L’opération spéciale d’immatriculation obligatoire des engins motorisés à deux et trois roues, lancée le 15 juin 2026 sur toute l’étendue du territoire national, connaît une forte mobilisation des usagers. Au centre du Chemin de Fer de Darsalam, malgré l’importante affluence constatée dès les premiers jours, l’organisation mise en place permet de réduire considérablement le temps d’attente des motocyclistes.
Ce mercredi 17 juin, dès 9 heures du matin, une longue file de motos s’étendait déjà dans la cour située près des rails. Les agents chargés de l’accueil orientaient les usagers vers les différents rangs afin de maintenir l’ordre et faciliter le déroulement des opérations.
Toutefois, un léger moment de tension a été observé lorsqu’un conducteur de Télimani a exprimé son mécontentement, estimant que son rang avançait moins rapidement que l’autre.
« Nous ne pouvons pas accepter cela. Comment pouvez-vous prendre plus de personnes dans l’autre rang alors que le nôtre n’avance pas ? » a-t-il lancé aux agents chargés d’immatriculation.
Après vérification, il s’agissait simplement d’une erreur dans la répartition des groupes de dix motos prises en charge à chaque passage. La situation a rapidement été maîtrisée avec l’intervention M. Aliou KONÉ, Chef du Centre du Chemin de Fer à Darsalam.
Pour éviter tout nouveau déséquilibre, un nouveau dispositif a été adopté. L’équipe d’enrôlement a été répartie tout au long des files d’attente : certains agents au début des rangs, d’autres au milieu et à la fin. Une stratégie qui a permis de fluidifier les opérations et d’éviter tout débordement au fil des heures.
«Avec mes 10 agents, nous arrivons en tout cas, à contenir l’affluence et l’humeur des usagers tant bien que mal ! » a indiqué M.KONE. En expliquant, au premier jour, c’était le contraire, car l’organisation était défaillante. Mais avec le temps, nous sommes arrivés à surmonter les obstacles et les difficultés grâce au dynamisme et l’engagement de cette équipe de jeunes filles et garçons, a exprimé le patron du centre, affirmant que par jour ils peuvent immatriculer entre 200 à 300 engins.
En attendant son tour, M. KONARE reconnaît l’importance de l’opération, même s’il reste préoccupé par le coût de l’immatriculation.
« En tant que citoyen, je suis obligé de faire cette démarche. Je comprends son utilité, mais je trouve que le coût est plus que élevé. Avec la cherté de la vie et les difficultés économiques que traversent beaucoup de familles, l’État aurait pu fixer le prix entre 3 000 et 5 000 FCFA au maximum», explique-t-il.
Ce chef de famille précise qu’il doit également immatriculer trois autres motos appartenant à ses enfants, ce qui représente une dépense importante pour son foyer.
À l’inverse, Kaly SIDIBE estime que cette opération constitue un véritable devoir citoyen.
« C’est une mesure très importante. Elle permet non seulement de mieux sécuriser les motos, mais aussi d’aider les autorités à identifier les personnes mal intentionnées et à limiter les déplacements des groupes terroristes », affirme-t-il.
Contrairement à M. KONARE, Kaly SIDIBE juge que le montant demandé reste raisonnable au regard des enjeux liés à la sécurité et à l’organisation du pays.
Ainsi, malgré quelques difficultés liées à la forte affluence, le site d’immatriculation de Darsalam affiche une organisation appréciable. La mobilisation des équipes et l’adaptation rapide aux imprévus permettent aux usagers d’effectuer leurs démarches dans de meilleures conditions.
PAR AMINA SISSOKO