C’est une étape cruciale dans la quête d’une paix durable et de la cohésion sociale au Mali. Ce jeudi 29 octobre 2026, le Premier ministre, le général de division Abdoulaye MAÏGA, représentant le président de la Transition, le général d’armée Assimi GOÏTA, a officiellement reçu le « Document de Bamako pour la déconstruction du discours extrémiste au Mali ». Il s’agit d’une initiative portée par le Haut Conseil islamique du Mali (HCIM) pour armer les esprits contre la haine et l’intolérance.
Dans un contexte où la sécurité et la cohésion nationale demeurent au cœur des priorités du pays, le HCIM a franchi, ce jeudi, une étape décisive dans la prévention de la radicalisation. Réunis au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les dignitaires religieux ont officiellement présenté le « Document de Bamako pour la déconstruction du discours extrémiste au Mali ».
Mobilisation exceptionnelle
Placée sous le haut patronage du Premier ministre, chef du gouvernement, le général de division Abdoulaye MAÏGA, la cérémonie a rassemblé des membres du gouvernement, un parterre représentatif des différentes confessions religieuses du pays, des autorités institutionnelles, des représentants de la société civile et des guides spirituels.
Le Document de Bamako se présente comme une contre-offensive doctrinale face aux idéologies de rupture. En ciblant directement les ressorts sémantiques et idéologiques qui alimentent l’intolérance et les tensions communautaires, cette initiative vise à restaurer une exégèse religieuse fondée sur la modération, la responsabilité et le respect mutuel.
« La lutte contre l’extrémisme ne saurait se réduire à sa seule dimension sécuritaire ; elle exige un travail d’arrière-garde pédagogique, théologique et civique pour prémunir nos sociétés contre le poison de la division », estiment les concepteurs du projet.
Face aux menaces d’enrôlement et à la prolifération des discours de haine, le HCIM entend replacer les autorités spirituelles au centre de la riposte. Les guides religieux sont ainsi appelés à se placer en première ligne pour promouvoir auprès de la population, en particulier de la jeunesse, des valeurs ancrées dans la tolérance, la solidarité et la coexistence pacifique.
Au-delà de la portée symbolique de cet événement, le HCIM et ses partenaires mettent en avant l’urgence d’une approche globale. Pour prémunir durablement le pays contre la radicalisation, l’initiative repose sur une synergie étroite entre les pouvoirs publics et les institutions de l’État, garants du cadre réglementaire et de la sécurité ; les leaders et organisations religieux, vecteurs d’un enseignement modéré et éclairé ; ainsi que la société civile et les médias, acteurs clés de la sensibilisation et de l’éducation citoyenne.
Le défi du terrain
Si la mobilisation au CICB illustre l’engagement du leadership religieux malien en faveur de la paix, le véritable test se jouera sur le terrain. L’impact réel du Document de Bamako dépendra désormais de l’ampleur de sa diffusion, de son appropriation par les prédicateurs à l’échelle locale et de la mise en œuvre méthodique des recommandations formulées.
Le Premier ministre a ainsi exhorté les organisations religieuses, les acteurs de la société civile et les institutions étatiques à s’approprier immédiatement les recommandations du document afin de les traduire en actions concrètes.
Le premier vice-président du HCIM, M. Ibrahim KONTAO, qui a remis le document stratégique au chef du gouvernement, a plaidé, au nom de la communauté musulmane, pour une réponse doctrinale adaptée aux discours incitant à la violence. Il a également lancé un appel pressant à l’ensemble des fidèles en faveur d’une large diffusion de l’ouvrage.
Une réponse globale aux défis sécuritaires
Prenant la parole, le Premier ministre Abdoulaye MAÏGA a salué une démarche citoyenne et responsable, qui témoigne de l’urgence d’une mobilisation générale. « Face aux défis liés à la préservation de l’harmonie sociale, la responsabilité des leaders religieux revêt une importance particulière. Par leur parole et leur influence, ils contribuent à promouvoir la tolérance et la coexistence pacifique », a-t-il affirmé.
Tout en rendant un hommage appuyé aux Forces de défense et de sécurité (FDS) pour leurs sacrifices sur le terrain, le chef du gouvernement a rappelé que l’option militaire, bien que déterminante, ne saurait suffire. La lutte contre l’extrémisme violent exige désormais une approche intégrée, combinant prévention, sensibilisation et dialogue de proximité avec les communautés et les dignitaires religieux.
« La sécurité ne saurait être pleinement consolidée sans la confiance des populations, tout comme la paix ne peut s’enraciner durablement sans une responsabilité partagée », a insisté le général de division Abdoulaye MAÏGA.
Passer des paroles aux actes
Cette initiative s’inscrit en droite ligne des orientations du président de la Transition, le général d’armée Assimi GOÏTA, qui a placé la consolidation de la paix et la refondation de l’État au cœur des priorités nationales. Elle rejoint notamment les travaux du Comité de réflexion sur la prévention des troubles dans l’espace religieux.
Toutefois, le gouvernement a prévenu que la remise de ce document ne doit pas rester une simple formalité protocolaire.
Un accent particulier a été mis sur la protection de la jeunesse face aux risques d’instrumentalisation idéologique. « Nous devons, ensemble, refuser les amalgames, combattre les préjugés et transmettre à nos jeunes un héritage fondé sur le respect de la dignité humaine », a conclu le chef du gouvernement.
Entrecoupée de lectures de versets du Saint Coran, la cérémonie s’est achevée dans un climat d’unité et d’engagement renouvelé pour un Mali où le dialogue prévaut durablement sur la confrontation.
Par Abdoulaye OUATTARA








