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jeudi 19 juillet 2018
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Vente aux enchères des migrants africains: une plainte déposée devant la CPI

Jusque-là, on n’a constaté que des indignations et condamnations à l’échelle africaine et internationale. Mais, les lignes commencent à bouger sur le plan judiciaire où déjà une personnalité africaine non des moindres, Me Abdoulaye TINE, avocat sénégalais inscrit au Barreau de Paris, a décidé d’aller au-delà des condamnations et des appels en décidant de déposer directement une plainte sur la table du Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour crime contre l’humanité en Libye suite aux allégations de réduction à l’esclavage de migrants africains.
Par cette plainte, Me TINE demande l’ouverture d’une enquête préliminaire à travers une auto saisine de l’institution judiciaire.

Selon l’auteur de la saisine, qui a porté cette affaire devant la haute juridiction pénale sur le plan mondial, la réduction à l’esclavage de milliers de migrants en Libye tombe évidemment sous le coup de la Loi internationale notamment des articles 5 et 7 du Statut de Rome créant la Cour pénale internationale. De tels actes, est persuadé Me TINE, doivent être poursuivis par la Cour Pénale Internationale.
« La situation outrageante des migrants en Libye ne peut pas rester sans réponse judiciaire internationale » a-t-il martelé.
L’avocat qui est par ailleurs Professeur de Droit pénal international et co-auteur de l’ouvrage « Statut de Rome de la Cour pénale internationale : Commentaire article par article, Editions Pedone, Paris, 2012 » ayant reçu le prix de l’Académie des Sciences Morales à Paris, indique n’avoir aucun doute qu’au nom de la légalité internationale et de l’offense ainsi faite à la morale internationale, la CPI ne tardera pas à ouvrir une enquête préliminaire sur cette situation.
Interrogé sur les chances de succès d’une telle plainte, l’expert en Droit international précise que même si la Libye n’a pas ratifié le Statut de la CPI, ce texte permet à la Cour d’agir pour le cas d’espèce et ceci à travers l’exercice de sa compétence personnelle passive. En effet, du moment où la plupart des victimes sont des ressortissants d’Etats africains eux même signataires dudit Statut de Rome, la Cour peut valablement diligenter une procédure pour identifier les responsables et les traduire en justice.
La poursuite judiciaire des réseaux criminels opérant en Libye est aujourd’hui « une exigence des Lois de l’humanité et de la conscience publique » indique l’avocat.
Il invite donc les chefs d’Etats africains et ceux de la planète à agir urgemment en mettant en place des ponts aériens de liaison avec la Libye afin de permettre le retour immédiat dans leurs pays d’origine à tous ces migrants qui s’y trouvent actuellement bloqués.
Aussi, demande-t-il, au Conseil de sécurité de l’ONU de convoquer dans les meilleurs délais une réunion d’urgence consacrée à la situation des migrants en Libye pour y examiner la possibilité de mettre en place une force humanitaire qui sera dotée d’un mandat coercitif prévoyant en cas de besoin un usage de la force armée militaire pour faire libérer les personnes en situations de captivité entre les mains de réseaux criminels opérant aujourd’hui en Libye une traite des personnes.
Dans la même foulée, l’avocat rappelle à l’Union européenne que dans ces rapports de coopération extérieure avec des pays tiers comme la Libye, elle a l’obligation de se conformer aux règles européennes en matière de respect des droits de l’homme et des standards minimum de civilisation internationalement reconnus.
Qu’elle est également en devoir d’exiger et d’obtenir de ses partenaires comme la Libye le respect desdits principes en toute circonstance et en tout lieu.
Il précise que leur irrespect (comme c’est le cas en l’espèce) pourrait être constitutif d’un fait illicite international qui serait de nature à engager la responsabilité propre de l’Union européenne mais aussi de ses Etats membres et ceci devant les institutions judiciaires à la fois européennes et internationales.
Me TINE invite donc les sociétés civiles africaines à se joindre à cette plainte devant la CPI et de continuer à peser de tout leur poids pour faire céder l’inertie institutionnelle des Etats.

Par Mohamed D. DIAWARA




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