La Direction du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, ce mercredi 18 mars 2026, la seconde et dernière revue du programme de référence du Mali. Ce programme, approuvé en mars 2025, vise à assurer la viabilité des finances publiques, à renforcer la gouvernance et la gestion des finances publiques et à protéger les plus vulnérables.
Dans un communiqué publié ce lundi 23 mars à l’issue de la réunion du Conseil d’administration, le FMI dresse un bilan positif de l’économie de notre pays et de la mise en œuvre du programme, malgré les difficultés rencontrées fin 2025.
« L’économie malienne se redresse après des difficultés survenues à la fin de 2025, dans un contexte d’amélioration de la situation sécuritaire et de reprise de la production aurifère. L’activité économique en 2025 a été affectée par la baisse de la production d’or et les perturbations de l’approvisionnement en carburant au quatrième trimestre à la suite d’attaques terroristes », indique le communiqué du FMI.
L’institution met, toutefois, en avant des perspectives plus favorables pour 2026, conditionnées à plusieurs facteurs, notamment le rétablissement de l’approvisionnement en carburant, l’amélioration de la sécurité et la résolution du différend minier.
Dans un contexte économiquement difficile pour les nations, l’inflation reste maîtrisée avec un taux inférieur à 3 %, tout comme en 2026, indique le communiqué du FMI.
Sur le plan des performances, le FMI salue des résultats conformes, voire supérieurs aux attentes en affirmant « La mise en œuvre du programme de référence a été robuste. Tous les objectifs quantitatifs et indicatifs de la deuxième revue (dépenses sociales prioritaires, recettes fiscales nettes, arriérés intérieurs et extérieurs et déficit budgétaire primaire) ont été atteints et les résultats ont été supérieurs aux attentes dans certains cas. »
De même, le document du FMI note que tous les repères structurels ont également été atteints, notamment la digitalisation des recettes fiscales, l’interconnectivité de l’administration fiscale et l’élaboration d’un plan d’action lié au recensement des comptes publics.
Par ailleurs, l’institution financière salué les efforts des autorités du pays pour avoir fait preuve d’une grande transparence dans l’utilisation des fonds du FMI au titre de la facilité de crédit rapide d’avril 2025 et publié le deuxième rapport trimestriel sur l’utilisation de ces ressources, ainsi que des informations détaillées sur la passation des marchés, y compris les processus de sélection et les bénéficiaires effectifs.
« Le budget 2026 prévoit un déficit budgétaire conforme au plafond de 3 % du PIB fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), soutenu par une forte mobilisation des recettes intérieures et une maîtrise des dépenses courantes », relève le FMI.
Si le FMI estime que l’orientation budgétaire actuelle est appropriée, il appelle néanmoins à la prudence, notamment face aux recettes exceptionnelles liées à la hausse des cours de l’or.
S’agissant notamment des réformes, les services du FMI ont identifié dans la revue des chantiers prioritaires pour notre pays, en proie à l’insécurité depuis des années.
Ces priorités concernent des réformes sur l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement des administrations fiscales et douanières, l’amélioration de la gestion des finances publiques, la réduction de la vulnérabilité des entreprises publiques et la préservation de l’espace nécessaire à l’investissement public et à la protection des ménages vulnérables.
PAR SIKOU BAH