Dans son titre XI, la Charte pour la paix et la réconciliation nationale a décortiqué le Développement Economique en quatre chapitres. La Charte tisse le lien entre le Développement Economique et le Développement Durable, tout en faisant ressortir les conditions et les initiatives pour leurs accession. Ains, pour y parvenir, le document met l’accent sur trois piliers interdépendants dont ils reposent. Il s’agit de l’économique, le social et l’environnemental.

Pour la Charte, le développement économique désigne l’ensemble des processus de changements structurels, de transformation quantitative et qualitative qui permettent à une économie de croitre d’une manière durable, d’améliorer les conditions de vie des populations et de réduire les inégalités.
Il nécessite un cadre légal et règlementaire ; une gouvernance politique et administrative partagée ; une répartition juste et équilibrée des fruits de la croissance économique ; et l’amélioration qualitative et quantitative des ressources humaines.
Ainsi, les initiatives pour le développement économique sont, entre autres : la transformation industrielle de l’économie et l’accroissement des exportations des produits transformés ; la promotion et la valorisation des produits locaux ; la consommation de la production locale etc.
Quant au développement durable, la Charte le définit comme une approche qui vise à satisfaire les besoins de la société sans épuiser les ressources naturelles et sans compromettre les besoins des générations futures.
Il repose sur trois piliers interdépendants : l’économique, le social et l’environnemental.
La diminution continue des ressources naturelles, conjuguée aux besoins croissants de la population en constante augmentation, rend conflictuelle l’exploitation de ces ressources et constitue des facteurs entravant qui fragilisent la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.
Le développement durable nécessite : l’exploitation rationnelle des terres agricoles, des ressources forestières, pastorales, halieutiques, fauniques et minérales, ainsi que des eaux souterraines et de surface ; la promotion des énergies renouvelables et des techniques agricoles et pastorales résilientes au climat ; la restauration, la conservation et la préservation de la biodiversité, etc.
Parmi les 5 initiatives pour le développement durable énoncées dans la charte, nous pouvons citer : la sensibilisation des producteurs aux risques liés à l’exploitation anarchique des ressources naturelles ; l’adoption par les producteurs de pratiques d’exploitation durable des ressources naturelles ; la dynamisation des mécanismes de prévention, de gestion et de règlement de conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.

De l’exploitation des ressources minérales

Les ressources minérales désignent l’ensemble des substances extraites de la terre par l’homme. Elles peuvent être classées en trois grands domaines : les ressources énergétiques ; les ressources métalliques ; les ressources non métalliques.
Le sous-sol malien regorge d’importantes ressources minérales qui constituent un atout majeur pour le développement économique du pays.
L’exploitation industrielle ou artisanale de ces ressources entraine souvent des crises sociales dont les conflits, la déperdition des valeurs, la dégradation de la santé de la population, et la déscolarisation à grande échelle. « Ces crises impactent les activités économiques et entravent la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble » peut-on lire dans l’article 73.
L’exploitation durable des ressources minérales nécessite ainsi : l’encadrement et la régulation des activités minières industrielles et d’orpaillage ; la formation des exploitants artisanaux sur les enjeux environnementaux…
Les initiatives pour l’exploitation durable des ressources minérales sont, entre autres : l’organisation et le suivi des activités minières industrielles et d’orpaillage afin de limiter leurs impacts négatifs sur l’environnement et le climat social ; la transformation locale des ressources minérales …

Du foncier
Le foncier recouvre l’ensemble du sol et tout ce qui se trouve au-dessus et en-dessous. Il est une source de richesses, de prestige social, d’influence et de convoitise du fait de ses potentialités économiques et stratégiques.
Il existe le foncier rural, le foncier urbain, le foncier minier, le foncier forestier, le foncier pastoral et le foncier de l’eau. La diversité du foncier explique la complexité de son appropriation, de sa gestion et de son exploitation qui sont régies par divers textes constituant le Droit foncier.
L’exploitation du foncier rural et urbain, forestier, minier, pastoral et de l’eau constitue une source de conflits individuels et communautaires récurrents, parfois violents, qui impactent négativement la paix, la sécurité, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.

Les conditions pour la gestion du foncier sont, entre autres : la relecture et l’application des différents textes régissant le foncier ; la garantie d’un accès juste et équitable à la propriété foncière et à l’exploitation des ressources naturelles ; le renforcement de l’encadrement juridique dans le domaine du foncier etc.

Du chômage et de l’emploi des jeunes
Le chômage est un état de déséquilibre du marché du travail où la demande dépasse l’offre. C’est aussi l’état d’une personne active qui n’a pas d’emploi.
L’insuffisance d’opportunités d’insertion socioprofessionnelle, notamment des jeunes, suscite un sentiment d’exclusion. Elle crée un terreau favorable à l’émigration irrégulière, au recrutement des jeunes par les groupes armés terroristes et à d’autres comportements déviants.
La Charte propose à cet effet certaines conditions pour lutter contre le Chômage. Selon le document, l’insertion professionnelle des jeunes nécessite : la formation des jeunes à l’entrepreneuriat ; la promotion de l’auto-emploi des jeunes ; la facilitation de l’accès aux financements des jeunes entrepreneurs, etc.

PAR AMINA SISSOKO

 

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