la Constitution).
Pour cela, il faut dératiser les officines gangrenées par les idéologies radicales, sortir des combats d’arrière-garde, d’un délire complotiste commun à tous ceux qui se sont inscrits dans une logique de détestation de la différence, de blackbouler l’autre pour ses opinions.
« C’est la différence qui est jolie », chantait le Rossignol Salif KEITA, l’ambassadeur de la musique malienne.

PAR BERTIN DAKOUO




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