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samedi 27 novembre 2021
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Terrorisme: la piteuse guerre des mots

Certaines officines, en reportage commandé à Gao, rapportent : « À la veille du G7 au Royaume-Uni, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait opérer une « transformation profonde » de sa présence militaire au Sahel, et la fin de l’opération Barkhane. (…) Transformation donc. Mais le terme a trop souvent été supplanté par ceux de «réarticulation», «redéploiement», «désengagement» et même «retrait». L’amalgame avec le piteux «retrait» américain d’Afghanistan (NDLR : l’opinion internationale peut témoigner que les Américains n’étaient pas les seuls en Afghanistan et que leur retrait bel et bien annoncé a tellement flanqué la frousse à la France qu’elle organise en tapinois une déroute planifiée pudiquement appelée « transformation profonde ») a vite suscité des interrogations, des raccourcis, voire des accusations de lâchage. Certains des partenaires de la France au Sahel ont accusé le coup ».
Sans être des Gaulois, nos ancêtres l’étaient au même titre que ceux de notre « partenaire historique » et nous nous y connaissons également dans les subtilités de la langue de Molière.
Transformation ne signifie pas retrait ; mais il n’en demeure pas moins que c’est le président MACRON qui a annoncé « la fin de l’opération Barkhane en tant qu’opération extérieure et la mise en œuvre d’une alliance internationale associant les États de la région ».
Selon SudOuest avec AFP, dans une publication du 11 juin 2021 : « Après plus de huit ans d’engagement massif, Emmanuel Macron a annoncé jeudi une réduction de la présence militaire française au Sahel, marquée par la fermeture de bases, et une réarticulation de la lutte antijihadiste autour d’une « alliance internationale » associant des Européens ».
«Evidemment la France n’a pas vocation à rester éternellement au Sahel (…). Il est vraisemblable qu’il faille adapter le dispositif Barkhane », déclarait pour sa part peu de temps avant le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en déplacement à Abidjan, sans plus de précisions.
Invité le vendredi 18 juin 2021 de RMC et BFMTV, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères est revenu sur l’annonce de la fin prochaine de l’opération Barkhane au Mali et au Sahel : « Il y aura moins de soldats français, mais plus de soldats européens ».
Le message est clair : l’intervention française va désormais connaître une transformation radicale et en profondeur qui passera par la fermeture de bases de l’armée françaises. Selon des sources françaises, l’opération Barkhane dispose de plusieurs bases au Mali dont certaines pourraient être fermées à moyen terme. A l’horizon 2023, les effectifs français devraient tourner autour de 2500 personnes selon l’une de ces sources. Paris déploie quelque 5100 soldats contre les djihadistes affiliés au groupe Etat islamique (EI) et à Al-Qaïda.
Concrètement, Paris a abandonné ses emprises de Kidal et de Tessalit et ce sera prochainement le cas de Tombouctou.
De même, c’est un secret de polichinelle que c’est Niamey qui est devenue la nouvelle plaque tournante du dispositif militaire français au Sahel. La preuve : les soldats français qui ont eu maille à partir avec les populations au Burkina-Faso ne se rendaient pas sur un théâtre d’opérations, mais se repliaient sur le Niger.
En amplifiant à souhait le « retrait piteux » des Américains d’Afghanistan, notre « partenaire historique », en réalité créait un écran de fumée pour dissimuler sa déroute au Sahel après une guerre de 8 ans pour des résultats faméliques.
Autant elle n’a pas gagné la guerre contre les terroristes, autant elle n’est pas prête de gagner la guerre des terminologies. Ce d’autant plus que les populations sont de plus en plus ombrageuses à son égard. Et pour cause, la MINUSMA est son appendice. Parmi les exploits de cette force onusienne, il y a l’établissement d’une zone temporaire de sécurité large de 10 kilomètres et située entre Anéfis et Almoustarat ; l’instauration d’un périmètre de sécurité de 20 km autour de Kidal, dans les deux cas, pour protéger la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) ; la répression d’une manifestation contre la signature d’un « accord pour l’établissement d’une zone temporaire de sécurité » entre la MINUSMA et la CMA qui a fait au moins trois personnes tuées et de nombreux blessés.
Pour la population dubitative, la fameuse « Alliance internationale » n’est qu’un autre appendice qui ne produira pas davantage de résultats dans le cadre de la sécurisation de notre territoire.
Donc, ce ne sont pas avec des mots qu’il faut soigner des maux.

PAR BERTIN DAKOUO




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