La série noire se poursuit sur les sites d’extraction artisanale d’or au Mali. Six orpailleurs, tous de nationalité burkinabè, ont perdu la vie, ce vendredi 30 octobre 2026, à la suite de l’effondrement d’une galerie souterraine à Dioulafoundou, dans la commune de Nouga (Kangaba), située à proximité immédiate de la frontière guinéenne.
Le drame s’est déroulé dans une zone isolée et difficile d’accès. La galerie exploitée, mesurant près de 12 mètres de hauteur sur 8 mètres de largeur, s’est brutalement affaissée sur les ouvriers présents au fond du puits.
La violence de l’éboulement et la profondeur des installations ont particulièrement compliqué les opérations de déblaiement engagées par la Protection civile et les forces de sécurité. L’acheminement et la mobilisation d’un engin lourd de type pelleteuse ont été nécessaires pour extraire les dépouilles des six victimes piégées sous la masse de terre et de roches.
S’étant rapidement rendu sur les lieux de l’accident, aux côtés de la hiérarchie sécuritaire, administrative et des équipes de secours, le préfet du cercle de Kangaba a vivement réagi à ce nouveau drame.
Le représentant de l’État a explicitement mis en cause la carence du comité de veille local, estimant que cet organe n’avait pas assuré ses missions élémentaires de contrôle et de prévention des risques sur le site.
Face aux notables et aux représentants des jeunes, le préfet a exigé la redynamisation immédiate et rigoureuse de ces structures de surveillance communautaire afin d’endiguer la multiplication des accidents mortels.
Cette nouvelle tragédie met en lumière l’extrême vulnérabilité des orpailleurs artisanaux et le non-respect récurrent des consignes de sécurité élémentaires dans les zones d’orpaillage de la région.
Le cercle de Kangaba et le bassin minier voisin de Kéniéba sont régulièrement le théâtre d’accidents de cette ampleur.
Pour rappel, en janvier 2025, un éboulement similaire sur le site de Danga, dans la commune rurale de Nouga, avait coûté la vie à 13 personnes. La même année, en février, l’effondrement d’une mine artisanale à Bilalikoto, dans le cercle de Kéniéba, avait entraîné la mort d’au moins 43 orpailleurs.
Par Abdoulaye OUATTARA









