Le représentant spécial de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel s’est rendu à Abuja, au Nigeria, au siège de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Reçu le vendredi dernier, au cours de la rencontre il a été question du maintien de la coopération technique et sécuritaire entre les différentes organisations face à l’expansion de la menace terroriste.

Le représentant spécial de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel et chef de la Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel (MISAHEL), Mamadou TANGARA, a rencontré le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu TOURAY, au siège de la Commission le vendredi 6 mars 2026. Les discussions ont porté sur la prévention des conflits, la gouvernance politique, l’intégration régionale et la résilience économique.
Cette visite s’inscrit dans le cadre des échanges entre l’Union africaine et l’organisation régionale ouest-africaine sur les questions liées au Mali et au Sahel. Les discussions ont porté sur la coordination entre les deux organisations sur les dossiers concernant la région sahélienne. Elles interviennent alors que la CEDEAO a activé sa force d’intervention pour lutter contre une recrudescence des attaques terroristes touchant plusieurs pays côtiers, dont le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Togo.
L’un des problèmes est le départ, en janvier 2025, de trois États du Sahel de la CEDEAO pour former l’Alliance des États du Sahel (AES). Le retrait de la CEDEAO a altéré sa crédibilité en tant que modèle d’intégration régionale africaine et a diminué son pouvoir de négociation collective, tout en soulevant des interrogations pressantes quant à la capacité de l’Union africaine à combler ce fossé.
Face à la situation, l’Union africaine et la CEDEAO s’étaient précédemment entendues sur l’élaboration d’un cadre de coopération sécuritaire conjoint pour leur engagement au Burkina Faso, au Mali et au Niger, mais cet accord n’a pas encore abouti à une stratégie opérationnelle commune. La réunion d’Abuja de la semaine dernière constitue la dernière tentative en date pour faire progresser ce processus.
Touray a réaffirmé, selon le média ghanéen News Ghana, l’engagement de la CEDEAO en faveur d’une coordination institutionnelle avec l’Union africaine pour promouvoir la paix, la sécurité et la gouvernance démocratique. Tangara, quant à lui, a souligné l’importance de maintenir des liens étroits entre les mécanismes continentaux et régionaux, notamment pour appuyer la consolidation de la paix et la prévention des conflits au Sahel.
La visite de Mamadou Tangara à la Commission de la Cédéao illustre ainsi la volonté de l’Union africaine de maintenir un cadre de concertation entre les acteurs régionaux, alors que les impératifs sécuritaires et économiques continuent d’imposer une coopération transfrontalière dans l’espace ouest-africain.

PAR SIKOU BAH

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *