Le bureau national du Groupement des leaders spirituels musulmans du Mali (GLSM) a organisé, ce samedi 16 août 2025, un colloque national, réunissant plusieurs leaders religieux autour du thème central : « Les confréries soufies et la construction de la paix ». Aux termes des travaux, les participants ont invité les autorités du Mali à continuer les recherches concernant le Khalif de Nioro Amadou Hady TALL.
Les Objectifs
L’objectif de cette rencontre était d’expliquer les fondements et les principes du soufisme, obédience très répandue au Mali ; et d’interpeler l’Etat face aux nombreux cas d’interdiction des pratiques qui caractérisent cette communauté telle que : la célébration du Maouloud (Naissance du Prophète, PSL), et la Ziyara, dans plusieurs localités du pays.
L’occasion était bonne pour expliquer les objectifs du GLSM et faire des recommandations pour le retour de la paix et de la stabilité au Mali adressées aux autorités nationales.
Ainsi, aux termes des travaux, le colloque a fait une dizaine de recommandations pour une meilleure du soufisme dans notre pays.
Ces recommandations incluent la mise en place d’une commission nationale au niveau du département des affaires religieuses (MARCC) pour la coordination et le suivi des Ziyaras et Maouloud de grande dimension ; l’Organisation d’un atelier avec l’Ecole de Maintien de la Paix sur la lutte contre le terrorisme ; la création d’une université islamique pour le compte du GLSM.
Dans un contexte marqué par la dégradation de la situation sécuritaire, les participants à ce colloque ont invité les autorités du Mali à prendre des dispositions pour la sécurisation des Ziyaras et Maouloud.
La réouverture des sites de Ziyara
En termes clairs, il s’agit de prendre des dispositions pour la réouverture des sites de Ziyara actuellement fermés notamment à Degembèrè, Nioro du sahel, Berta, Dilly, Macina : Hamdallaye et Ouoroboubou.
Ils invitent, par la même occasion, les autorités du Mali à continuer les recherches concernant le Khalif de Nioro Amadou Hady TALL.
Il est demandé au Bureau Exécutif National du GLSM d’organiser la restitution de ce colloque national aux démembrements du GLSM ; d’organiser dans un plus bref délai le congrès du GLSM ; d’exiger la nécessité d’exercice libre du culte islamique au Mali ; de mettre en valeur l’enseignement islamique au sein du GLSM.
Enfin, le colloque appelle à la nécessité d’union de la communauté soufie à travers le GLSM.
Dans son mot de bienvenue, le secrétaire général du GLSM, Mohamed Macki BAH, a rappelé que cette organisation a été mise en place en 2012 par une quarantaine d’Associations et toutes les grandes familles maraboutiques du Mali au plus profond de la crise malienne.
Persécution
Aujourd’hui, a-t-il fait savoir, les communautés soufies du Mali continuent de faire l’objet de persécution et les leaders victimes d’assassinat ciblés et d’enlèvement, comme ce fut le cas d’Amadou Hady TALL, Khalife Général de la Tidjaniya, en décembre 2024 à Nioro du Sahel.
« Les autorités doivent tout mettre en œuvre pour garantir la célébration du Maouloud et la pratique de la Ziyara. Trop, c’est trop », s’est-il insurgé, ajoutant que cette injustice ne saurait continuer.
Prenant la parole, le président du GLSM, Chérif Ousmane Madane HAIDARA, non moins président du HCIM, s’est réjoui de la grande mobilisation enregistrée lors de cet événement.
Selon lui, le GLSM, dès sa création, n’a ménagé aucun effort pour sauver ce pays du péril religieux à travers des missions de bons offices à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
Aujourd’hui encore, le GLSM, à travers ses responsables, reste mobilisé pour continuer d’accomplir cette mission au nom de l’islam et pour l’amour de la patrie.
« Nous n’avons pas vocation, en tant que musulmans, à combattre un régime, mais quand les autorités posent des actes inopportuns, nous allons les dénoncer », a-t-il tranché.
L’appel de HAIDARA
Toutefois, ‘’Nous demandons aux autorités de nous écouter. Nous ne sommes que des messagers des populations meurtries. Cela constitue un devoir pour nous en tant que leaders religieux’’, a-t-il ajouté.
Faisant l’état des lieux, notamment sur la situation sécuritaire, HAIDARA n’est pas passé par 4 chemins pour dire : ‘’ça ne va pas dans le pays, il y a trop de violence, trop de frustration’’.
Par ailleurs, il s’est dit lui-même victime de cette situation d’insécurité, notamment à l’Office du Niger où ses disciples n’ont pas pu cultiver son champ d’une étendue de 300 hectares.
Malgré le contexte jugé difficile, HAIDARA s’est dit convaincu que notre pays aura un meilleur lendemain.
« Mais nous sommes convaincus qu’il y a un bonheur après toutes ces épreuves, à conditions de se donner la main.
C’est pourquoi nous demandons aux autorités de créer les conditions de mobiliser davantage la population, en dépit des efforts déjà consentis que nous reconnaissons », a-t-il conseillé.
Pour ce faire, il demande aux autorités de sécuriser tous les sites de Maouloud et de Ziyara.
« Nous prions pour nos autorités qui ont décidé de refonder ce pays. Mais nous avons le devoir de leur dire la vérité par tous les canaux possibles », a-t-il déclaré.
Il ressort de son propos que l’islam est une religion de paix, d’amour, de solidarité et de tolérance.
C’est pourquoi, on ne saurait convertir quelqu’un par la violence et autres insultes comme nous le constatons chez ces terroristes qui écument notre pays au nom de l’islam.
Par Abdoulaye OUATTARA