Ce mercredi 25 février 2026, notre pays a pris les commandes de l’intégration économique ouest-africaine. À l’Hôtel Azalaï, la phase technique de la 11e Revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’UEMOA bat son plein. Pendant trois jours, experts et décideurs passent au scanner 145 textes réglementaires et six grands projets communautaires évalués à plus de 23 milliards FCFA. L’objectif : accélérer l’harmonisation fiscale et douanière pour fluidifier les échanges et alléger le quotidien des citoyens.
Le Mali, pays hôte, ne fait pas de la figuration. Avec un taux de mise en œuvre des réformes de 80,06 % en 2024, l’un des meilleurs de l’Union, notre pays prouve sa crédibilité malgré les assauts terroristes, la floraison du narratif anti-malien et les exigences de la Transition. Sous la houlette des autorités, le Mali conjugue engagement communautaire et défense intransigeante de sa souveraineté, en phase parfaite avec l’Alliance des États du Sahel.
Pourtant, trente ans après la création de l’UEMOA, l’enthousiasme doit rester lucide. L’harmonisation douanière, censée tuer la fraude, profite-t-elle vraiment à notre pays enclavé quand les ports d’Abidjan et Dakar captent l’essentiel des flux ? La fiscalité unique risque-t-elle d’asphyxier nos recettes nationales au profit des locomotives côtières ? Ces questions, légitimes, exigent des réponses concrètes : les six projets à 23 milliards FCFA doivent prioriser les infrastructures sahéliennes, pas seulement les corridors du sud.
La dynamique est positive. Meilleure convergence macroéconomique, baisse des prix des biens importés, création d’emplois via les chaînes de valeur régionales : les Maliens peuvent y gagner. Mais à condition que notre pays impose une lecture « sahelienne » des textes, adaptée aux réalités sécuritaires et économiques du Nord. Pour la défense de sa souveraineté et les intérêts de son peuple, le Mali doit transformer cette revue en acte de souveraineté collective. Pas une intégration de façade, mais une union qui sert d’abord les Maliens et les Sahéliens : plus de prospérité, moins de barrières, une vraie solidarité. Le Mali doit montrer la voie.

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