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AMAP: la fronde sociale

Le quotidien national L’Essor risque de manquer à l’appel chaque jeudi. Les travailleurs de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) ont entamé, ce lundi, une fronde ouverte contre les retards récurrents de salaires.

Le quotidien national L’Essor risque de manquer à l’appel chaque jeudi. Les travailleurs de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) ont entamé, ce lundi, une fronde ouverte contre les retards récurrents de salaires.

De 10h à 11h, devant les locaux de l’établissement à Bamako, ils étaient près de 150 agents, correcteurs, journalistes, techniciens d’imprimerie et administratifs à observer un sit-in silencieux mais déterminé. À l’appel du comité syndical, ils réclament le paiement intégral de leurs droits.

« Cela fait plus d’un an que les travailleurs de l’AMAP sont confrontés à des retards de salaire », a dénoncé Bassaro Haïdara, secrétaire général du comité syndical et secrétaire général du SNIPIL. Selon lui, certains cumulent « presque deux mois d’arriérés », d’autres ne perçoivent plus leurs primes depuis plusieurs mois.

Mais la colère dépasse le seul salaire. Le syndicat révèle que les prestations de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) sont « pratiquement inaccessibles depuis plus de trois ans » pour plus de 120 personnes, principalement des contractuels. Une situation qui fragilise des familles déjà étranglées par les charges : « Le loyer n’attend pas, la maladie n’attend pas, le salaire ne doit pas attendre », scandaient les manifestants.

Cette maison qui édite L’Essor, tiré entre 8 000 et 10 000 exemplaires du lundi au vendredi, vit au ralenti. Le syndicat évoque la vétusté du matériel, des groupes électrogènes défectueux et une trésorerie exsangue qui compromet sa mission de service public.

La mobilisation de ce lundi n’est pas un coup d’éclat isolé. Elle fait suite à une assemblée générale extraordinaire tenue jeudi 22 octobre, au cours de laquelle les travailleurs ont dit leur « ras-le-bol face à une situation devenue intenable ».

Malgré des démarches auprès de la direction et une audience accordée par le ministre chargé du Travail et de la Fonction publique, Fassoun Coulibaly, à la suite de courriers adressés au Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, et au président du CNT, le Général Malick Diaw, aucune solution n’a émergé.

Désormais, le ton se durcit. L’AG a décidé de la tenue d’un sit-in chaque lundi de 10h à 11h et de la non-parution de L’Essor chaque jeudi jusqu’au paiement intégral. Des arrêts de travail chaque jeudi à compter du 29 octobre et le dépôt d’un préavis de grève sont également sur la table.

Par AT

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