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mercredi 16 août 2017
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Violation des Droits de l’homme: l’acharnement sur les Famas

Exécutions extrajudiciaires, disparition forcée, maltraitances, détentions illégales, violences sexuelles, la Mission des Nations Unies ne porte pas de gants pour noyer les Forces armées et de sécurité dans les eaux putrides de la violation des droits de l’homme, quand les groupes armés bénéficient de traitement préférentiel.

Comme dans les précédents rapports, le dernier du Secrétaire général des Nations Unies sur la situation au Mali, ne fait pas la part belle à nos militaires. Dans ledit rapport, la MINUSMA a recensé 66 cas de violations des droits de l’homme, qui ont fait 115 victimes (contre 74 cas et 204 victimes pour la période précédente), notamment 4 cas d’exécutions extrajudiciaires, 1 cas de disparition forcée, 7 cas de maltraitance et 31 cas de détention illégale.
Par rapport à l’avant-dernier trimestre (le rapport est trimestriel), on constate une baisse du nombre de cas de violation des droits de l’homme.
Par contre, le nombre de victimes a augmenté.

La constante
Ce qui est constant, c’est la responsabilité des FAMAS qui mise en cause dans ces violations. Sur les 66 cas de violation des droits de l’homme, des membres des Forces de défense et de sécurité maliennes sont soupçonnés principalement dans 43 cas. On note que l’accusation est formelle contre les FAMAS.
Ce qui n’est pas le cas des groupes armés signataires : ‘’(…) tandis que 11 cas de violation auraient été le fait par des groupes armés signataires’’. Là, c’est le conditionnel qui est privilégié.
La Mission affirme avoir recensé un cas confirmé et deux cas présumés de violences sexuelles liées aux conflits. ‘’Le 16 avril, des hommes armés non identifiés ont enlevé 10 filles et violé l’une d’elles à Alfao, dans la région de Tombouctou, avant de les libérer, le lendemain’’. À ce niveau, la Mission fait l’effort de chercher à confirmer le cas de violation ; mais elle le compense en faisant l’impasse sur l’identité des violateurs. S’agit-il des hommes de la Plateforme ? De la CMA ? Des extrémistes violents ? Ce n’est tout le monde et personne en même temps, faisant planer le doute sur ceux qui n’y ont rien à avoir, tout en protégeant les vrais auteurs.
Dans le rapport, on peut lire également : ‘’la CMA et la Plateforme ont procédé au moins à 13 arrestations illégales, pour des motifs de maintien de l’ordre, dans les zones placées sous leur contrôle’’ ; ‘’les autorités maliennes ont procédé à 150 arrestations en lien avec le conflit’’. Il y a une minoration patente des arrestations au niveau des groupes armés pour des desseins obscurs.
Quant aux autorités, elles ont toute la légitimité de procéder à ces arrestations, en raison de leur pouvoir régalien, pour la sécurité des populations et de leurs biens.
Le même rapport fait ressortir : « parmi les 130 personnes arrêtées, 7 ont affirmé avoir été maltraitées ». C’est parole contre parole, parce que ces 7 personnes peuvent s’avérer des hâbleurs. Mieux, il faut reconnaître que 7/130 (ou 150, parce qu’on semble se mélanger les pieds dans les chiffres), c’est une proportion marginale qui ne devrait pas suffire à faire de la maltraitance la marque déposée de nos Forces armées et de sécurité.
Quand il s’agit des FAMAS, nonobstant certaines précautions de façade, elles sont désignées :’’les deux cas présumés, datés de février, impliqueraient des soldats des forces armées maliennes en service et deux adolescentes, dans la région de Mopti’’.
Par ailleurs, en soulignant : ‘’les autorités maliennes n’ont pas ouvert d’enquête’’, c’est comme si les soldats maliens bénéficiaient d’impunité qui pourrait être un encouragement à la violation des droits de l’homme.

Un procès d’intention
Ce qui, de toute évidence, est un procès d’intention. Cela pour deux raisons.
Primo, en 2013, plusieurs militaires avaient été rappelés du Nord pour « faute ». Invité de l’émission ‘’sur la ligne de front’’, un officier de la communication de l’armée révélait : « Des éléments ont manqué de tact dans certaines situations, et le chef d’état-major général a pris des dispositions. Il a rappelé les éléments fautifs et qui seront mis à la disposition des autorités judiciaires». Le Mali a donc eu à administrer la preuve de son attachement au respect des droits de l’homme.
Secundo, le Mali ne semble pas avoir une vision commune, partagée de la violation des droits de l’homme avec la Mission onusienne. La déclaration du ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye DIOP, devant le Conseil de sécurité, le 16 juin dernier, est des plus édifiantes : « à cet égard, je rappelle que la majorité des cas de violations documentés et imputés aux Forces de défense et de sécurité du Mali sont commis dans des zones où les services judiciaires et d’enquêtes sont absents du fait de l’insécurité. Ensuite, nous avons une différence d’approche et de qualifications de faits constitutifs de violation ou d’abus des droits de l’homme avec la Division des droits de l’homme de la MINUSMA. Et cela dans un contexte où il y a très souvent l’absence de plaintes des victimes ou de parties civiles, l’absence de témoignages concordants et l’absence d’unités d’enquête dans les zones où ces violations auraient été commises. Ce qui rend difficile la prise en charge de tous les cas par la Justice malgré la bonne foi du Gouvernement ».
En définitive, l’on est en droit d’être scandalisé de voir une armée en reconstruction victime d’accablement systématique. À qui profite le crime ? Cela, dans un environnement où il n’y a aucune visibilité. Qui est groupe armé signataire ? Qui est terroriste ? La frontière est très poreuse pour passer facilement d’un camp à l’autre.
Il ne faut pas non plus perdre de vue les importantes pertes que subissent les Forces armées et de sécurité du fait d’attaques lâches dont elles doivent chercher et trouver les auteurs. Le rapport lui-même révèle : ‘’ des extrémistes violents et des éléments terroristes ont mené 105 attaques contre les Forces de défense et de sécurité maliennes (depuis juin 2016). (…) En tout, 131 membres des Forces de défense et de sécurité maliennes ont été tués et 176 blessés dans des Attaques’’,

Par Bertin DAKOUO




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