Au Mali, les membres de l’Observatoire de la paix sont désormais connus. La liste a été dévoilée, le lundi 2 mars, par un décret signé par le Chef de l’État, Assimi GOÏTA. Il compte trente membres, incluant un président, et un vice-président et des experts placés sous la direction de l’ancien Premier ministre Ousmane Issouffi MAÏGA, celui-là même qui a piloté tout le processus qui a abouti à la mise en place de l’Observatoire.
Le Mali franchit une étape décisive dans sa quête de stabilité politique et sécuritaire. Avec la mise en place officielle de l’Observatoire de la paix, les autorités de transition affirment leur volonté de clore définitivement le chapitre de l’Accord d’Alger de 2015 pour privilégier une solution endogène.
La direction de cette structure a été confiée à Ousmane Issoufi MAÏGA. Ancien Premier ministre et figure centrale de la rédaction de la Charte, sa nomination apporte une garantie de continuité et d’expertise.
Pour l’épauler, une équipe pluridisciplinaire a été constituée, reflétant une volonté d’inclusivité.
Des personnalités comme Zeïni Moulaye (ex-Affaires étrangères) et Fatoumata Sékou Dicko (ex-Réformes politiques). La présence du guide religieux Thierno Hady Thiam, aux côtés de représentants des secteurs administratifs et de la société civile.
Structurée en plusieurs titres et chapitres, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation définit les orientations politiques et institutionnelles destinées à refonder l’action publique autour du vivre-ensemble, du renforcement de l’unité nationale et de la consolidation de la paix.
Issue du Dialogue inter-maliens organisé en 2024, la «Charte nationale pour la paix et la réconciliation» (adoptée en 2025) dispose désormais d’un bras opérationnel. L’Observatoire n’est pas qu’une simple instance de réflexion ; il a pour mission d’assurer le suivi rigoureux des engagements pris lors du dialogue ; d’évaluer l’impact des actions de réconciliation sur le terrain.
Enfin, il s’agit d’alerter et de proposer des solutions concrètes aux autorités pour éviter que les textes ne restent des vœux pieux.
Le message envoyé par les autorités de la transition est clair : la paix ne s’importera plus. En dénonçant l’Accord d’Alger, le gouvernement malien a choisi de «nationaliser» son processus de paix. L’Observatoire devient ainsi le symbole d’une souveraineté retrouvée, où l’appropriation des mécanismes de médiation par les acteurs locaux est la priorité absolue.
« L’enjeu est de transformer les déclarations d’intention en actions concrètes pour renforcer l’unité nationale et le vivre-ensemble. »
Par Abdoulaye OUATTARA