Depuis les quatre dernières années (de 2020 à 2024), les envois de fonds des travailleurs migrants maliens connaissent une augmentation. Ils sont estimés à plus de 600 milliards de francs CFA en 2024. Les 28,7% de ce montant proviennent des autres pays de l’UEMOA, à savoir : la Côte d’ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso. C’est ce qui ressort de la Balance des paiements et position extérieure globale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) de 2024.
Les migrants ont une place essentielle dans le développement économique du pays. Ils contribuent sans doute, à la croissance de l’économie nationale. Pour preuve, selon la BCEAO, les flux créditeurs des envois de fonds des travailleurs migrants se sont établis à 601,6 milliards, après 583,5 milliards pour l’année 2023.
Dans son rapport de 2024, la BCEAO précise que le revenu secondaire net de l’administration publique s’est élevé à 26,5 milliards, marquant ainsi une diminution significative par rapport aux 257,7 milliards de l’année précédente, principalement due à la fin des missions d’assistance militaire de la MINUSMA.
La BCEAO soutient que le flux de créditeurs de l’administration publique a atteint 29,8 milliards, représentant les fonds obtenus grâce à la coopération internationale. Par ailleurs, les autres fonds destinés à l’appui budgétaire global de l’administration publique ont été nuls, comparativement aux 4,5 milliards enregistrés en 2023.
Au niveau des flux de revenu secondaire en faveur des autres secteurs de l’économie (société, ménages et institutions sans but lucratif au service des ménages), le rapport de la BCEAO souligne que les flux nets sont ressortis à 508,1 milliards en 2024, en augmentation de 7,2 milliards ou 1,4% par rapport à leur niveau de 2023.
Cette évolution, selon la BCEAO, découle de la hausse de 4,6% des flux nets des envois de fonds des travailleurs migrants qui sont ressortis à 475,0 milliards en 2024. Les flux créditeurs se sont établis à 601,6 milliards après 583, 5 milliards pour l’année 2023, soit une baisse de 3,1%, en lien avec celle des transferts rapides en provenance de l’Europe. Une proportion de 28,7% de ce montant provient des autres pays de l’UEMOA, 43,3% des pays de la Zone euro et 27,9% du reste du monde, précise le rapport.
28,7% de ce montant proviennent de l’UEMOA
Au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), ce sont les travailleurs migrants résidant en Coté d’ivoire, au Sénégal et au Burkina Faso qui envoient le plus de fonds avec respectivement 62,6%, 12,6% et 13,7% des montants en provenance de l’UEMOA.
Quant à la Zone euro, la France et l’Espagne prédominent, alors qu’au niveau des autres pays, la République du Congo, le Gabon et les États-Unis constituent les principales sources.
En tout cas, il faut reconnaitre que les envois de fonds des travailleurs migrants en faveur du Mali, connaissaient une augmentation de 2020 à 2024. Précisément en 2022, les envois de fonds des travailleurs migrants se chiffraient à 639 715 milliards de francs CFA. Par contre, les envois de fonds de migrants en 2024, se chiffraient à 601,567 milliards francs CFA, soit une baisse de 38 milliards de francs CFA.
PAR SABA BALLO