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dimanche 24 octobre 2021
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Voguer sur un nuage de soutien sans avoir la tête dans les nuages

Après l’acte I où notre ‘’partenaire historique ‘’ est fourvoyé dans la démesure de propos iconoclastes au point de nager dans les égouts des arguments spécieux à l’emporte-pièce, en réaction à l’accusation d’abandon en plein vol, place à présent à l’acte II, à savoir les représailles en excipant du respect du délai de la Transition. Ce, après que le Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA a évoqué la possibilité d’un report de l’élection initialement attendue pour le mois de février 2022 :
« L’essentiel était moins de tenir des élections le 27 février que de tenir des élections qui ne seront pas contestées ».
Dans l’intempérance de ses pulsions totalitaires, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, chargé de prononcer le discours annuel de la France, a déclaré dans une vidéo pré-enregistrée et diffusée à l’Assemblée générale de l’ONU : ‘’il est impératif de respecter» ce calendrier électoral.
Au lendemain du redressement de la trajectoire de la Transition avec la mise à l’écart de Bah N’DAW et de Moctar OUANE, le même Jean Yves Le Drian assène :
‘’La France partage la priorité absolue accordée par la CEDEAO à l’organisation de l’élection présidentielle au 27 février 2022 dans les conditions strictes énoncées par les chefs d’État et de gouvernement dans le communiqué du 30 mai’’.
En 2012, on retrouvait le même Jean-Yves Le Drian, alors ministre français de la Défense, en tournée dans la région sahélienne, qui estimait qu’il était « indispensable » qu’une élection présidentielle ait lieu au Mali en juillet 2012.
« C’est indispensable, parce que nous sommes pour l’instant dans un gouvernement de transition, avec un président de transition, et il importe, y compris pour la mission des Nations-unies, que le président malien soit légitimé par un vote ».
C’est à croire que le Mali est un condominium.
Face au discours souverainiste du Premier ministre, notre ‘’partenaire historique’’ tisonne, par le biais de ses lampistes, la bonne vieille recette n’a pas pris une ride : la surenchère.
Ainsi, dans un entretien accordé à notre confrère ‘’L’Indépendant’’, la nouvelle Représentante spéciale de l’Union européenne pour le Sahel, Emmanuela Claudia Del RE, éructe :
« Nous voulons une réponse claire des autorités maliennes à propos de la présidentielle de février 2022 pour continuer à accompagner le pays ».
Nous y sommes de plain-pied. L’argumentation cède le pas à l’intimidation. La délibération s’incline sous le poids de la pression et nous atteignons des records en matière d’emploi de langue fumeux.
Faudrait-il plier l’échine, faire la génuflexion devant le Gobi pour des libéralités budgétaire jamais gratis ?
C’est vrai que le budget 2022 présente un déficit global de 617,927 milliards de FCFA, mais il sera financé par les ressources de trésorerie provenant principalement de la mobilisation de l’épargne à travers les titres d’emprunt émis par le Trésor.
Le chantage sécuritaire ne prospérera point ? Nonobstant la présence de plus de 3 000 hommes sur le sol malien, des blindés, des hélicos, des drones derniers cri, nous tombons de Charybde en Scylla. Le pire à redouter ? Nous y sommes déjà et comptons fermement nous en sortir par des partenaires efficaces et efficients et qui respectent notre dignité.
Comme dirait l’autre, le Mali n’est pas réglé sur l’horloge des impératifs impérialistes occidentaux.
Cependant, dans cette situation électrique, si les autorités pourraient voguer sur le nuage d’un soutien total et indéfectible de la population dans sa frange importante, il serait également suicidaire pour elles d’avoir la tête dans les nuages, en se déconnectant de la réalité du terrain, la même qui justifierait, selon le Premier ministre, une prorogation de la durée de la Transition. Parce que c’est le même peuple versatile qui crie vive le président qui aujourd’hui qui criera demain à bas le président. Parce que notre ‘’partenaire historique’’ et ses sicaires ne passeront jamais l’éponge sur un crime imprescriptible de lèse-majesté.

PAR BERTIN DAKOUO




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