Lors d’un point de presse virtuel, ce mardi 3 février, le général Dagvin RM Anderson, commandant du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), a alerté notamment sur l’expansion de Daesh et d’Al-Qaïda dans l’espace ouest africain où les groupes terroristes entretiennent la terreur.
Alors qu’il achève ses six premiers mois en tant que commandant, le général Anderson a animé un point de presse pour donner un aperçu des principales priorités de l’AFRICOM, de la coopération en matière de sécurité axée sur les partenaires, en faveur de la sécurité, de la stabilité, de la souveraineté régionale, conformément aux intérêts nationaux des États-Unis.
Pendan de la conférence, le général Dagvin RM Anderson, commandant d’AFRICOM, interpellé sur l’expansion des terroristes en Afrique de l’Ouest, a souligné avoir constaté la « menace croissante que représentent Daech et Al-Qaïda. Le JNIM est d’ailleurs clairement affilié à Al-Qaïda au Sahel ».
Selon lui, ces deux groupes ont intensifié les pressions en Afrique de l’Ouest, notamment à travers le Sahel, et s’étendent jusqu’à d’autres pays.
« Ayant voyagé dans plusieurs pays bordant le golfe de Guinée, je comprends les préoccupations partagées face à l’expansion continue de cette menace », a-t-il insisté, tout en rappelant l’importance de la conférence d’Aqaba (Rome) qui a permis de mobiliser l’attention internationale sur cette expansion jihadiste en Afrique de l’Ouest.
Dans cette région affaiblie par l’extrémisme violent, l’officier supérieur américain salue le modèle de coopération de son pays avec le Nigéria contre la menace terroriste. Une coopération bâtie notamment sur le renseignement, la surveillance et la reconnaissance (ISR) mise en œuvre conjointement.
« Cette synergie nous permet d’être bien plus efficaces pour contrer ces menaces », a indiqué le commandant d’AFRICOM.
Si déjà la force américaine collabore directement avec plusieurs pays africains, sa coopération reste ouverte à tout autre partenaire.
« Nous sommes prêts et disposés à collaborer avec nos partenaires pour répondre à nos préoccupations communes en matière de sécurité », a réitéré le sergent-major Garric M. Banfield, complétant l’intervention du commandant.
Soulignant la relation entre sécurité et développement, il a rappelé que l’instabilité crée un environnement propice aux organisations extrémistes violentes et aux organisations terroristes.
Pour l’équipe d’AFRICOM, la lutte contre l’extrémisme violent doit s’accompagner de stratégies de développement.
« C’est un domaine dans lequel nous collaborons avec l’administration actuelle afin d’exploiter au mieux les opportunités économiques et les investissements qui contribuent directement à la sécurité », a-t-il indiqué.
Selon lui, cette approche n’a pas été explorée par les précédents dirigeants de son pays. « C’est un domaine que nous n’avons pas, par le passé, du point de vue du Pentagone, examiné d’aussi près. Nous continuons donc à l’explorer, et j’y vois un formidable potentiel à travers le continent», a soutenu le général Anderson.
Des discussions sont en cours avec le gouvernement américain à Washington, a précisé l’officier américain, pour déterminer où concentrer les investissements et efforts en matière de sécurité afin d’obtenir le meilleur retour sur investissement.
Abordant les perspectives, le général Anderson a annoncé la tenue de l’exercice African Lion. Cette manœuvre historique se tiendra cette année en mai au Maroc. L’édition réunira 19 pays africains, six pays européens, ainsi que des nations d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient. Pour la première fois, l’exercice sera structuré autour de trois pôles régionaux, à savoir en Tunisie, au Ghana et au Sénégal.
« L’objectif est d’appréhender la dimension régionale, et non de se concentrer sur un seul pays », a souligné le commandant d’AFRICOM.
PAR SIKOU BAH