La coalition internationale qui a attaqué le Mali le 25 avril 2026 dans une coordination quasi parfaite, en est encore à se demander comment son coup a pu échouer, tant étaient énormes les moyens humains, matériels, techniques et financiers mobilisés sous l’impulsion d’acteurs étatiques bien connus, soutenus par quelques complicités internes. Ne sont cependant surpris que ceux qui ne connaissent pas l’histoire des peuples de ce pays qui, bien qu’ayant une vocation naturelle à la paix, savent riposter à toutes les agressions extérieures et semer l’effroi dans le camp ennemi. Les forces impérialistes sont en train de l’apprendre à leurs dépens.

DE KIRINA A KIDAL, SUR LE CHEMIN DE L’HONNEUR
L’histoire des peuples du Mali est jalonnée de grandes batailles militaires, avec des étapes souvent douloureuses, mais qui ont fini par être gagnées. Le sommet de « Kurukanfuga » marque une consécration, avec l’adoption d’une Charte d’union et de coexistence pacifique qui a permis de mettre sur pied une entité politique, militaire et sociale devenue une référence pour toutes les composantes du Mandé. Les grands peuples ne meurent pas parce qu’ils savent évoluer en conservant leur âme, produire des hommes suffisamment dignes et courageux pour reprendre le flambeau au plus profond de la tempête. Ainsi, après Wagadou et le Mandé, d’autres entités célèbres vont voir le jour et s’imposer dans le Khasso, le Bélédougou, à Ségou, le Kénédougou, le Macina, le Songhoï, etc. Plus tard, le Mali indépendant a été placé sur orbite par Modibo Kéita qui avait une vision politique claire et assumée, avant de connaître les affres du balbutiement de l’histoire, suite au coup d’état militaire de 1968. Quand survient la révolution démocratique en 1991, on a cru à la renaissance du pays, mais les maliens connaîtront la plus grande désillusion et la plus grande déception de leur histoire moderne. Ce fut une révolution galvaudée par la faute de politiciens opportunistes qui ont favorisé la grande corruption, affaibli les défenses de la nation, fragilisé les institutions et causé la perte de tout le septentrion. Privés d’arsenal militaire dissuasif et perdus dans des querelles de chapelle, ils ont signé des accords iniques qui ont exposé le pays à l’appétit glouton des prédateurs internationaux. Il a fallu l’intervention en 2020 puis en 2021, de jeunes officiers militaires pour reprendre la main et récupérer la totalité du territoire national. C’est la raison de la poussée d’urticaire constatée en France, dans certains Etats africains et chez des politiciens sclérosés. Le Mali a eu le grand malheur d’avoir été colonisé par la France qui a soutenu tous les coups d’état militaires ayant renversé successivement Modibo, Moussa, ATT et IBK. La seconde intervention de l’équipe d’Assimi Goïta en 2021 face à Bah N’Daw, a compromis le plan de succession prévu par la France. L’attaque du 25 avril 2026 apparaît comme le dernier soubresaut de l’hydre terroriste et de ses sponsors français et algériens, face à une armée malienne désormais conquérante et maîtresse du terrain.
LE MALI EST UNE PUISSANCE MILITAIRE ET L’AES, LA PROMESSE DE REALISER ENFIN LE REVE AFRICAIN
Faire l’état des lieux dans le Mali hérité des acteurs du mouvement démocratique, conduit à un constat simple et terrifiant : la mauvaise gouvernance étalée sur plusieurs décennies a porté de nombreux opportunistes et des incompétents à des postes de responsabilité, favorisé la grande corruption, sapé les fondements de la société et exposé dangereusement le pays qui a fini par être la proie de vulgaires bandits. Dans un tel contexte, seule une armée bien structurée peut ramener l’équilibre et la stabilité indispensables à l’exercice normal du jeu politique. En effet, face aux dérives et l’instabilité créés par la 4ème République en France, le Général De Gaulle qui reste le politicien français de référence, n’a-t-il pas perpétré un coup d’état militaire et créer la 5ème République ? Le peuple malien est mature et il a une bonne connaissance de l’histoire qui donne un sens à son engagement. Le système lancé en 1991 sous le label du « mouvement démocratique » a failli conduire le pays à la dislocation. Heureusement, l’armée nationale est au rendez-vous de l’histoire, pour le grand bien du peuple qui la soutient fermement sur le chemin de l’honneur et du sacrifice. La signature de nouveaux partenariats militaires notamment avec la Russie, la formation et les équipements reçus, ont permis à l’armée de redorer son blason et de reprendre le contrôle. Dans le Sahel, la création de l’AES et la mutualisation des moyens ont rendu la politique de refondation et de souveraineté presqu’irréversible, au grand dam de la Fance dont l’entêtement à vouloir recoloniser se comprend puisque son processus vital est engagé avec la perte des ressources de la région et son déclassement en tant que puissance mondiale. Cependant, cette attitude est vaine dans le contexte mondial actuel, marqué par le basculement du rapport de force en faveur du Sud Global. Les vieilles méthodes fondées sur le paternalisme et la condescendance ne pouvant plus prospérer, la France a tout intérêt à quitter la belligérance et le soutien aux groupes terroristes, pour s’engager dans un partenariat sincère et fécond pour toutes les parties.

L’armée malienne bénéficie incontestablement d’un soutien populaire et de capacités réelles de protéger l’intégrité du territoire. De nombreux militaires et civils sont morts pour la patrie, mais ceux qui pensaient pouvoir freiner la révolution en décapitant le régime, ont donné au peuple des raisons de croire à son armée et de la soutenir. L’ordre ancien marqué par l’inféodation des anciennes colonies à la France par des missi dominici ou des autostoppeurs politiques est bien révolu dans le Sahel, où l’équation est devenue complexe pour les nostalgiques du passé, car le Mali, le Burkina Faso et le Niger ne sont plus isolés et faciles à déstabiliser. Qui s’y frotte, s’y casse les dents !

Mahamadou Camara
Email : mahacam55mc@gmail.com

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