Search
vendredi 24 septembre 2021
  • :
  • :

transformation de déchets en énergie: la mairie du District et la société E2S signent un protocole

La mairie du District de Bamako et Energie solution système (E2S) ont signé hier jeudi un protocole d’accord de construction de centrale de transformation de déchets en énergie. La mise en œuvre de ce projet contribuera à la lutte contre l’insalubrité tout en générant 40 MW d’énergie qui renforceront les capacités de l’EDM-SA déjà en grande difficulté pour répondre à la demande.

Le maire du District de Bamako et le président du SAER Group auquel est affilié E2S respectivement Adama SANGARE et Diadié dit Amadou SANKARE ont signé le protocole d’accord de mise en œuvre de ce projet. C’était en présence du ministre des Mines, de l’énergie et de l’eau, Seydou Lamine TRAORE, et du représentant du ministère de l’Administration territoriale.
L’initiative a deux vocations majeures.
D’abord, il vise à lutter contre l’insalubrité, à travers la transformation des déchets puisqu’à ce jour, Bamako produit en moyenne par 1 800 tonnes de déchets solides. A défaut de décharge finale, la plupart de ces ordures sont laissées aux différents dépôts de transit.
Ensuite, renforcer la capacité de l’EDM-SA à partir de l’énergie qui sera générée par la transformation des déchets.
Ainsi, cette centrale dont la construction est prévue à Sanankoroba, viendrait combler réel besoin de la mairie du District de Bamako qui, chaque année, est entre urgence et solution intérimaire pour gérer la question d’assainissement.
Le président du Group SAER est persuadé que la mise en œuvre de ce projet changera le mode de vie de la population.
Toutefois, sollicite-il, sa réalisation nécessite un accompagnement de la mairie du District en charge de la question de l’assainissement. Ce d’autant plus, soutient-il, la centrale qui sera installée aura une capacité 40 MW d’électricité destinés à être versés dans le circuit interconnecté de l’EDM-SA. Pour atteindre cet objectif, la centrale doit transformer 1 500 tonnes de déchets par jour.
« Ce projet consiste à coup sûr une réponse appropriée au déficit énergétique qui handicape le développement du pays. Aussi, c’est une solution à la problématique des dépôts de transit qui foisonnent dans le District de Bamako et le Grand Bamako avec les conséquences d’insalubrité et de maladies », a déclaré le président du Group SAER.
Ce projet aussi innovant que structurant, comme il le qualifie, prendra en compte tous les acteurs, a-t-il promis. De la collecte auprès des ménages, à la valorisation au niveau de l’unité de production, en passant par les dépôts de transit.
Outre la transformation des déchets en énergie, il est prévu de faire des résidus des fertilisants agricoles qui aussi à leur tour résoudront la problématique du développement de l’Agriculture, a ajouté Diadié SANKARE.
Puis, il a rassuré que la préservation de l’environnement restera une constance dans la mise en œuvre de ce projet, à travers le traitement de déchets et la technologie utilisée à cette fin.
« L’unité intègre tous les aspects de la protection de l’environnement », a-t-il promis.
Ce projet, en plus de son profit, est un véritable service public d’un montant de 130 milliards de FCFA et permettra de 6 000 emplois directs et indirects.
Par ailleurs, il a affirmé que sa filiale est en train également de se pencher sur la transformation des boues de vidange de Bamako. Cela favorisera, dans sa mise en œuvre, le développement des activités de maraîchage.
Pour sa part, le maire du District de Bamako, Adama SANGARE a profité de l’occasion pour dire certaines vérités dans le cadre de l’assainissement de la ville.
« Sans l’accompagnement de l’Etat, la ville de Bamako ne sera jamais propre. Et Bamako sera davantage sale. Ce n’est pas la volonté qui a manqué aux différents élus. Ce ne sont pas les initiatives qui ont manqué. Et ce ne sont pas les partenaires qui ont manqué. Mais le manque d’engagement de l’Etat à accompagner les différents projets », a déclaré le maire du District de Bamako.
Pour autant, souligne-t-il, l’assainissement dans la ville de Bamako est une priorité.
L’image insalubre de Bamako ne fait la fierté de personne, a-t-il affirmé, tout en rappelant les efforts au quotidien de ses services pour atténuer un peu la situation.
« Depuis 2007 que je suis maire de Bamako, la marie n’a pas bénéficié d’un centime dans le cadre d’un accompagnement pour l’assainissement contrairement au décret de création de la ville de Bamako », a déploré M. SANGARE.
Toutes choses qui attestent que les collectivités sont laissées à elles-mêmes.
Pourtant, la lutte contre l’assainissement est un véritable moyen de développement, de relance de l’économie et de la création d’emplois, a-t-il indiqué. Ainsi, commente-t-il, ce projet apportera de la valeur ajoutée dans plusieurs secteurs.
Cette initiative sur laquelle il fonde espoir pour sortir Bamako des ténèbres va amoindrir les conséquences de la non-opérationnalisation de la décharge finale.
Pour le maire Adama SANGARE, c’est écœurant que la ville dite moderne n’ait pas de décharge finale. Conséquence : les déchets sont déversés çà et là sur les propriétés d’autrui.

Par Sikou BAH




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *