La publication, le 16 mai 2026, de la mise au point de l’ancien Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, marque un tournant décisif dans la guerre de communication et de récits qui oppose notre pays à la France. Cette sortie au vitriol fait directement écho aux déclarations du président français Emmanuel Macron, prononcées le 10 mai 2026 lors du forum Africa-Forward à Nairobi, où ce dernier tentait de réécrire les conditions du retrait de la force Barkhane en 2021. Loin d’être une simple joute verbale, le document publié par l’équipe de communication de l’ancien chef du gouvernement le 16 mai 2026 est un véritable déclencheur : dans le sillage de ces révélations, des journalistes français de renommée internationale brisent l’omerta, confirmant les ingérences de l’Élysée et plongeant la diplomatie française dans une colère noire.

Choguel Kokalla Maïga entreprend de déshabiller méthodiquement l’ancien système de tutelle, révélant des vérités longtemps dissimulées au peuple malien et à nos citoyens de l’Alliance des États du Sahel (AES). À travers un inventaire précis, l’ex-Premier ministre dresse une cartographie de la subversion contemporaine, reliant les crises actuelles, qu’elles soient sécuritaires, énergétiques ou sociales, à des dynamiques de déstabilisation extérieure.
Ce réquisitoire ne se contente pas de dénoncer ; il décortique les mécanismes d’un assujettissement passé pour mieux justifier la légitimité de la rupture historique opérée depuis juin 2021. En opposant la résignation des anciennes élites à la souveraineté désormais coulée dans le bronze de la Constitution du 22 juillet 2023, ce texte s’impose comme le manifeste d’une décolonisation géopolitique et sécuritaire dont le Mali entend être l’épicentre inébranlable.

Des accusations précises et irréfutables
Le document du 16 mai 2026 s’articule autour d’une architecture narrative rigoureuse, pensée comme une contre-offensive mémorielle et stratégique face aux assauts discursifs de Paris. Au cœur de ce texte se déploie une dialectique de la rupture historique, traçant une ligne de démarcation nette entre le Mali de la soumission et celui de la dignité retrouvée. La trame repose sur le contraste saisissant entre la gouvernance pré-juin 2021, qualifiée de régime de tutelle humiliant, et la dynamique post-rectification, caractérisée par l’affirmation d’une souveraineté sans concession et la diversification audacieuse des partenariats stratégiques.
En analysant les grandes lignes de cette adresse, on ne peut ne pas mettre en lumière une déconstruction méthodique des arguments occidentaux. Choguel Kokalla Maïga ne se défend pas ; il accuse. Face aux critiques françaises sur le départ des troupes d’occupation, il oppose le droit inaliénable du Mali à choisir ses alliés en fonction de ses seuls intérêts vitaux, un principe désormais sanctuarisé à l’article 34 de la Constitution du 22 juillet 2023. Le texte fonctionne ainsi comme un outil de légitimation de la transition dont il a été l’un des acteurs de premier plan, transformant les difficultés économiques et sécuritaires du moment en preuves d’une résistance héroïque face à un prédateur géopolitique blessé.
Un autre axe majeur de la déclaration réside dans le procès sans complaisance intenté aux anciennes élites politiques de Bamako. L’ancien Premier ministre dénonce la passivité, voire la complicité objective, des dirigeants déchus qui s’accommodaient de la mise sous tutelle de la nation pour garantir leur confort personnel et leur maintien au pouvoir avec la bénédiction de l’Élysée. Cette mise en accusation des «élites tétanisées» permet de purger le récit national du sentiment de fatalité et d’expliquer au peuple que l’instabilité actuelle est le prix de l’indépendance réelle.
Enfin, la sortie de Choguel Maïga se double d’un appel vibrant à l’union sacrée des peuples de l’AES. En martelant que la victoire sur le terrorisme et ses sponsors est inéluctable, il transcende le cadre strictement malien pour inscrire l’action de notre pays dans une dynamique sous-régionale de libération. La rhétorique de la résistance populaire devient ici le carburant politique indispensable pour maintenir le cap face aux pressions multiformes, transformant le réquisitoire en un puissant levier de cohésion sociale et de mobilisation patriotique.

La preuve des actions de déstabilisation
L’inventaire des maux qui frappent le Mali ces derniers mois, dessine les contours d’une véritable «guerre hybride» menée contre un État souverain. L’analyse des faits révèle que les attaques terroristes complexes et coordonnées contre les bases des FAMa, ainsi que les massacres de populations civiles, ne relèvent pas du hasard opérationnel. Sur le terrain, la simultanéité des assauts suggère l’existence d’un appui logistique et de renseignements de haut niveau. La doctrine souverainiste malienne, corroborée par plusieurs enquêtes indépendantes, pointe la responsabilité de services de renseignement occidentaux qui, par dépit géopolitique, fermeraient les yeux sur les mouvements du JNIM ou de l’EIGS, voire leur fourniraient des données tactiques cruciales pour harceler nos forces de défense.
Le sabotage des infrastructures vitales constitue le deuxième pilier de cette entreprise de subversion. Les pénuries récurrentes de carburant, les délestages chroniques de l’Énergie du Mali (EDM) et les incendies criminels ciblant des unités industrielles stratégiques ne peuvent être réduits à des crises de gestion interne. L’investigation met en évidence des mécanismes d’étranglement économique sophistiqués : activation de leviers de blocage financier dans les places bancaires internationales, pressions sur les fournisseurs d’hydrocarbures de la sous-région et actions de sabotage physique. L’objectif recherché est limpide : provoquer une asphyxie économique et une fatigue sociale généralisée pour pousser la population à se retourner contre les autorités de la Transition.
Sur le front de la guerre informationnelle, le réquisitoire de Choguel Kokalla Maïga met en lumière une manipulation psychologique de masse. La surmédiatisation des revers militaires, à l’instar des événements de Tinzawatène ou des infiltrations à Bamako, s’accompagne d’une campagne de dénigrement systématique des FAMa à travers des accusations d’exactions inventées ou amplifiées. Cette stratégie vise à instiller le doute, le découragement et un sentiment d’impuissance dans les esprits des populations, tout en cherchant à démoraliser et désorganiser les forces politiques qui soutiennent le processus de transition.
Enfin, le volet le plus pernicieux de cette déstabilisation réside dans l’instrumentalisation des clivages communautaires et l’infiltration des structures de l’État. En orchestrant des amalgames subtils, notamment dans le Centre et le Nord, des agents d’influence extérieurs tentent d’assimiler des groupes ethniques spécifiques aux mouvements terroristes ou rebelles. Cette manipulation des identités vise à provoquer une déchirure du tissu social et une guerre civile rampante, offrant ainsi aux puissances impérialistes le prétexte idéal pour acter la faillite de l’État et légitimer, à terme, la partition programmée du territoire national.

Condescendance et humiliation subies
Les révélations de l’ancien Premier ministre concernant la période pré-2021 décrivent une souveraineté vidée de sa substance, où l’État subissait un régime de capitulation humiliant au quotidien. Le premier mécanisme de ce bridage stratégique concernait le contrôle opérationnel direct de notre outil de défense. L’interdiction faite aux FAMa d’acquérir de simples lunettes de vision nocturne ou de déployer des vecteurs aériens adéquats, malgré les milliards votés par l’Assemblée nationale, démontre une volonté délibérée de maintenir l’armée nationale dans un état d’infériorité tactique. Le blocage à l’étranger de l’avion de transport militaire Casa, pourtant intégralement payé, sous des prétextes fallacieux, illustre la duplicité d’une diplomatie française résolue à perpétuer la dépendance de notre pays envers la force Barkhane.
L’humiliation politique atteignait son paroxysme dans la gestion du nord du pays, transformé en une enclave interdite aux autorités légitimes de la République. Le fait qu’aucun ministre ou officiel ne pouvait se rendre à Tombouctou ou à Kidal sans le feu vert des forces internationales ou de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) constitue la preuve irréfutable d’une partition de fait. Les scènes de hautes personnalités d’État attendant toute une journée à l’aéroport de Bamako pour s’entendre dire que leur vol vers le nord était annulé traduisent le mépris souverain avec lequel l’ancienne puissance coloniale traitait les institutions de notre pays.
Plus grave encore, le texte révèle l’existence d’un système de rançonnage institutionnalisé. Pour obtenir le droit de fouler le sol de Kidal, le président de la République ou le Premier ministre devaient solliciter l’aval de Paris et verser d’importantes sommes d’argent aux chefs rebelles de la CMA. Cette abdication de l’autorité de l’État transformait la République en tributaire de groupes armés qui défiaient son intégrité, une anomalie géopolitique tolérée et encouragée par la France pour sanctuariser sa zone d’influence exclusive au Sahel.
L’aberration institutionnelle ultime de ce système de tutelle est décrite dans le statut du gouverneur de Kidal. Nommé par Bamako, ce représentant de l’État ne pouvait compter sur la protection des FAMa, mais dépendait des forces spéciales de la CMA pour sa sécurité. Ces mêmes troupes rebelles, formées et encadrées par les militaires français de l’opération Barkhane, étaient ironiquement rémunérées par les deniers publics du contribuable malien. L’État payait ainsi sa propre exclusion opérationnelle et finançait les structures de sa future partition, un cynisme politique absolu auquel la rectification de la Transition a mis un terme définitif.

Que retenir…
Le réquisitoire historique du 16 mai 2026 fait par Choguel Kokalla Maïga dépasse le simple cadre de la polémique diplomatique pour s’ériger en document de référence de la seconde décolonisation de notre pays. En opposant les faits têtus aux tentatives d’oblitération mémorielle d’Emmanuel Macron, l’ancien Premier ministre a réussi à libérer la parole et à contraindre les observateurs internationaux à admettre la réalité des ingérences françaises. Les révélations contenues dans ce texte démontrent que la crise sahélienne n’est pas une fatalité endogène, mais le produit d’une architecture de domination méticuleusement entretenue pendant des décennies, combinant embargo militaire déguisé, sanctuarisation rebelle et chantage financier.
La transition en cours dans notre pays, renforcée par la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), apporte une réponse structurelle à ces agressions en inscrivant la souveraineté nationale au cœur de sa Loi fondamentale. Ce choix historique, bien qu’il suscite une guerre hybride féroce de la part des nostalgiques de la Françafrique, apparaît aujourd’hui comme le seul chemin possible pour garantir l’intégrité du territoire et la dignité des populations. Face aux tentatives de déstabilisation économique et informationnelle, la vigilance et l’unité des peuples du Sahel constituent le rempart ultime. En mettant à nu les humiliations du passé, Choguel Maïga offre aux citoyens de l’AES les clés de compréhension nécessaires pour résister à la manipulation et poursuivre la construction d’un espace de sécurité et de développement endogène. La page de la vassalisation est définitivement tournée ; le Mali et ses alliés tracent désormais leur propre destin.

Par El Hadj Sambi Assa Touré

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