Après Ba-Maliba, la Mauritanie elle aussi est en proie à une crise du carburant sérieuse depuis début janvier 2026, avec des pénuries importantes à Nouakchott et dans plusieurs de ses régions : longues files d’attente, prix exorbitants au marché noir, perturbations des transports et des activités économiques… exactement comme chez nous. Il ne faut pas se réjouir du malheur de son voisin, car si le feu de brousse n’est pas circonscrit, un criquet ne doit pas faire de condoléances à un autre criquet. Faut-il comprendre que c’est pourquoi le Sénégal, en très bon voisin, a volé au secours de ce négrophobistan avec plusieurs dizaines de camions citernes. Notons simplement qu’il y a voisin et voisin fréquentable. Le Mali d’Assimi Goïta n’est peut-être pas en odeur de sainteté, mais il est bien le premier partenaire commercial africain du Sénégal, dominant le marché des exportations sénégalaises vers le continent africain, avec une part significative des flux commerciaux entre les deux pays. Sans rancune, en 2024, les exportations sénégalaises vers le Mali honni ont atteint 802,8 milliards FCFA (≈1,4 milliard $). Mais il est plus facile de convoyer des citernes en Mauritanie que de défier les djihadistes pour aider son voisin dans les difficultés.
Parole d’un maure du désert, la crise actuelle de carburant en Mauritanie n’a rien à voir avec les djihadistes qui n’attaquent pas un pays islamique. Elle est plutôt du officiellement à : la suppression récente des subventions sur les carburants (décision gouvernementale pour réduire la charge fiscale massive : des milliards d’ouguiyas économisées visées), à des retards d’importations (attribués en partie à des conditions météo ou logistiques) et à une dépendance aux importations et à une vulnérabilité aux fluctuations.
Malgré son statut de pays producteur de pétrole, la Mauritanie fait face à une crise du carburant récurrente, exacerbée en ce mois de janvier, situation qui paralyse la mobilité des personnes et des marchandises, impactant les activités quotidiennes et économiques. Les retards des navires de ravitaillement en provenance de l’étranger sont avancés par les autorités mauritaniennes comme cause principale, aggravés par une contrebande d’essence vers des groupes armés qui y ont trouvé base arrière pour opérer contre notre pays. Comme Dieu ne dort pas, cela crée une vulnérabilité structurelle, avec un manque de stocks stratégiques adéquats pour couvrir les besoins nationaux.
La crise stimule un marché noir, avec des prix gonflés (par exemple, jusqu’à 2 300 FCFA le litre dans certaines régions frontalières), menaçant la souveraineté énergétique et provoquant des critiques de l’opposition sur l’absence de réserves stratégiques.
Le ministre du Pétrole, des mines et de l’énergie, Mohamed Ould Khaled et le reste du gouvernement ciblent deux bouc-émissaires : les retards de livraisons et la contrebande vers des terroristes. Ils disent qu’un navire chargé d’une quantité suffisante d’essence était attendu autour du 19-20 janvier 2026, promettant une résolution rapide.
Hum, ni tolila a kassa be bo (si ça pourrit, ça sentira).
Par El Hadj Sambi Touré