Le procès de l’affaire dite Panamount-Ambrauer reprendra le 23 mars 2026 avec les débats de fond. Ce dossier concerne une dizaine de présumés auteurs impliqués dans la livraison d’équipement militaire aux FAMa Dans un entretien exclusif accordé à la télévision nationale ce samedi 7 février, le procureur de la République du pôle national économique et financier, Mohamedine Ag MOUSSA, a expliqué que le procès suit son cours. D’ailleurs, à la date de la suspension, le 6 février dernier, les décisions ont été rendues, mais ’’Personne n’a été déclaré coupable. Personne n’a été déclaré non coupable’’.

Le pôle national économique et financier, très sollicité ces derniers temps, juge depuis décembre 2025 le dossier Panamount Ambrauer, un procès très suivi par les populations maliennes.
Au cœur de ce procès, ce sont deux contrats destinés à équiper les forces de défense et de sécurité dont les marchés étaient attribués Paramont, une société Sud-africaine pour les 36 blindés ; et Ambrauer, une société brésilienne pour 4 aéronefs Super Tucano.
Tous ces contrats ont été signés de la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM).
« C’est cette affaire qui, à l’époque, avait été contrôlée, ces marchés ont été audités. L’audit a relevé un certain nombre de fautes qui sont susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale, ont été dénoncées », a détaillé le procureur Mohamedine Ag MOUSSA.
L’affaire Paramount Ambrauer constitue aujourd’hui un véritable cas de justice où beaucoup de personnalités qui ont servi l’État, en haut lieu, y sont interpellées.
« Les reproches qui sont faits sont susceptibles de constituer les atteintes au bien public, le blanchiment des capitaux, les faux et usage de faux et complicité de ces faits », a indiqué Mohamedine Ag MOUSSA, procureur de la République du pôle national économique et financier.
Dans le cadre de ce procès, les accusés sont nombreux, et la majorité d’entre eux, au moment des interpellations, était hors du territoire national et refuse toujours de répondre à la convocation de la justice.
Malgré tout, la procédure, selon le procureur, suit son cours et chaque dossier est traité selon sa spécificité. Puis, il a rappelé le lancement de mandat d’arrêts internationaux contre des accusés se trouvant à l’étranger.
Toujours d’après le procureur, des éléments clés n’ont pas encore été éclaircis. La prudence et le professionnalisme exigent de mener des investigations pour bien compléter le dossier.
« Pour le moment, sur le fond, aucune décision n’a été rendue.
Encore une fois, la Chambre criminelle a ordonné l’accomplissement d’un certain nombre d’actes au titre d’un complément d’information.
C’est ce qui s’est passé le 6 février dernier et le procès a été renvoyé à au 23 mars 2026 et les débats vont reprendre. », a rassuré Mohamedine Ag MOUSSA qui souligne que « le temps de la justice n’est pas celui des hommes ».
« Le juge va prudemment. Nous avons 404 ouvertures d’enquête et il y en a qui remontent jusqu’en 2014. Pour le moment, sur le fond, aucune décision n’a été rendue. Personne n’a été déclaré coupable. Personne n’a été déclaré non coupable », a-t-il clarifié
En tout cas, les autorités de la transition sont très exigeantes en la matière et ce procès offre l’opportunité de prouver que nul n’est au-dessus de la loi.
C’est du moins ce que le procureur Mohamedine Ag MOUSSA estime, en ajoutant que le pôle national économique et financier a pour mission principale de lutter contre la corruption et la délinquance financière. A son actif, de 2024 à nos jours, le bilan est jugé plus que satisfaisant au regard des montants recouvrés par les autorités compétentes grâce au travail en amont effectué par le pôle.
«Il existe un compte de fonds spécial logé dans les livres de la BNDA. Ce compte, l’année dernière, avait pour solde, au 31 décembre 2025, 2 789 596 728. À la date d’aujourd’hui, il est à plus de 4 milliards de FCFA», a-t-il fait le point.
Toujours en marge de l’activité judiciaire au niveau de la brigade, le procureur a fait savoir qu’en 2024, ce sont 331 496 639 francs qui ont été volontairement payés par les justiciables.
« En 2025, la brigade, c’est 541 829 098 francs donc une nette augmentation. Ce n’est pas tout, cette année au niveau des cabinets d’instruction, on a totalisé plus de 11 milliards de nos francs», a-t-il affirmé.

Par Abdoulaye OUATTARA

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