La coordination locale du syndicat national des enseignants du Mali (SYNEM) de l’académie d’enseignement de Kayes a décidé de maintenir son mot d’ordre de grève de 120h reconductible. Ce lundi 2 mars 2026, une grève de la SYNEM est observée dans des groupes scolaires de la région de Kayes. Au même moment, les élèves maîtres ont manifesté pour réclamer le paiement de leur bourse.
La décision de poursuivre le mouvement de grève a été approuvée par l’assemblée générale d’information qui consacré l’arrêt de travail de 120 heures qui a débuté ce lundi 2 mars. En outre, les enseignants ont échangé sur les perspectives de négociations engagées pour le dénouement de la situation.
Ladite rencontre avait pour objectif d’éclairer les militants sur les raisons du mot d’ordre de grève et de partager les informations relatives aux pourparlers engagés avec les autorités compétentes.
Depuis le lancement de cette grève de 120 heures, plusieurs établissements scolaires connaissent des perturbations dans le déroulement normal des cours. Une situation qui suscite inquiétudes et attentes chez les élèves, les parents d’élèves ainsi que l’ensemble des acteurs du système éducatif.
Rappelons qu’avant l’arrêt de travail des enseignants du SYNEM, un préavis de grève avait été déposé le 24 février dernier sur la table du gouverneur de la région de Kayes. Le syndicat se plaignait d’une violation du plan de carrière dans la nomination au poste du Directeur de l’école de Sadiola Village second cycle ‘’A’’ sur la note de service N°2025-07/CAP-KRG du 14 octobre 2025 ; de la violation de l’arrêté 3282 dans la mutation arbitraire des enseignants de Sadiola Village ‘’A’’ vers les cercles : Kayes et Diamou sur la note de service N°25-0101/CAP-KRG.
Ces griefs s’ajoutent à un climat déjà tendu par des échanges conflictuels, notamment une lettre de menace reçue au Comité SYNEM de Sadiola à la date du 9 décembre 2025 et l’absence de signature d’un procès-verbal de conciliation.
Ainsi, ils ont exigé le respect de la loi 87-47 dans son article 3 ; le respect de l’arrêté 3282 notamment les responsables syndicaux ; et le respect du Plan de carrière. Aussi, ils menacent de procéder à une reconduction de la grève à défaut de satisfaction des revendications.
Les responsables syndicaux réaffirment toutefois leur disponibilité au dialogue, espérant l’ouverture de discussions susceptibles d’aboutir à une solution durable pour la stabilité du système éducatif malien.
Au même moment, les élèves maîtres de l’Institut de formation des maîtres (IFM) ont manifesté pour réclamer le paiement de 5 mois de bourses ainsi que la mise à disposition de leurs trousseaux. La mobilisation qualifiée de pacifique visait à attirer l’attention des autorités sur une situation qui, selon les manifestants, compromet leurs conditions d’étude et de vie.
Selon une source contactée par nos soins, une délégation des élèves maîtres aurait été reçue par les responsables du Conseil régional, dont relève l’IFM. Cette rencontre visait à obtenir des explications sur le non-paiement des bourses et le retard accusé dans la distribution des trousseaux.
Au cours des échanges, les responsables du Conseil régional auraient indiqué ne pas avoir encore reçu les fonds mis à leur disposition par l’État pour couvrir ces dépenses. D’après la même source, ils auraient expliqué que sans ce crédit, il leur est matériellement impossible d’assurer le paiement des bourses et la prise en charge des trousseaux, cette compétence relevant de leurs attributions mais dépendant des ressources transférées par l’État.
Pour de nombreux élèves maîtres, ces 5 mois de retard représentent une difficulté majeure. Les bourses constituent en effet un soutien essentiel pour subvenir aux besoins quotidiens, notamment la restauration, le transport, l’achat des livres.
PAR AMINA SISSOKO