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samedi 6 mars 2021
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Violation et reniement de ses engagents: de qui se moque la CMA ?

Le 13 janvier dernier, alors que toute la nation retenait son souffle et priait pour la réussite du 27e Sommet Afrique-France, que notre pays a eu l’honneur d’abriter, voilà que la Coordination des mouvements armés (CMA), trouvait le moyen de publier sur les réseaux sociaux, un communiqué accusant le gouvernement d’avoir violé tous les principes de l’Accord. La CMA se plaint notamment de la lenteur accusée dans la mise en œuvre de l’Accord de paix, 18 mois après sa signature, et accuse les pouvoirs publics de décisions unilatérales en ce qui concerne les actions déjà posées.

Sauf par respect pour l’acte de changement de direction que le mouvement vient de connaître où le patron de la CMA, Ag Chérif, qui a jusque-là supervisé tout le processus, vient d’être remplacé par un nouveau président, Alghabass AG INTALLA, dont les accointances avec Iyad Ag Ghaly étaient et sont connues de tous, ce communiqué des ex-rebelles de Kidal, connus pour leur retournement de veste, ne mérite aucune considération. En tout cas, pour tout acteur et partenaire sincères de notre processus de paix, dont les positions objectives et tranchées nous ont permis d’atteindre un tel niveau d’exécution du long processus entamé en faveur de la paix dans notre pays, la bonne foi du gouvernement depuis la signature de l’accord de paix n’a nullement été mise en cause.

Pétard mouillé
La sortie ratée de la CMA qui est intervenue à la suite d’un semblant de meeting tenu ce 12 janvier 2017 à Kidal, n’honore aucun protagoniste de la paix dans notre pays et sonne presque comme une insulte à l’endroit de la médiation internationale et de l’ensemble des partenaires du processus de la part de cet ex-mouvement rebelle toujours nostalgique de ses actes crapuleux, ses rançons de prises d’otages, de trafic de drogue et autres pratiques racistes et discriminatoires.
Comment comprendre cette volte-face d’une CMA qui était jusque-là prompte à revendiquer de tous ses vœux l’accélération du processus de paix à travers la mise en place d’autorités intérimaires, l’organisation de patrouilles mixtes pour la sécurité des populations victimes d’insécurité…
« La CMA informe l’opinion nationale et internationale qu’elle a tenu, ce jour 12 janvier 2017 à Kidal, un meeting sous la direction du Président en Exercice, Son Excellence Alghabass AG INTALLA, assisté des autres secrétaires généraux, avec pour thème : Information sur l’état de la mise en œuvre de l’accord et la nouvelle dynamique de la CMA. Il ressort de l’exposé sur l’état de la mise en œuvre de l’Accord que dix-huit mois après sa signature, l’accord issu du processus d’Alger peine à démarrer. Quelques actions posées par la Partie gouvernementale l’ont été de façon unilatérale et en contradiction avec l’esprit et la lettre de l’Accord » regrette le communiqué chétif qui n’est pas moins qu’un reniement par la CMA de ses propres engagements. Car l’ex-mouvement rebelle, dont l’accointance de certains de ses responsables avec les islamistes qui pullulent encore dans certaines parties des régions nord de notre pays n’est qu’un secret de polichinelle, a participé aux côtés des autres signataires de l’accord à la prise de l’ensemble des décisions qu’il qualifie aujourd’hui d’unilatérales. La communauté internationale, à travers la médiation internationale en est témoins de l’ensemble de ces faits. Mieux, les communiqués et différentes félicitations de la CMA sont encore là pour rafraîchir les mémoires sur le consentement de ces enfants gâtés de Kidal aux différentes décisions prises. À moins qu’il ne s’agisse d’une manière pour son nouveau président, Algabass Ag INTALLA, d’annoncer les couleurs, surtout quand on sait qu’il est réputé être un pion d’Iyad Ag AGHALY, dont il fut le bras droit en 2012. Malgré la décision officielle de rupture d’avec le HCUA, Algabass et sa suite éprouvent toujours du mal à prendre ses distances du mouvement islamique, Ançar-Dine qui a même fait allégeance à l’EI. Le moins que le puisse dire, c’est que la CMA, par ce communiqué, prouve à tout égard qu’elle n’est pas une organisation crédible et digne de foi, un acteur du processus de paix qui n’a que faire de ses propres engagements. L’important étant toujours de jouer à la prolongation, histoire de maintenir le chao dans une zone où les populations en manque d’infrastructures de base, sont presqu’à bout de souffle. Comment encourager les réfugiés à revenir alors que les populations déjà sur place sont à la recherche de moyens pour repartir, à cause de la souffrance que leur infligent certains des leurs au nom de la loi de la jungle ?
Autrement s’il s’agit pour le nouveau patron de la CMA de sortir les muscles, nous pensons que l’occasion est ratée d’office. Cette menace n’est qu’un pétard mouillé qui ne saurait plus faire mousse, d’autant plus que le monde entier veille et la marche pour un Mali uni et prospère pour tous ses fils est déjà entamée pour aller jusqu’au bout.

Les griefs de la CMA
Dans son communiqué non moins laconique, l’ex-mouvement rebelle accuse le gouvernement de procéder unilatéralement à : la relecture du code des collectivités territoriales ; la mise en place de la commission de révision constitutionnelle ; la mise en place de la Commission Vérité, Justice et réconciliation (CVJR) et sa tutelle actuelle mettant en cause son indépendance ; le recrutement des agents des antennes régionales de la CVJR ; la mise en place des Agences de Développement régional ; la signature des contrats plans entre le gouvernement et des acteurs fictifs au nom des autorités régionales ; la fixation des dates et la tenue d’élections communales dans les régions où est prévue la mise en place des autorités intérimaires ; le non-respect de la clé de répartition pour la désignation des membres des autorités intérimaires ; la désignation des responsables des antennes régionales du DDR ; la violation flagrante de tous les engagements pris pour la mise en place des patrouilles mixtes de Gao sème une confusion totale qui les rend inopérantes ; la Fixation de la date de la conférence d’entente nationale qui est censée couronner un processus de paix qui n’a même pas démarré et la nomination de son Président ; l’entente signée le 19 juin 2016 pour la mise en place des autorités intérimaires.
Au dernier point, la CMA accuse le gouvernement de la prise des décrets N° 0894 et 895/PRM du 31 décembre 2015, portant respectivement Création, Organisation et Modalités de Fonctionnement-Démobilisation-Réinsertion (DDR) au Mali et Création, Organisation et Modalités de Fonctionnement de la Commission d’intégration, violés par les décrets du 02 décembre 2016 portant nominations des membres des mêmes commissions.

Flagrant délit de mensonge
Pour entretenir la situation de chaos qui perdure dans les régions du nord de notre pays, la CMA s’abreuve de mensonge de contre-vérités. Sinon, comment comprendre qu’on puisse reprocher au gouvernement d’avoir posé des actions de façon unilatérale et en contradiction avec l’esprit et la lettre de l’Accord alors que toutes lesdites actions se décident au sein du Comité de suivi de l’accord (CSA) où siège la CMA au même titre que les autres signataires ?
Où est donc le sérieux ?
Comme le dit l’adage, ‘’quand on veut tuer son chien, on l’accuse de rage’’. Concernant l’accusation sur la tenue des élections communales, les Maliens et les partenaires se rappellent de la rencontre tripartite entre le gouvernement, la CMA, la Plateforme pour l’organisation des élections communales sur l’ensemble du territoire national.
Au cours cette rencontre la CMA et la Plateforme ont d’abord réitéré leur adhésion à ce processus, avant que la CMA ne se rétracte pour empêcher la tenue du scrutin à Kidal. La preuve, c’est que des listes avaient été constituées à Kidal ville et à Tessalit pour le scrutin du 20 novembre 2015.
De même, on se rappelle qu’après la sortie médiatique d’une partie la CMA, savoir : CPA, MSA, CMRF2, MNLA, des responsables de ladite Coordination avaient, à leur tour, organisé un point de presse, ce 18 octobre 2015, pour féliciter le gouvernement d’avoir pris à bras le corps, la mise en place des autorités intérimaires. Et cela, suite à la nomination des membres des autorités intérimaires, le 14 octobre en conseil des ministres.
Le point de presse avait été animé par les responsables du MNLA, HCUA, MAA : Ibrahim Ould SIDATI, Ambéry Ag RHISSA, Mohamed Djéri MAÏGA.
Le pire, c’est que la CMA, qui règne aujourd’hui en maître sur Kidal, et qui est à la base de tous les malheurs de ces populations (dégradation avancée des infsystèmerastructures sociaux de base, dysfonctionnement des sanitaire et éducatif, tente toujours de cacher son vrai visage à celles-ci, de se blanchir. C’est ainsi qu’en conclusion de son communiqué, elle lance un appel aux partenaires pour combler le vide ‘’d’une mauvaise foi’’ inventée de toute pièce du gouvernement.
« La CMA, dans le souci d’améliorer le niveau de vie des populations qu’elle administre, lance un appel pressant aux partenaires techniques et financiers pour la réhabilitation et le fonctionnement des services sociaux de base et infrastructures administratives. D’autre part, la CMA appelle tous les Azawadiens à conjuguer leurs efforts pour relever le défi d’un retour digne des populations réfugiées et déplacées », conclu le communiqué.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est incontestable aujourd’hui que la mise œuvre de l’Accord pour la paix a connu des avancées notoires qui ne sert à rien de nier, fut-il qu’on s’appelle CMA.

Par Abdoulaye OUATTARA




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