La première édition de la Journée des solutions de financement s’est tenue ce mardi au siège du Conseil national du patronat du Mali (CNPM). Coorganisée par le CNPM et l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers du Mali (APBEF-Mali), cette rencontre a réuni dirigeants d’entreprises, responsables de banques ainsi que des partenaires techniques et financiers régionaux et internationaux.

L’objectif de cette rencontre est d’évoquer sans filtre les enjeux du financement en faveur des entreprises privées, jugé faible par certains, en comparaison avec des pays de la sous-région. Loin d’une réunion ordinaire, il s’agit de proposer du concret.
S’exprimant à cette occasion, la présidente de l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers du Mali, Mme SIDIBE Aïssata KONE, en plus de se réjouir de l’organisation de cette 1ʳᵉ édition, a rappelé l’engagement des banques à accompagner le secteur privé malien.
Faisant parler les données, elle a indiqué que les banques maliennes ont financé le secteur privé à hauteur de 2741 milliards au 31 décembre 2025. Et les crédits accordés aux PME-PMI représentent 38,2 % de ce montant, soit 1041 milliards au 31 décembre 2025.
Cependant, a-t-elle relevé, « Au 31 décembre 2025, il faut également noter que le taux de dégradation du portefeuille du Mali s’est établi à 12,1 % contre une moyenne dans l’union de 9,1 %. Le taux net de dégradation du portefeuille est ressorti également à 5,7 % contre 3,3 % au niveau de l’union. Il faut noter que le taux de dégradation du PME-PMI est de 18,40 % au 31 décembre 2025. »
Au-delà des statistiques qui ne plaident pas en faveur du financement, la présidente de l’APBF estime nécessaire de reconstruire la relation de confiance entre les banques et les entreprises. Celle-ci, a-t-elle poursuivi, doit être fondée sur la transparence, la proximité et une meilleure compréhension mutuelle. D’où sa satisfaction à la tenue de la 1ʳᵉ édition de cette journée.
Convaincue que l’accès au financement n’est jamais une fin en soi, elle a affirmé que c’est un levier au service des ambitions communes. Car, a soutenu Mme SIDIBE Aïssata KONE, derrière chaque crédit accordé, il y a une entreprise qui se développe, des emplois qui se créent et des familles qui voient leur avenir se dessiner plus sereinement.
Quant au président du Patronat du Mali, il a expliqué que cette journée co-organisée avec l’APBF a pour vocation de faire du concret en vue d’obtenir des réponses précises à l’épineuse question de financement.
Pour lui, la journée vise à agir, à bâtir des ponts entre les entreprises, les institutions financières, ici fortement représentées ce matin, les partenaires publics, notamment l’État, et les partenaires techniques et financiers de notre gouvernement, afin de créer un environnement plus transparent, plus fluide et plus propice à la croissance.
« Cette journée inaugure un chantier ambitieux visant à améliorer la circulation de l’information financière, promouvoir des instruments adaptés aux réalités de notre économie, renforcer la préparation des entreprises à l’accès au financement, consolider durablement l’écosystème entrepreneurial malien », a ajouté le président du CNPM.
Abordant la question du financement des entreprises, pour M. BALLY, ce n’est pas un sujet ordinaire parce qu’il touche à la vitalité même du tissu économique du pays en plus de son enjeu de souveraineté économique.
Or, pour faute de solutions de financement adapté, il a rappelé que « Trop de sujets structurants peinent encore à se réaliser, trop de projets structurants peinent encore à se réaliser, trop d’opportunités demeurent inexplorées ».
Cette situation traduit un double décalage, a-t-il expliqué.
D’un côté, des entreprises qui ne maîtrisent pas pleinement les exigences financières ; de l’autre, des institutions parfois éloignées des réalités du terrain.
Se fondant sur les chiffres de l’APBEF, le président Mossadeck BALLY est certain de l’existence du financement dans les banques, dont la mobilisation nécessite des préalables, à savoir la préparation, la rigueur et une vision.
Aux banques et institutions financières, il a lancé : « Le potentiel de nos entreprises est immense. Elles méritent une écoute attentive, une innovation continue, un accompagnement réellement adapté. »

PAR SIKOU BAH

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