Le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, M. Mamoudou KASSOGUE, a présenté son 4e rapport national lors de la 43e session du groupe du travail sur l’examen périodique universel tenue ce mardi 2 mai à Bruxelles. Au cours de cette séance, la délégation, sur l’abolition de la peine de mort, a indiqué que son opportunité politique n’avait pas fait l’objet d’un consensus national.
Le ministre Mamoudou KASSOGUE était accompagné par le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye DIOP ; ainsi que des responsables des services de la justice et des affaires étrangères. De même, était présent l’Ambassadeur du Mali à Genève, Abdoulaye TOUNKARA.
Lors de cette session, le ministre de la justice à la tête de la délégation malienne, a affirmé que son pays est soucieux de la promotion et de la protection des droits de l’homme pour être héritier de la Charte de Kurukan Fuga.
A cet effet, son pays ainsi que son gouvernement partagent, avec les autres peuples du monde épris de paix et de justice, le caractèrere universel, inaliénable, indivisible et interdépendant des droits de l’Homme.
Toutefois, a-t-il déclaré, ‘’nous regrettons tout autant que nous rejetons les velléités d’instrumentalisation et de politisation qu’en font certains partenaires à des fins inavouées”.
Le rapport élaboré dans une démarche inclusive fait une analyse sans complaisance de la situation générale des droits de l’homme dans le pays et dresse un tableau de la mise en œuvre des recommandations formulées lors du 3ème cycle de l’EPU en 2018. Il met l’accent sur les progrès enregistrés et n’occulte pas les contraintes et les difficultés rencontrées, a mentionné le ministre KASSOGUE.
Lors de cette session, la question de la peine de mort en vigueur dans notre pays a été évoquée. Le ministre de la justice a affirmé qu’elle n’est pas abolie en soulignant que le moratoire observé depuis 1980 se poursuit car aucune peine de mort n’a été exécutée au Mali depuis cette date.
« Certes des condamnations ont été prononcées, mais elles ont été systématiquement commuées en condamnations à perpétuité », a-t-il fait savoir, en précisant que depuis 2007, le Mali soutient régulièrement la Résolution biennale de l’Assemblée générale des Nations Unies concernant un moratoire universel sur la peine de mort.
« Le Mali maintiendra cette position jusqu’à ce que l’opportunité politique d’abolir la peine de mort fasse consensus au niveau national», a ajouté Bakary DOUMBIA, directeur des affaires juridiques au ministère des Affaires étrangères.
Par ailleurs, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye DIOP, tout en saluant les recommandations et les observations constructives sur le rapport, a réitéré l’engagement de son pays à poursuivre sa collaboration avec le conseil des droits de l’homme dans le respect des lois et de la souveraineté du Mali.
Selon lui, l’insécurité est le facteur principal de la commission des violations graves et massives des droits de l’homme. Et en toute logique, a suggéré « La meilleure façon de faire face à ces violations c’est de prendre en charge que la question de l’insécurité ».
Une situation, a-t-il rappelé, créée par la déstabilisation de la Libye en 2011. Il a regretté que l’effort international mis en place pour faire face au problème ait été un échec. Ainsi, son pays, dit-il, est forcé de compter sur ses propres moyens et d’investir en conséquence pour faire face à la situation.
Il fonde beaucoup d’espoir sur la montée en puissance des forces armées maliennes pour améliorer la situation des droits de l’homme parce que déjà beaucoup nids des terroristes ont été démantelés.
Sur le processus politique, il a insisté sur le respect du délai de la transition imparti par les autorités nationales.
« Il y a eu un chronogramme consensuel qui a été mis en place. Il y a un mécanisme de suivi de la transition. Il y a eu un léger glissement dans l’agenda du référendum, mais ceci est essentiellement dû à un souci d’inclusivité», a indiqué Abdoulaye DIOP.
De même, il a réaffirmé la volonté du gouvernement d’œuvrer pour la paix et à pouvoir travailler avec les frères des mouvements armés signataires de l’Accord pour la paix issu du processus d’Alger malgré les difficultés du moment.
« Nous avons l’espoir que nous allons nous retrouver pour pouvoir dessiner une entente entre Maliens », a-t-il espéré.
PAR SIKOU BAH