L’association TEMEDT a présenté ce jeudi 26 février 2026 à Bamako son cahier de mémoire collective, intitulé « Systématisation de l’expérience de TEMEDT en matière de lutte contre l’esclavage par ascendance au Mali ».
C’était à la faveur d’un atelier de capitalisation qui avait pour cadre l’hôtel Olympe de Bamako. Le document de 58 pages retrace 20 ans de combat de TEMEDT contre le phénomène de l’esclavage et les pratiques assimilées.
L’événement a rassemblé des acteurs étatiques, des organisations de la société civile, ainsi que des partenaires techniques et financiers engagés dans la promotion des droits humains au Mali.
Cet ouvrage a été préfacé par Aguibou Bouaré, ancien président de la Commission nationale des droits de l’homme. Il a rappelé sa collaboration avec l’organisation et reconnaît son implication dans l’aboutissement de l’abolition de l’esclavage par ascendance au Mali. Pour ce défenseur des droits de l’homme, le plus dur reste à venir, c’est-à-dire la mise en œuvre et le suivi de cette loi.
Dans son propos, le premier président d’honneur de l’association, Mohamed Ag Akeratane, a souligné que ce document reflète moins de 1 % du travail effectué ainsi que leur souffrance dans la lutte contre le phénomène. Il constitue un hommage aux victimes et aux personnes décédées du fait de cette pratique et de leur combat. Cette rencontre a servi de cadre pour systématiser l’expérience de TEMEDT, notamment en retraçant les actions de sensibilisation, de documentation des cas, d’assistance juridique, d’accompagnement des victimes devant les tribunaux.
Il s’agit aussi de plaidoyers auprès des institutions ; et de consolidation des recommandations pour renforcer la réponse institutionnelle face au phénomène. Pour sa part, la représentante du ministre de la Justice, Mme Kassogué Laurence Dougnon, la publication de ce cahier revêt une importance particulière pour son département, car, dit-elle, des efforts importants ont été entrepris pour renforcer les cadres juridiques et institutionnels de protection des droits humains. Ces efforts incluent l’amélioration de l’accès à la justice pour les victimes, la sensibilisation des communautés et des autorités locales, ainsi que la promotion de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.
En saluant la publication de ce cahier, le ministère de la Justice réitère sa disponibilité à poursuivre le dialogue et la coopération avec tous les acteurs engagés dans le cadre de la consolidation de l’État de droit et dans la lutte contre toutes les formes de discrimination et d’asservissement. « Nous devons ensemble transformer les mémoires douloureuses en fondement d’une société plus juste, plus équitable et résolument tournée vers l’avenir », conclut-elle. L’esclavage par ascendance et les pratiques assimilées demeurent une réalité douloureuse pour de nombreuses communautés au Mali.
En documentant l’expérience de terrain, les stratégies, les défis et les avancées obtenues, ce travail contribue à briser le silence, à renforcer la compréhension du phénomène et à éclairer l’action publique. Ce travail de systématisation a été réalisé grâce au projet « Appui à la justice et à la paix (JUPAX) », en partenariat avec Avocats sans frontières.
Notons que cette œuvre précède deux ouvrages de TEMEDT, notamment ‘‘L’esclavage au Mali, mythe ou réalité ?’’ sous la direction du regretté Pr Nafé Keita, et ‘‘Les 100 témoignages d’anciens esclaves’’.
Par Abdoulaye OUATTARA

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