Le Gouvernement du Mali et ses partenaires humanitaires ont officiellement lancé le Plan de réponse humanitaire 2026, ce jeudi 5 février 2026 à Bamako. Un dispositif ambitieux qui vise à mobiliser 577,9 millions de dollars, soit environ 320,5 milliards de F CFA, afin de venir en aide à 3,8 millions de personnes vulnérables à travers le pays.

Cet appel survient dans un contexte marqué par une contraction des financements depuis plusieurs années, notamment en 2025, alors que les violences armées, les épidémies et les perturbations climatiques continuent d’entraîner des conséquences multiformes pour des millions de familles.
Selon les initiateurs de cette rencontre, près de 415 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et près de 250 000 autres personnes ont trouvé refuge au Mali en provenance des pays voisins.
Des dizaines de personnes, en majorité des enfants, ont succombé à une épidémie de diphtérie. Au moins 2 300 écoles et des centaines de cantines scolaires ne sont plus fonctionnelles en raison de l’insécurité et de la baisse des financements.
En 2026, environ 4 millions de personnes auront des difficultés à s’alimenter et pourraient voir leur situation se détériorer. De nombreux autres programmes clés, notamment en matière de protection, ont connu des perturbations en 2025.
« La crise humanitaire au Mali demeure une crise négligée, avec des conséquences humaines interconnectées qui vont au-delà des chiffres. Le défi pour 2026 est de faire autant que les années antérieures avec moins de ressources », a déclaré la coordonnatrice humanitaire au Mali, Mme. Hanaa SINGER-HAMDY.
Exposant le Plan, Hanaa SINGER-HAMDY, coordonnatrice résidente des Nations Unies au Mali et coordonnatrice humanitaire, a expliqué que cette stratégie ne se limite pas à l’assistance d’urgence, mais ambitionne également de renforcer l’autonomie des communautés et de bâtir des perspectives durables pour l’avenir.
Elle a souligné l’importance de renforcer les liens entre l’action humanitaire, le relèvement et le développement, afin d’accompagner le Mali vers des solutions structurelles.
« Pour des millions de personnes, l’aide humanitaire n’est pas un choix : c’est une question de survie », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Investir aujourd’hui dans la réponse humanitaire, c’est éviter des crises plus profondes demain. »
Au nom du Gouvernement, la ministre de la Santé et du Développement social, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo TOURÉ, a réaffirmé l’engagement des autorités maliennes à soutenir les populations les plus vulnérables, notamment les déplacés internes, les réfugiés, les retournés et les rapatriés maliens.
Pour elle, seule une synergie entre acteurs humanitaires, communautaires et du développement permettra de mettre en œuvre des solutions durables et de répondre efficacement aux besoins des populations les plus affectées.

Par Abdoulaye OUATTARA

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